Wilderness
5.3
Wilderness

Film de M.J. Bassett (2006)

Dans la galaxie horrifique, la première décennie 2000 est marquée par une vague de films anglais forts en trash, parfois originaux ou semi-parodiques (Severance, Shaun of the dead) et dont certains sont devenus des références 'incontournables' du genre (The descent). Wilderness prend le train en marche. Comme dans Battle Royale, des jeunes sont envoyés à la mort sur une île : cette fois, ils l'ont 'cherché', ce sont des délinquants et non des lycéens innocents. Wilderness organise une chasse à l'homme, sur fond de colos avec des 'durs' (cas sociaux), répartis en deux groupes non-mixtes : groupe mâle et femelle, chacun avec un encadrant grincheux, quarantenaire usé à la carcasse athlétique. Le souci de réalisme social est flagrant, le résultat court et médiocre.


À l'instar de projets bis comme Shrooms ou My Little Eye, Wilderness part sur un postulat fort sans remplir sa besace pour le chemin. Aucune surprise à propos des monstres sur l'île, aucun éclat concernant les épreuves à traverser. Des morts et des ''découvertes'' sont plantées tout le long des 94 minutes, les méchants bergers allemands et les pièges à loup font leur job. De grands archétypes comme la maison déserte au fond des bois nous sont servis, mais même ces repères sont délabrés. Rien n'est creusé, le développement des personnages est nul en-dehors des mots, les mises en relations pauvres. Les effets-mystères désuets succèdent aux bavardages de teigneux (jeunes aspirants caïds/raclures et sous-sergents recyclés en travailleurs sociaux).


Au final Wilderness raconte peu et arrive à être confus (la mort du vieil hurluberlu, coup-d'envoi des hostilités). La deuxième moitié est meilleure grâce à la fuite absurde des jeunes et peut divertir un public néophyte ou complaisant. Au bout, une résolution évidente vient couronner ce modeste produit. À quoi bon ce semblant de dissimulation !? Un peu de grandiloquence et de psycho discount pour enrober le tout et la chose tient debout. Concernant le cœur du morceau, c'est-à-dire la tripaille, Bassett (Deathwatch/La tranchée, Solomon Kane) capture bien la sauvagerie des pics d'agression, avec une préférence pour le concis et une omission de l'intense. Il saisit les opportunités du cadre (tournage en Irlande du Nord) et certains plans liés aux moments d'agitation (sur la plage notamment) se détachent.


https://zogarok.wordpress.com/

Créée

le 18 mai 2016

Critique lue 534 fois

Zogarok

Écrit par

Critique lue 534 fois

1

D'autres avis sur Wilderness

Wilderness

Wilderness

5

Gand-Alf

2256 critiques

A la niche !

Un modeste survival dans la lignée de "Délivrance" et des "Chasses du Comte Zaroff" qui a d'abord le mérite de mettre en scène des délinquants multi récidivistes en lieu et place des sempiternels...

le 21 juin 2012

Wilderness

Wilderness

8

Engage-Guignol

162 critiques

Ah la jeunesse...

Passé inaperçu, Wilderness mérite pourtant qu'on s'intéresse. Avec ce second film, Michael J. Basset confirme tout le bien qu'on pensait de lui après La Tranchée (2001). Il n'y a plus à dire, les...

le 12 mai 2010

Wilderness

Wilderness

2

EMar92

272 critiques

Critique de Wilderness par EMar92

Ce film n'a pas dû couter très cher et malheureusement ça se voit car il n'y a pas assez de créativité dans le scénario pour compenser les effets spéciaux toc, l'absence de véritables décors. Aucune...

le 24 oct. 2014

Du même critique

Les Couloirs du temps - Les Visiteurs II

Les Couloirs du temps - Les Visiteurs II

9

Zogarok

1640 critiques

Apocalypse Now

La suite des Visiteurs fut accouchée dans la douleur. Des fans volent des morceaux de décors, le tournage est catastrophique, l'ambiance entre Muriel Robin et le reste de l'équipe est très mauvaise...

le 29 juin 2014

Kirikou et la Sorcière

Kirikou et la Sorcière

10

Zogarok

1640 critiques

Le pacificateur

C’est la métamorphose d’un nain intrépide, héros à contre-courant demandant au méchant de l’histoire pourquoi il s’obstine à camper cette position. Né par sa propre volonté et détenant déjà l’usage...

le 11 févr. 2015

Le Conformiste

Le Conformiste

10

Zogarok

1640 critiques

Le fantôme idéaliste

Deux ans avant le scandale du Dernier Tango à Paris, Bertolucci présente son premier film majeur. Inspiré d’un roman de Moravia (auteur italien le plus fameux de son temps), Le Conformiste se...

le 4 déc. 2014