Insupportable de bout en bout, que ce soit dans le niveau général d'interprétation partagé entre cabotinage idiot et théâtralité déplacée, dans les partis pris esthétiques abominables (ah ces flashbacks en noir et blanc dégueulasse avec en prime multiplication de plans débullés), ou dans le rythme incroyablement poussif de l'ensemble. Pendant quelques minutes on se demande où on a atterri, on pense que le film va trouver son rythme de croisière après une introduction ratée, mais non, ce sera le même programme pendant 1h30. Du triptyque du weekend avec "Tombstone" et "Silverado", "Wild Bill" est de loin le plus nul et de très loin. So much for the revival western de fin de siècle...
Déjà quand on voit arriver Jeff Bridges avec un tel accoutrement et un tel niveau de sérieux, c'est mal barré. On passera en réalité tout le film à se demander à quel niveau de parodique est-on en train de se faire bouffer, et Walter Hill travaillera sur une ligne de crête méga casse-gueule épousant une sorte de parodie ultra sérieuse. Imbuvable. Et il faudra s'en farcir des trucs nazes, le surjeu complet de Ellen Barkin en Calamity Jane amoureuse et hystérique (bonjour le cliché de la femme mécontente en amour), la voix off assommante de John Hurt (nous disant ou redisant tout ce qu'il faut comprendre), ou encore David Arquette en antagoniste pas sûr de sa vengeance. Tous plus pénibles les uns que les autres, avec même quelque petites vignettes aussi ratées que le reste — cf. celle avec Bruce Dern en fauteuil roulant.
Le film annonce dès son affiche une star déclinante de l'ouest, monsieur le cowboy a la vue qui baisse et débarque dans la ville crasseuse de Deadwood. Mais jamais il n'atteindra son objectif, se perdant cent fois en chemin en longueurs assommantes et en impasses scénaristiques. Je n'avais pas regardé de film aussi pénible et raté depuis longtemps.