Winter Break
7.3
Winter Break

Film de Alexander Payne (2023)

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Peu prolifique (8 films en 27 ans), Alexander Payne s'est toujours situé à part de la majeure partie de la production hollywoodienne, hormis pour le décevant Downsizing, et éloigné du cinéma américain indépendant. Son créneau, c'est le classicisme inspiré des glorieuses années 70, et Winter Break a été filmé comme le cinéma de l'époque, avec une histoire qui s'y déroule précisément. Malgré quelques coups de mou et une certaine prévisibilité dans l'évolution de ses trois personnages principaux, The Holdovers (Ceux qui restent en VF québécoise et Winter Break, dans son insipide "traduction" française) suit son petit bonhomme de chemin avec une égale dose d'humour ("La vie est comme une échelle de poulailler, merdique et courte), de sarcasme et d'humanité. A mesure que l'approche des trois protagonistes laissés pour conte (de Noël) se fait plus aiguë et que quelques secrets se dévoilent à leur propos, le film glisse tout doucement vers un certain sentimentalisme, sans aller jusqu'à la mièvrerie, par bonheur. Un peu plus de dynamisme narratif n'aurait pas nui, de même qu'une B.O moins apathique mais l'ensemble est sympathique, surtout quand il fait montre de mauvais esprit, et finalement bien adapté à l'atmosphère particulière de fin d'année, avec son ton doux/amer et son évocation de solitudes qui peuvent, au moins pour un temps, se soigner. Paul Giamatti, en enseignant aigri et cuistre, livre un récital, entraînant les autres comédiens à sa suite, lesquels, sans pouvoir se hisser à sa hauteur, ne déméritent pas.

Cinephile-doux
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le 28 nov. 2023

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