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Difficile de ne pas apprécier cette ambiance poisseuse, ce grain très lourd dans la photo, et cette incertitude générale qui flotte sur le film. Albert Finney erre dans le film à travers les découvertes successives de corps mutilés, avec son regard hagard, toujours en train de bouffer, y compris à la morgue au cours d'une séquence étonnamment forte dans l'exposition des corps qu'elle présente. Pour être tombé dans le panneau, j'ai beaucoup aimé les fausses pistes sur le thème des loups-garous, même si certains effets visuels sont vraiment discutables (cette vision aux couleurs distordues à la Predator pour simuler la vision des loups, mouais, bof). Du point de vue de l'atmosphère, avec cette vision lugubre de New York dans les 80s, entre les quartiers délabrés du Bronx et ces tours jumelles qui veillaient encore sur la ville, c'est très réussi.
Le seul point vraiment négatif, c'est la lourdeur avec laquelle le message est asséné et révélé dans les derniers moments : tous ces meurtres sont en réalité une réaction d'une sorte d'esprit de la nature à la colonisation de l'homme, avec d'un côté l'homme blanc qui est venu piller la terre des Indiens et de l'autre les architectes mondains qui détruisent certains quartiers anciens. Tout cela est condensé dans le discours d'un personnage à la toute fin, sans que cela ne soit disséminé : c'est un shot en intraveineuse et puis c'est tout. Pourtant, la confusion entretenue autour des loups et des loups-garous est vraiment géniale en soi, c'est un miroir aux alouettes parfait pour tomber dans le panneau. La façon dont la société assimile ces agissements meurtriers, aussi, est intéressante, à travers l'implication d'extrémistes politiques. Les loups comme métaphore sociale d'un conflit de classes, qui s'attaquent aux plus faibles, aux isolés, et qui resteront invisibles pour la société. On peut bien sûr établir aussi un parallèle entre l'extermination des loups et celle des peuples Amérindiens. Même si dans le fond, le tout converge vers une fable new age un peu étrange, le film se garde d'être trop démonstratif l'essentiel du temps et l'ambiance bien travaillée (avec notamment ces vues sur la ville depuis le sommet des Brooklyn et Manhattan Bridges) marque les esprits.
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Créée
le 27 févr. 2020
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