Je ne suis pas un aficionado du film d’épouvante, souvent facile et téléphoné. Cette fois, le projet a l’air un peu plus ambitieux que d’ordinaire alors why not.
Fin des seventies, alors que le porno est le nouvel eldorado. Une fine équipe un peu fauchée a loué une maison au milieu de nulle part pour y tourner un film pour adulte. Du sexe et une maison paumée au pays des rednecks ? Allons … est-ce bien raisonnable ?
Dit comme ça, c’est effectivement facile et téléphoné. On connaît les codes du genre et on sait donc à quoi s’attendre. Pour autant, on remarquera tout de suite une photographie plutôt inspirée et une ambiance assez authentique. Dernière maison sur la gauche, Massacre à la tronçonneuse, la Colline a des yeux et tant d’autres, la ruralité américaine a de quoi inspirer les pires cauchemars. La construction de l’intrigue est classique mais en parallèle, il y a l’introduction d’une thématique qui autorise un second degré de lecture. Plus que l’Homme qui serait un loup pour l’Homme, schéma habituel, il est ici question du temps qui passe et qui abîme les corps. Comme l’objet de désir peut devenir un objet d’effroi ? Pourquoi le vieux fait-il peur ? Derrière cette question, il y a les œillères que porte la jeunesse, jamais consciente de sa condition par essence éphémère. J’imagine que ce film n’est qu’un hors-d’œuvre étant donné qu’il est prolongé par deux autres métrages que je n’ai pas encore vus. On aura donc l’occasion d’en reparler.
Pour l’heure, quelques jump scares, une musique de Tyler Bates inspirée, un peu d’humour potache, pas d’invraisemblance dans l’écriture des personnages secondaires et du gore généreux. Rien qui ne sortirait des poncifs en somme. Reste que l’ambiance est assez sympa et comme dit plus haut, l’ensemble est joli. Du côté de l’interprétation, on s’en tire bien, surtout grâce à Mia Goth.
Donc ? Ça se regarde bien et si ce n’est pas la sensation annoncée par les fans du genre, ça reste un petit thriller horrifique distrayant et donc plaisant.
>>> La scène qu’on retiendra ? J’ai mal à mon œil.