Un fils de bonne famille accueille une jolie autostoppeuse dans la propriété familiale de Deauville. Cette Zoé a la particularité de ne pas savoir mentir et de mettre les pieds dans le plat. Eloge de la spontanéité et de la franchise ? On peut aussi y voir de l'immaturité. Peu importe en fait. L'idée de la comédie est d'incorporer ce corps étranger dans un milieu bourgeois et de s'amuser des dégâts qu'il y fait.
Pour autant, le film n'est pas vraiment une satire de mœurs pour la raison que la famille Delay n'incarne pas précisément la bourgeoisie conventionnelle ; la maison de Deauville reflète même une excentricité incongrue. Cette tentative de comédie loufoque est ce qui rend le film de Charles Brabant sympathique. Mais il est globalement raté et inabouti.
Les protagonistes sont plutôt mal caractérisés, parfois frustes dans la dinguerie ou pas nécessairement cohérents (ainsi, le chef de famille joué par Louis Seigner semble par moments complètement à l'ouest puis bourgeois respectable dans la foulée). Le scénario montre ses limites, peut-être sous l'effet d'une mise en scène brouillonne dont on a l'impression qu'elle est de plus en plus en roue libre. Zoé elle-même s'étiole et n'est pas le personnage savoureux qu'on attendait. Par ailleurs, l'intérêt de faire commenter l'action en voix off par Michel Auclair ne saute pas aux yeux.