Je n’attendais pas forcément Yoroï comme une claque… et pourtant.
Le nouveau film coécrit par Orelsan et réalisé par David Tomaszewski est une vraie surprise, et clairement l’un des projets français les plus sincères et ambitieux que j’ai vus récemment.
Yoroï raconte l’histoire d’Aurélien, un musicien français qui part s’installer au Japon avec sa femme enceinte. Fatigué, un peu paumé, il cherche un nouveau départ. Mais dans leur maison isolée, il découvre une mystérieuse armure qui va réveiller les yōkaï, ces esprits issus du folklore japonais. Très vite, le fantastique s’invite dans son quotidien… et devient le miroir de ses propres peurs.
Ce qui m’a vraiment marqué, c’est à quel point le film est habité.
On sent qu’Orelsan croit profondément à cette histoire. Ce n’est ni un délire d’artiste, ni un caprice de star : c’est un projet mûri, personnel, presque intime. Les yōkaï ne sont jamais là pour faire joli. Ils représentent les difficultés de la vie, les traumas, les angoisses qu’on traîne tous avec nous. Et à travers ses propres peurs, Orelsan parle en réalité à tout le monde.
Visuellement, le film est superbe. Le Japon est filmé avec énormément de respect et de poésie : pas de clichés touristiques, mais une campagne apaisante, spirituelle, presque hors du temps. La mise en scène est soignée, la musique accompagne parfaitement les émotions, et l’équilibre entre humour, aventure et mélancolie est étonnamment juste.
On retrouve aussi une vraie continuité dans la carrière d’Orelsan. Après Comment c’est loin, que j’avais déjà beaucoup aimé pour sa sincérité, et les documentaires de son frère Clément Cotentin qui montraient l’envers du décor, Yoroï apparaît comme une nouvelle étape. Plus mature, plus symbolique, mais toujours aussi honnête.
Tout n’est pas parfait, évidemment. Le film est parfois un peu atypique dans son rythme, et certaines choses pourront diviser. Mais franchement, face à l’audace et à la sincérité du projet, c’est presque secondaire.
Yoroï est un film poétique, touchant, drôle par moments, et profondément humain.
Une très belle surprise, et un vrai hommage au Japon et à sa culture.
Mon avis en vidéo : https://youtu.be/u3mLl_jkeMc