Petite parenthèse avant celui-ci: je ne suis pas au fait de la culture iranienne et mon manque de connaissance est à prendre en compte tant ce film est imprégné de son pays d'origine. Moi ce que je sais de l'Iran c'est que dans les années 60, la loi n'était pas basée sur la charia, qu'ensuite un Schah a été mis en place puis démis du pouvoir par les Américains et que, désormais, c'est bien la mouise. Voilà, on est très loin d'une analyse géopolitique pertinente!


La nuit de Yalda semble correspondre à celle du solstice d'hiver. C'est la nuit la plus longue de l'année et c'est visiblement une nuit festive en Iran. Une fête avec des grenades. En tous cas c'est ce que j'en ai compris suite au visionnage du film. On n'est donc pas à l'abri d'une grossière erreur.
Yalda c'est aussi le titre du film. En effet c'est au cours de cette nuit qu'est enregistrée et diffusée en directe l'émission de téléréalité au centre du film.


Et là encore je me dois de faire une pause. L'affiche, la bande annonce et même un carton en début de film clament que ce film n'est pas basé sur une histoire vraie mais inspirée d'une émission de téléréalité qui elle, existe bel et bien en Iran.
Et du coup précision nécessaire de nouveau: tout ce que vous entendez là, je l'écris en direct, le plus vite possible après la sortie de la salle. Le but c'est de garder la spontanéité. De ne pas me mentir, de ne pas laisser mes souvenirs se déformer ou devenir flous et surtout, éviter l'influence d'autres critiques. Là cependant, le petit insert qui suit a bien sûr été écrit bien après la séance, suite à des recherches, qui me paraissent importantes. En effet s'inspirer d'une émission peut aussi bien vouloir dire en faire un copier-coller en changeant simplement le nom des protagonistes pour conserver l'aspect "fictionnel" du métrage OU s'inspirer peut aussi signifier vaguement reprendre le look du plateau et du présentateur pour en faire ce qu'on veut.


Alors quid? Insert donc!


Maintenant que c'est clarifié, revenons au film en lui-même. Le film est atrocement bruyant. Ca crie, beaucoup et souvent plusieurs personnages parlent en même temps. Je l'ai vu en VO, je ne peux donc pas accuser les dialogues d'être inintelligibles. En revanche, il n'est pas rare que plusieurs personnes parlent durant plusieurs secondes et que seuls quelques mots apparaissent en sous-titre. L'équipe de sous-titrage a, je suppose, fait au mieux mais je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir l'impression que ma compréhension était amputée d'une partie du sens originel.


Ensuite, la force du film c'est clairement son côté télé en direct. On sent qu'on n'a pas le temps, jamais. On sent que les sujets qui devraient être détaillés, les points de vue qui pourraient être échangés au cours d'un procès sont là à peine survolés. Le procureur échange quelques phrases à peine avec la "pardonneuse" (faute de meilleur mot) avant de devoir entrer sur le plateau. C'est frustrant de ne pas pouvoir mieux comprendre le point de vue de chacun, oui mais "c'est le jeu". Parce que oui aussi étonnant que cela puisse paraître, on parle ici d'une star academy 2.0 où le public vote pour épargner ou non la peine de mort au condamné en sursis.


Il n'y a pas ici de remise en cause de la peine de mort. La loi du talion est une réalité judiciaire. Un mariage peut s'assortir d'une clause suspensive selon laquelle ce mariage ne devra pas résulter en la naissance d'un enfant. L'inacceptable statut de "bâtard". C'est un système bien loin de celui dans lequel nous vivons. Pour autant, il n'est pas jugé. Ce n'est pas le sujet.
Le sujet c'est bien le face à face entre la fille de la victime et la femme meurtrière.


L'atmosphère est là, c'est indéniable. Le film est prenant, c'est évident. Il est aussi par moment frustrant tant certains codes sociaux, profondément mais inconsciemment ancrés en nous, nous poussent parfois à vouloir hurler "mais enfin c'est aberrant! Une vie ne se joue pas comme la victoire à un télé-crochet!"


Et pourtant, nous acceptons sans sourciller lesdits télécrochets sur nos écrans au quotidien.


Un seul regret: la fin, très développée. J'aurais préféré que le dernier quart-d'heure soit utilisé au préalable dans le film pour nous faire voir le point de vue de chacune, quitte à arrêter le métrage au moment de la décision (pardonner ou non), nous laissant seuls juges de ce que nous dirions. Le sujet n'est pas simple mais le film est réussi, selon moi.

Diégétique
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le 4 janv. 2022

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