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Bien foiré
Ce film qui aurait dû me procurer le rire et la réflexion par son concept inhabituel, ne m'a procuré que l'ennui. Très déçu. Au fond, comme Yannick ( Raphaël Quenard ), sauf que lui craque et prend...
le 29 déc. 2023
Qui n'aime pas Quentin Dupieux ? On connaît le principe un peu foutraque qui préside à ce qu'on peut désormais, sans se payer de mots, qualifier d'œuvre : des films en pagaïe, parfois plusieurs par an, brefs, une heure ou un peu plus, bâtis sur une idée-force, généralement un peu déglinguée.
Ainsi, Fumer fait tousser est bâti autour d'une bande de pseudo-super héros en lutte contre le tabac, l'intrigue du Deuxième acte repose sur la dichotomie entre les personnages du film et l'image que l'on a des acteurs qui les incarnent, Louis Garrel, Vincent Lindon, Léa Seydoux, etc.
L'exploitation de ladite idée-force expose certes à des résultats contrastés, mais à cet égard, Yannick représente une belle réussite.
Pour être simple, le film nous met en présence d'un spectateur qui brise le quatrième mur, celui qui sépare au théâtre le public de la scène. Qui exprime son mécontentement du spectacle qu'on lui donne, cette pièce de boulevard poussive et mal interprétée tout simplement dénommée Le Cocu.
Qui se prénomme Yannick et prend en otage la salle, verbalement, puis avec un flingue.
Yannick se pique d'avoir une idée de spectacle bien meilleure que celle de l'auteur dudit Cocu. Il va enjoindre aux acteurs — Pio Marmaï, excellent, Blanche Gardin, assez poussive — de représenter ladite pièce improvisée.
Le film vaut surtout pour les monologues de Yannick — Raphaël Quenard, extraordinaire —, l'espèce de bonne foi avec laquelle il débite ses arguments, même les plus contestables, sa façon de se mettre le public dans sa poche — et nous avec —, sa faconde populaire et grandiloquente.
On peut sans doute interpréter de diverses façons l'histoire mise en scène par Dupieux, qui a dû laisser une certaine part à l'improvisation.
Je préfère retenir l'effet coup de poing de ce film inattendu, cocasse, et plus profond sans doute qu'il n'y paraît au premier visionnage.
Créée
le 27 janv. 2025
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