Après 20 heures passées infiltré dans les coins les plus dangereux du globe en difficulté maximale, une chose est sûre: 007 First Light ne se contente pas d’adapter l’esprit de James Bond… il l’incarne avec un flegme insolent.
Le plus grand problème du jeu? Il se termine. Et beaucoup trop vite.
Quand le générique tombe, on n’a pas l’impression d’avoir terminé une aventure: on a l’impression que le MI6 nous retire notre licence de tuer au moment précis où l’on commençait à vraiment s’amuser. En prenant mon temps, exploration minutieuse oblige, j’ai bouclé l’opération en une vingtaine d’heures. Vingt heures excellentes, certes, mais qui donnent surtout envie d’en avoir soixante de plus. Rarement un jeu m’aura autant donné cette sensation frustrante et délicieuse: “encore une mission, juste une dernière”.
Côté gameplay, les développeurs ont réussi un cocktail digne du meilleur bar clandestin de Monte-Carlo: un mélange parfaitement dosé entre l’infiltration fun d’un Hitman, le souffle spectaculaire de Uncharted 4 et la tension feutrée d’un Tom Clancy's Splinter Cell.
On alterne entre phases d’espionnage élégantes, fusillades explosives, gadgets absurdes mais indispensables, et situations où l’on improvise avec autant de sang-froid qu’un Bond commandant un martini au milieu d’une fusillade.
Et justement, l’écriture réussit ce que beaucoup ratent : retrouver l’ADN de la franchise sans tomber dans la caricature.
Humour pince-sans-rire, nonchalance britannique, répliques qui claquent comme un Walther PPK, femmes fatales dangereusement charismatiques, méchants mégalomanes, îles paradisiaques et bases secrètes perdues au pôle sud, … tout y est. Le jeu transpire James Bond à chaque instant, jusque dans ses silences.
Le casting mérite lui aussi une mention spéciale. Les personnages sont étonnamment profonds et crédibles pour un jeu d’action de ce calibre. Les performances sont solides, le doublage excellent, et plusieurs scènes parviennent même à créer une vraie tension émotionnelle derrière le costume parfaitement taillé et les explosions spectaculaires.
Mais ce qui rend 007 First Light si réussi, c’est peut-être sa capacité à nous faire sentir élégant même quand tout part en couille.
On échoue avec style. On improvise avec classe. On survit avec un sourire en coin.
Le jeu n’est pas parfait, sa durée laisse clairement un goût de trop peu, mais c’est précisément parce qu’il est excellent qu’on refuse de le quitter. Et honnêtement, c’est sans doute le plus beau compliment qu’on puisse faire à une aventure James Bond.
Maintenant, si vous voulez bien m’excuser, je vais attendre la suite comme tout bon agent: avec impatience, méfiance… et un verre à la main.