Deuxième expérience de Sorrentino après son plus récent film que j’avais un peu apprécié mais je voyais déjà venir le problème de ce réalisateur : son cinéma de l’éparpillement commence à me faire chier, en fait j’ai l’impression que le mec a plein d’idées, de quoi parler et de mise en scène puis veut nous lier tout ça directement de façon pénible, du coup ça marche juste pas.
Ca parle d’artistes incompris, enfermés dans un rôle/projet, de fantasme sur la jeunesse, le désir, l’opposition avenir/passé, que de réflexions ma foi plutôt intéressantes mais à tout brasser, ça en devient juste imbuvable.
Déjà, on voit tout le monde défiler, mais vraiment trop de personnes, j’ai limite l’impression d’être dans un feuilleton télévisé France 3 de ma grand-mère, ça ne m’avait pas dérangé dans La Grazia, mais ici y’a vraiment des personnages inutiles qu’on aurait pu virer. Tous vivent dans un véritable lieu de décomposition (les gens sont vieux, on a des plans qui font penser à l’uniformisation, l’industrialisation…), pourtant dans ce cadre chaleureux et revigorant qu’est la montagne. Comme d’habitude, le Paolo a un très beau sens du cadre avec une belle lumière, esthétiquement il est toujours au top.
Puis on a toujours le droit à de petites interludes marrantes qui n’ont rien à faire là normalement, M.Caine qui dirige son orchestre de vaches puis Paul Dano en Hitler, c’était dans mon bingo cette année. Et évidemment, toujours ce petit mix avec de la musique récente, techno même par moments (entre tradition et modernité j’ai envie de dire).
Mais c’est aussi toujours le même schéma que La Grazia, par exemple : un vieux, sa fille plus jeune, le temps qui passe, la confusion morale des personnages, Sorrentino qui nous vomit dessus toutes ses grandes questions… Au moins, la relation fille-père est mieux explorée, j’ai trouvé ça plus juste que La Grazia, mais c’est vrmt du déjà vu cet arc de l’artiste qui a mis de côté sa famille pour tout consacrer à son art, va falloir penser à innover les frères.
Et ça me dérange en fait ce genre de film qui donne plein de leçons de vie, plein de trucs vrais attendrissants, surtout que Sorrentino est dans la cinquantaine, c’est pas un vieux sage savant qui a tout vu, tout vécu, j’veux dire arrête de nous la jouer Michel Drucker merde…
Sorrentino est un artiste propre à lui, avec son univers et sa patte particulière, et j’aime bien ce genre d’humain, mais il gagne à être plus concis et ne pas se perdre dans toutes ces belles paroles de sagesse teinté de son éternelle mélancolie. Même si c’était un peu marrant de voir tout le monde nu et triste et aussi Maradona (qu’est ce qu’il fout dans le film aussi en fait ?) avec Karl Marx dans le dos, je savais qu’il avait un charme particulier avec la gaucherie mais à ce point là ?
Sorrentino c’est ta mère qui fait que de t’acheter des clémentines parce qu’avant t’avais que des pommes, ça ne veut pas dire pour autant que tu l’aimes cte pauvre clémentine, juste ça fait du bien de voir autre chose mais à force de trop acheter des clémentines, tu reviens au même problème que les pommes et les clémentines ont tout de suite beaucoup moins de goût (oui je me suis perdu).