Le film Witchboard réussit à moderniser l’esprit des vieux films d’horreur surnaturels tout en conservant cette ambiance de malédiction occulte très typique du cinéma des années 80. Réalisé par Chuck Russell, le film reprend le concept de la célèbre planche Ouija en y ajoutant une dimension beaucoup plus sombre et presque gothique. L’histoire démarre lorsqu’Emily découvre dans les bois une ancienne planche datant de plus de deux siècles, utilisée autrefois par des sorcières pour invoquer des forces capables de tuer. Très rapidement, les morts commencent à s’enchaîner autour d’elle de manière brutale et particulièrement inquiétante, plongeant progressivement le film dans une véritable atmosphère de paranoïa et de possession. Ce qui fonctionne très bien ici, c’est que le scénario prend le temps de développer le passé de cette planche maudite au lieu de se contenter d’un simple objet démoniaque générique. Toute l’histoire autour des sorcières condamnées à mort donne une vraie identité au récit et apporte même une dimension tragique à cette menace surnaturelle. La révélation autour de la sorcière qui réussit à s’échapper de son époque grâce à la planche pour prendre l’apparence d’Emily apporte également un vrai tournant intéressant dans le film. Cette idée de traverser le temps pour revenir dans le monde moderne donne plusieurs scènes particulièrement dérangeantes où le doute s’installe constamment autour de l’identité réelle du personnage principal. La mise en scène de Chuck Russell reste très efficace avec une ambiance sombre, des décors nocturnes réussis et plusieurs séquences de tension qui rappellent les classiques du fantastique des années 80 tout en utilisant une esthétique beaucoup plus moderne. Les scènes de morts sont parfois très violentes mais toujours mises en valeur par une vraie recherche visuelle plutôt que par du gore gratuit. Même si certains passages restent assez classiques pour le genre, Witchboard parvient à maintenir une tension constante grâce à son concept de possession et à son univers de sorcellerie ancienne. Le film offre finalement un mélange assez réussi entre hommage nostalgique et horreur surnaturelle contemporaine.