Il y avait toutes les raisons de croire à une réussite, avec ce Ziam.
D'abord par son côté exotique. C'est l'une des grandes forces de Netflix d'avoir le courage de produire et de présenter au public des oeuvres provenant d'ailleurs que des Etats-Unis et de la France. On se retrouve à contempler des œuvres coréennes, allemandes, espagnoles, et même ici thaïlandaises. C'est donc particulièrement intéressant ! Comment ces peuples font-ils et pensent-ils le cinéma ?
Ensuite, par son scénario : faire cohabiter les arts martiaux et les zombis est un pari osé. Et on se dit que, si c'est réussi, ça peut faire l'effet d'une petite bombe visuelle et commerciale.
Enfin, par son atmosphère de contexte post-apocalyptique. On a ici un environnement qui, visuellement à nouveau peut être très très excitant et qui, d'un point de vue social, politique et écologique peut faire cohabiter cette fois-ci l'horreur et la réflexion.
Bref, pour reprendre le titre : on avait toutes les raisons d'y croire.
Le problème, c'est que les promesses ne sont pas tenues ; et que, à mesure que le film progresse, s'effondrent l'intérêt du film et la patience du spectateur.
D'abord parce que le contexte post-apocalyptique est nul. Le film n'exploite pas cet arc. On y a le droit cinq minutes au début qui n'ont aucune incidence sur le déroulement du film. Ce dernier aurait pu se passer dans un environnement tout à fait normal que cela n'aurait rien changé.
Ensuite parce que la rencontre entre les arts martiaux et les zombis n'apporte finalement pas grand chose, et je dois avouer avoir été quelque peu déçu par les chorégraphies de combats. Les combats ne sont pas spécialement beaux, ni impressionnants... Et des films tels que Raid ou même Kingsman ont proposé des produits bien plus travaillés. Ici, le héros paraît seulement bourrin, et pas forcément agile, vif ou insaisissable. Il se contente la plupart du temps, d'ailleurs, de tenir les zombis à l'écart plutôt que de se lancer dans des cabrioles pour les mettre hors d'état de nuire. A ce titre, le plus beau combat est celui du début, entre le héros et des mecs bien vivants.
Enfin, parce que le film finit par s'embourber tout seul. Les incohérences se multiplient au point de tuer la bienveillance du spectateur. Entre le gamin qui n'arrête pas de gueuler alors qu'il est évident au bout de cinq minutes pour toute personne un minimum attentive que les zombis sont attirés par le bruit ; cette voiture qui explose sans aucune raison ni explication ; la survie du héros à cette explosion ; la décision de ce dernier de ne pas monter dans l'hélicoptère et sa survie à l'effondrement de l'immeuble... On quitte le vocabulaire de l'incohérence pour arriver à celui de la bêtise la plus confondante.
Bref, tout cela explique que, oui, le matériel de départ était excellent. Mais le rendu force à la déception.