Un film ce sont des inspirations parfois connue de soi et de sa génération et à laquelle on s’authentifie et parfois non!
Yoroi de Orelsan commence presque comme un jeu vidéo. Un peu comme dans Pokémon (ou… insérez le nom de votre JV préféré, moi j’y connais rien finalement): chaque monstre apparaît, s’ajoute au bestiaire et symbolise une peur, une émotion négative ou une facette plus sombre de soi-même. Le ton reste d’abord léger, avec un mélange d’humour et d’horreur qui me rappelle le fun outrancier The Evil Dead.
Puis le film change doucement de rythme. L’action diminue, la mise en scène devient plus introspective… mais paradoxalement l’humour prend plus de place, comme pour regarder ces monstres et ces peurs avec un peu plus de distance.
Puis à un moment, des notes de guitare électrique mêlées à de l’électro apparaissent — première pensée : tiens, ça sonne comme un morceau de Daft Punk que je ne connais pas !Ce n’était pas faux puisque le générique m'apprendra presque 1h50 plus tard que le responsable était bien sur Thomas Bangalter. La bande-son accompagne presque la transformation intérieure du personnage. Le phrasé d’Orelsan rappelle par moments celui de Raphaël Quenard, flottant, spontané,nourri par la rue comme si la pensée se construisait en direct.
Au fil du film, je me suis demandé ce qu’était un yokai. En découvrant qu’il s’agit de créatures du folklore japonais représentant souvent des esprits ou des forces invisibles, j’ai compris à quel point cette idée colle parfaitement au film : chaque monstre, chaque Yokai (onglet 8 de mon navigateur : un cool groupe Jazz Fusion Belge écoutez) , est une personnification d’une peur, d’un blocage, ou d’une part sombre que l’on porte en soi.
Cette découverte illustre quelque chose de plus large : regarder un film, c’est aussi déplacer son intérêt et en apprendre sur des choses nouvelles. Que ce soit un mot, un mythe, une sonorité, ou un style de narration, le cinéma ouvre la curiosité et pousse à explorer .
Impossible enfin de ne pas penser à The Matrix : la prise de conscience est déjà une forme de pouvoir. Ou à l’armure de Saint Seiya, et plus généralement à la quête initiatique du héros : la victoire passe d’abord par le dépassement de soi. Et la résolution finale se fait par la musique , pratique quand on est multi talents .
Au fond, Yoroi ressemble presque à une thérapie condensée : comprendre ses peurs, les accepter, puis apprendre à les laisser partir. Parce que parfois, avancer ne demande pas de devenir plus fort. Juste d’arrêter de laisser ses démons décider à sa place.
Et Bonus Yoroi ça veut dire armure (13eme onglets de mon navigateur)