Le Bilan
Les + :
Une mise en scène soignée et une narration au rythme solide.
Les missions de soirées mondaines et de boîte de nuit, très réussies et vivantes.
Visuellement propre (la modélisation des voitures et des décors).
Les - :
Difficulté inexistante (le 1 contre 5 en Difficile passe sans effort).
Une infiltration ratée et des phases de tir pénibles à court de munitions.
Les gadgets de Q qui ne servent strictement à rien sur le terrain.
Zéro souffle épique : pas de vraie course-poursuite (le hangar...) et absence du thème musical iconique.
Un Bond totalement chaste : aucun flirt, aucune scène de sexe, le glamour a disparu.
Une fin décevante pour une histoire vite oubliable.
Le plagiat paresseux d'Uncharted et Tomb Raider, le fun en moins.
Des trophées artificiels basés sur des collectibles aléatoires hors-gabarit.
On nous promettait le grand retour du jeu d'espionnage, James Bond: First Light réussit surtout l'exploit de rendre le quotidien d'un agent double zéro aussi excitant qu'un inventaire de fin d'année.
Le mirage des mondanités
Pourtant, le jeu sait y faire pour nous en mettre plein la vue au début. Les séquences à haute densité humaine — qu’il s’agisse de la boîte de nuit d'ouverture ou des soirées mondaines — sont de vraies réussites visuelles et d'ambiance. On y croit. Puis le rideau tombe sur une linéarité absolue, des énigmes d'infiltration fléchées à la craie fluo et une IA tellement aux fraises qu'on nettoie les pièces à 1 contre 5 en mode Difficile sans sourciller. Quand le jeu se force à être un TPS, c'est pour nous infliger des gunfights mous et des pannes de munitions artificielles contre des vagues de 30 ennemis.
Q au chômage, Bond au couvent
Le traitement du mythe est un renoncement total. Les gadgets du labo de Q ? Inutiles en mission, sauf pour une action scriptée une fois par niveau. Les voitures ? Des enclumes magnifiques mais vides de toute folie. Le point de non-retour est atteint lors de l'unique "poursuite" du jeu, qui nous condamne à tourner en rond dans un hangar gris au volant d'une Aston Martin. Un calvaire.
Le titre manque cruellement de souffle épique. Pas de moments de bravoure, pas de grand frisson, et une direction sonore qui boude le thème musical iconique qu'on attendait tous. Pire : ce 007 est d'un puritanisme absolu. Aucune scène de sexe, aucun gameplay de flirt... Le glamour historique de la licence a été totalement aseptisé.
Une coquille vide
Derrière sa mise en scène soignée, First Light transpire le manque d'idées. Les développeurs ont pris Uncharted et Tomb Raider, ont mixé ce qui marchait bien niveau narration, et ont recopié bêtement les features sans jamais en comprendre le fun. Si l'histoire se laisse suivre grâce à un bon rythme, sa conclusion s'avère tristement banale et l'ensemble s'oublie aussitôt le générique terminé. Une jolie contrefaçon, privée de son permis de divertir.