Après le succès d’un premier film pour lequel personne n’avait pensé au référencement Google pour son titre, le producteur Neal H. Moritz a décidé de réitérer. Exit Vin Diesel — qui n’était pas convaincu par le scénario et n’avait de toute façon pas de place dans son planning —, place à Ice Cube. Quitte à choisir un acteur limité, autant y aller à fond. Puisque de toute façon, avec cette franchise, il ne s’agit que de ça : y aller à F O N D.
Si les deux films ne partagent que leur titre, la recette, l’ADN, reste fondamentalement la même : tout faire péter, se la jouer cool en posant ses couilles sur la table à chaque seconde, des femmes-objets, des cascades et des situations improbables. Un nanar de luxe en somme (le budget est estimé entre 60 et 110 millions de $). Déjà que sur le premier on était en droit de se demander où était passé l’argent, pour ce numéro 2 c’est encore pire. Le film surfe sur la vague des "extrêmes actions" des années 2000 ("Torque", pour n’en citer qu’un). De l’action et des personnages over the top, le tout dans une esthétique clippesque, en gros.
Rien ne sert d’épiloguer sur un film que tout le monde ou presque trouve mauvais, sans doute à raison. Moi-même je ne vais pas le défendre, parce que comme le premier, avec lequel il partage qualités et défauts, c’est d’un mauvais goût sans nom et c’est objectivement nul. Celui-ci ressemble encore plus à un nanar et c’est peut-être ce qu’il a de plus plaisant.
Car oui, pour ma part j’ai apprécié. "xXx²" (le premier aussi d’ailleurs !) c’est un « plaisir coupable » comme on les appelle, et ce plaisir on le doit à Lee Tamahori, qui avait déjà nanardisé James Bond avec le succulent "Meurs un autre jour", un 007 détesté par le grand public. Comment ne pas y voir du pur spectacle décérébré, où tout est fait pour ravir les plus bas instincts ?
Si je ne l’ai pas vu, l’idée qu’il existe un troisième opus (titré xXx : Reactivated chez nous et sorti en 2017) me ravit au plus haut point. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que ce déferlement de grand n’importe quoi est presque précieux à l’heure du second degré. La franchise XxX fait n’importe quoi, mais avec sérieux.
Comme dans un spectacle de cascades sorti d’un parc d’attractions, ça fait cheap et rien ne surprend, mais tout amuse constamment. Si le spectateur est prêt à avaler le postulat de base et à ne pas être regardant sur la qualité de la mise en scène, la séance ne peut qu’être fun.
S’il y a moins de snowboard ou de sports du même acabit que dans le premier, cette « suite » se rattrape avec des fusillades utilisant des armes de la taille d’un enfant. Puis, au milieu de tout ça, il y a Willem Dafoe. toujours dans les bons coups. Que du fun donc.