Le cinéaste flamand Robin Pront avait impressionné son monde avec un premier long-métrage puissant, Les Ardennes, mais n'avait pas confirmé sa singularité dans la suite de sa jeune carrière (un film, deux séries). Avec Zillion, de nouveau dans une histoire 100% belge, le retour est flamboyant,. Autour d'un Night Club mythique d'Anvers, au tournant des années 2000, le film raconte l'histoire de Frank Versstraeten, génie informatique devenu entrepreneur et roi de la nuit, familier des figures locales du porno et de la mafia, entre autres fréquentations douteuses. Le réalisateur mélange le vrai et le faux dans le destin de ce héros aussi petit par la taille que grand par ses ambitions et un cynisme à toute épreuve, flanquée d'une mère possessive et d'une fiancée sublime. Zillion recrée l'atmosphère d'une période décadente, avec une mise en scène pyrotechnique, façon Scorsese, sans cependant atteindre la hauteur de son modèle. Sexe, drogues et musique techno sont au menu d'un film qui ne craint pas les excès en tous genres, puisque c'est précisément son sujet. La partie psychologique de ses personnages est bien présente mais sans approfondissement particulier, Robin Pront ayant préféré mettre le paquet sur les scintillements vulgaires et éphémères d'embrasements nocturnes. Le film ne lésine pas sur la démesure et nul ne pourra nier son efficacité en la matière.