Un épisode final qui transpire la maîtrise : les promesses sont bien tenues.

Avis sur Batman : Arkham Knight sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Ce nouveau volet proclamé dès le départ comme l'épisode censé clore l'une des licences les plus reconnues des dernières années promettait énormément sur le papier.

Les arguments de masse sont là :

  • le retour aux commandes de l'équipe originelle des 2 premiers opus aka le studio Rocksteady
  • Le passage à la nouvelle génération permettant de décupler le sentiment de liberté déjà présent dans Arkham City
  • L'ajout de la feature maintes fois réclamée par les fans : la seule, l'unique Batmobile

Si l'on mixe ces nouveaux éléments avec un gameplay toujours plus fluide et la maîtrise complète d'un univers via des références qui font forcément très plaisir aux fans de Batou, ça promettait quand même énormément.

Alors, est-ce que ce Batman Arkham Knight respecte son cahier des charges avec la même aisance que ses deux illustres grands frères ? La réponse est oui, oui, oui et re-re-oui.
Malgré l'inexplicable décision de spoiler l'introduction du jeu lors de la conférence Sony à l'E3, le titre en impose dès le départ. Cette audacieuse ouverture place le contexte de ce dernier épisode qui ne laisse guère de doute sur ses ambitions scénaristiques très sombres.
Quelques mois après les événements d'Arkham City, les habitants malchanceux de Gotham se retrouvent dans l'obligation de fuir devant la menace brandie par l'Epouvantail, prêt à lancer des armes chimiques aux 4 coins de la ville.
Outre le fait que ce synopsis est encore une fois un joli moyen détourné pour skipper l'aspect humain et très vivant d'un open-world classique, il inclut également l'idée de base d'Arkham Origins (conçu donc par une autre team).
En effet, l'Epouvantail accompagné par son nouveau bras droit : le chevalier d'Arkham (oui la traduction a été faîte...) organise comme un grand une réunion fort sympathique entre tous les vilains historiques afin d'exposer son idée de génie : pourquoi ne pas s'allier pour définitivement anéantir cette chauve-souris un brin trop tenace ?

Voici donc le postulat de base d'un Arkham Knight qui s'annonce comme le combat ultime pour Batman, certes impacté par les événements d'Arkham City mais plus que jamais peu enclin à faire dans la dentelle. La déconstruction du mythe Batman est l'un des pivots centraux du scénario, la chauve-souris n'a en effet jamais été aussi instable psychologiquement. Le jeu fait preuve d'un sacré savoir-faire quant à l'exposition des événements malgré quelques twists prévisibles (notamment le plus important), dans la droite lignée d'un Arkham Asylum dont le rythme ne faiblissait jamais.

Une fois lancé dans cet environnement nocturne sur le point d'exploser, un premier constat se fait dans l'immédiat : le jeu est absolument ma-gnif-ique.
Bien que l'on ait accès au départ qu'à une seule île sur les trois disponibles au total, il serait très malhonnête de ne pas louer cette patte artistique faisant place belle aux contrastes entre une architecture très sombre et ces néons dispatchés un peu partout (Chinatown par ex) qui donnent un cachet formidable à la ville.
Ce rendu est particulièrement criant sur les autres îles avec notamment un certain quartier qui rappelle même les devantures sur-éclairées de Time Square, rien que ça. Les effets de lumière ne sont pas en reste, la cape ruisselante de Batman est à tomber, tout comme le travail sur la lumière et les sols qui donnent soudainement un sacré coup de vieux à Arkham City.
Le jeu n'est pas juste méga ultra joli, il est aussi techniquement absolument impeccable, du moins sur PS4. Le framerate ne bouge jamais d'une oreille, que ce soit lors des habituels phases de vol surplombant Gotham ou au volant de la Batmobile, tout cela sans aucun temps de chargement.

Transition toute faite, parlons donc de ce nouvel élément sur lequel la Warner (l'éditeur du jeu) a basé quasiment exclusivement sa communication depuis l'annonce du projet.
Le débat autour d'elle n'est, à mon sens, pas à faire sur sa présence légitime ou non. Etant donné l'ambition du titre avec un terrain de jeu beaucoup plus grand que pour City et l'arrivée des nouvelles consoles, l'arrivée de la Batmobile dans la licence Arkham était une obligation.
Cela étant, cette sur-utilisation lors de la campagne marketing avait de quoi inquiéter et après de nombreuses heures de jeu, le fait est que ces petites craintes se sont légèrement confirmées.
Je n'ai absolument rien à redire vis-à-vis de son gameplay : orienté très arcade donc très souple et agréable à prendre en main, même si le mapping de la commande frein (touche carré à la place de la gachette gauche) a de quoi déstabiliser au départ.
L'autre phase proposée s'apparente à un battle mode qui consiste à transformer la Batmobile en un char ultra maniable armé d'un arsenal avec entre autres un canon, une mitrailleuse et plein d'autres gadgets tout aussi pacifiques.
Des séquences qui perdent assez vite en intérêt tant le manque d'évolution se fait rapidement sentir. Dommage donc qu'elles soient autant exploitées à la moindre occasion qui se présente.

Même si le gameplay reprend logiquement énormément aux précédents jeux, il est intéressant de noter que les artistes from Rocksteady ne se sont pas reposés sur leurs lauriers. Le système a su apporter quelques nouveautés intéressantes qui viennent le perfectionner encore plus.
Exemple avec les combos qui permettent d'envoyer les ennemis dans le décor via des animations assez classes ou de nouveaux ennemis tels que les réanimateurs ou des plaqueurs fous assez chiants qui nous foncent dessus. L'autre nouvelle feature majeure concerne la fonction "dual play" qui permet de switcher entre Batman et un autre personnage tel que Catwoman ou Nightwing pendant un combat. Dans les faits, l'idée fonctionne d'une manière plutôt sympa, un peu dommage donc qu'elle ne soit pas un peu plus exploitée.

Les autres passages historiques de la licence, à savoir les salles où l'infiltration est reine et certainement les moments où on a vraiment le plus l'impression d'être Batman, ne sont pas en reste. On reste encore en terrain connu mais certains ajouts comme les drones volants viennent un peu pimenter la donne. Très bonne initiative également d'avoir ajouter un ennemi qui empêche d'utiliser abusivement la vision détective, une petite faille bien connue des développeurs.
A contrario, c'est cependant assez dommage d'avoir ajouter un bullet time à chaque fois que Bruc... Euh Batman se fait griller par les ennemis. Les jeux Batman n'ont jamais été très difficiles, cette nouveauté n'a donc par conséquent, pas vraiment lieu d'être.

Batman Arkham Knight promettait beaucoup, et force est de constater qu'il est bien présent au rendez-vous. Mis à part la présence de la Batmobile justifiée un peu trop grossièrement et quelques séquences beaucoup moins inspirées comme les circuits du Riddler, les multiples combats contre les tanks ou bien la finalité de certaines quêtes secondaires (pauvre Two-Face...), le jeu réussit quasiment tout ce qu'il entreprend.
Gotham n'a jamais été aussi agréable à explorer, tout est pensé pour flatter le fan de Batman avec son lot de multiples références toujours disséminées avec le même soin accordé à la mise en scène. Une réalisation d'ensemble maîtrisée qui offre au demeurant certaines séquences (les fans de comics seront aux anges) que je place aisément parmi les meilleurs passages tous jeux Arkham confondus.
Difficile donc de camoufler son enthousiasme face à un jeu à la fois respectueux de l'univers et qui sublime de fort belle manière ce qui fonctionnait déjà dans les précédents jeux.

Bref, well done Rocksteady et merci.

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