Délicat est l'exercice du second volet. Mais impossible ? Ce serait oublier que parfois, les premiers opus font plus office de tour de chauffe avant de lâcher les chiens (Mad Max 2, Spider-Man 2, Hot Shots ! 2). X-Men 2 ou X2 rejoint cette catégorie plutôt fermée. Trois ans après leur impeccable introduction, les mutants de l'institut Xavier montent en gamme et Bryan Singer avec. Un second volet qui a les épaules pour supporter un gros programme, à la fois plus dense et plus spectaculaire.
L'intelligence de cet opus est de reprendre les thématiques du premier en les poussant un cran plus loin. Pour les X-Men, Il s'agit de se faire accepter par une classe politique tentée par l'attaque préventive et plus globalement par une société encore très mal à l'aise à l'idée que certains membres soient de l'autre bord. Permettez cette rhétorique, le film joue nettement plus cartes sur table que son prédécesseur. Les allusions à la communauté gay sont nombreuses et le coming-out est au centre d'une des meilleures scènes de X2. Par ce simple biais, la franchise conserve une proximité avec le public et traite ses questions avec la plus grande humilité (et la dose d'humour requise).
Pour la plupart, les personnages bénéficient d'un temps de présence augmenté et bien employé. Les plus mémorables restent les mêmes. Hugh Jackman merveilleux en Wolverine, Ian McKellen et Patrick Stewart tranchants dans leurs rôles et une Rebecca Romijn féline à souhait en Mystique. Si tous gagnent en substance, il faut admettre que Jean, Storm et Cyclope sont toujours en retrait. Néanmoins, quelques nouvelles têtes méritent l'attention. En priorité Brian Cox, excellent de vilénie. Pyro ouvre également d’intéressantes perspectives sur la défiance à l'égard de l'humanité. Et le très bon Diablo (Alan Cumming, au top), dont la géniale séquence d'introduction montre les progrès de Bryan Singer sur le spectaculaire.
Sur ce terrain, X2 impressionne. Nombre de scènes d'action sont mémorables (l'assaut nocturne, le combat contre Death Strike). Sans verser des hectolitres de sang, Singer donne un bon coup de fouet aux bastonnades avec un découpage adroit et un montage au cordeau. Il y a une excellente harmonie entre les caméras à l'épaule et les mouvements plus complexe, plus "poseurs" si l'on veut. Ça donne un côté ultra-fluide à l'intrigue et une sauvagerie renforcée lors des duels. Pourtant, jamais le film ne donne l'impression de forcer. Plutôt celle d'avoir atteint la vitesse de croisière.