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Big Bug de l’an 2000
Un bon concept de base. L’idée que le bug de l’an 2000 ait retourné les machines contre l’humanité. Le film se donne ainsi une ambiance années 90 avec une bande son parfaite qui va avec. Les...
le 17 avr. 2025
Les années 80 sont devenues une référence esthétique et narrative incontournable aux yeux de l’exécutif hollywoodien, qui a fait de cette New Retro Wave bardée de néons et de synthétiseurs une marotte aussi obsessionnelle que lucrative (Ready Player One, Super 8). Ces productions, animées par le goût du fantastique et le sentimentalisme désuet hérités de l’ère Amblin, ont toutefois fini par lasser à force d’exploitation abusive. Le cycle d’une génération s’étendant sur vingt à trente ans, ce n’était qu’une question de temps avant que l’usine à rêves ne se tourne vers les décennies suivantes et offre l’occasion aux Gen Z et Y (cet entre-deux né au milieu des années 80 et s’étirant jusqu’à la fin des années 2000) de retranscrire l’esprit de leur époque, entre nostalgie, horreur et désenchantement.
« C’était mieux avant »
Y2K s’inscrit ainsi dans la continuité d’une vague de films récents (Fear Street Partie 1, V/H/S/94, V/H/S/99) prenant les années 90 pour toile de fond et son public pour cible. Le projet est porté par un certain Jonah Hill (21 Jump Street, SuperGrave), l’adolescent jovial et empoté qui s’amusait à dessiner des bites dans les carnets de classe de ses petits camarades. Déjà à l’origine du mélancolique 90’s, Hill confirme son attrait pour l’autopsie nostalgique d’une jeunesse révolue en produisant cette comédie horrifique réalisée par Kyle Mooney, également acteur et humoriste révélé sur la scène du Saturday Night Live.
Et si le bug de l’an 2000 avait réellement eu lieu. Tel est le postulat excitant de Y2K offrant au public l’occasion de réveillonner dans la mort et l’allégresse. Le film de Kyle Mooney a néanmoins fait l’effet d’un pshht, comme une bouteille de Champomy éventée au matin du 1er janvier. Et c’est d’autant plus frustrant que le film semblait cocher toutes les cases pour rester dans les annales : des jeunes biturés entonnant le tube des Chumbawamba (Tubthumping), des machines déglingués cherchant à asservir l’humanité, et des mises à morts absurdes et décomplexées.
Y2K s’ouvre sur une fenêtre de discussion AIM (l’ancêtre de MSN) au son de Fatboy Slim (Praise You) nous mettant immédiatement dans le mood festif de ce bouillon de culture digne de MTV : défonce dans le club de VHS du coin, culte de la K7, avènement des baggies, du hip-hop, Nu Metal, Rapcore, et du skate comme horizon existentiel.
Toute la première partie s’impose comme une plongée récréative dans l’univers débridé des bacchanales étudiantes, où les concours de beuverie, démonstrations de virilité et rites de dépucelage prennent des airs familiers (American Pie). Les adolescents se déhanchent sous les coups de Thong de Sisqó, et se donnent en spectacle pour graver la légende sur une caméra DV, jusqu’au soulèvement des machines tant redouté : les micro-ondes, blenders, Tamagotchis et ordinateurs deviennent les instruments d’un massacre technologique.
Maximum Overdrive
Cette fin du monde circonscrit à une banlieue pavillonnaire permet à Mooney d’aborder les préoccupations communes du teenage movie tels que la quête de popularité, les amours et emmerdes estudiantines, le harcèlement scolaire, mais surtout le traditionnel rite d’initiation. L’intrigue offre ainsi l’opportunité à un jeune timoré à la réputation de pue-la-pisse d’emballer la gonze la plus belle du lycée, non par la grâce de ses biscoteaux mais bien par celle de son cerveau.
Les relations adolescentes restent toutefois prisonnières des clichés communautaires et genrés du genre : les skateurs d’un côté, les sportifs de l’autre, et au centre les éternels geek dindons de cette farce tragi-comique. Une caricature assumée, se voulant parodique, voire sarcastique, notamment à travers le duo comique formé par Danny et Eli, véritable moteur émotionnel du film. Assumant pleinement son argument de série B, Kyle Mooney enchaîne les ruptures de ton dans un jeu de massacre gore et jubilatoire, où le drame et la stupéfaction entraînent systématiquement un soubresaut ironique parfaitement désopilant.
Le skateur se brisant la nuque en voulant imiter Tony Hawk ou le réalisateur se faisant démembrer puis décapiter figurent parmi les saillies les plus réussies, portées par les effets pratiques de Weta Workshop et leurs monstres cybernétiques aux câbles tentaculaires. L’humour acerbe et parodique innerve tout le programme de Y2K au point d’oblitérer les meilleures thématiques de son scénario liée à l’émergence d’une conscience virtuelle, à l’hybridation des technologies, et à l’usage irraisonné du réseau (les ordinateurs renfermant l’intégralité de nos souvenirs, passions et fantasmes…).
L’intrigue se traîne dès lors peu à peu, comme ces adolescents cherchant à survivre dans la forêt avant de dévaler la colline dans un WC de chantier débordant d’hémoglobine, de pisse et de diarrhée. Les derniers survivants se résignent alors à se jeter dans la gueule du loup pour renverser le programme à l’aide d’un cheval de Troie informatique. Y2K abandonne finalement les excès de son carnage initial pour une résolution pince-sans-rire pleine d’auto-dérision et de bon sentiments s’accordant assez mal avec le ton apocalyptique préalablement installé. Lorsque Fred Durst se met à pousser la chansonnette pour tenter de réconcilier toutes les générations réunis dans ce gymnase transformé en laboratoire, on se dit que la lobotomie a définitivement porté ses fruits, jusqu’au point de contaminer le médium.
Plus on est de fous, plus on rit. Sur l’Écran Barge, tu trouveras toute une liste de critiques de films complètement DIN-GUES !
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le 30 déc. 2025
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