"Today, the Emperor is watching us..."

Avis sur Battlefleet Gothic : Armada sur PC

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Version PC

..// OVERVIEW //..
Développé par Tindalos Interactive (Paris) et auteur de 2 autres jeux à base de vaisseaux spatiaux : Stellar Impact (SF Moba) et Etherium (SF RTS).

Temps de jeu : 30h pour boucler la campagne Solo. Pour éviter tout de suite la moindre ambiguïté, CETTE CRITIQUE NE PARLE QUE DU MODE SOLO. La note donnée ne correspond donc qu’à ce dernier et aucunement à la partie multi-joueurs qui ne m’intéresse pas trop (faire du PvP en boucle ça n’est toujours pas pour moi).

Flotte jouée : L’Imperial Navy bien sûr … « For the Emperor ! ». Les autres races ? Quelles autres races ? Hérétique va.

Fan de la licence Warhammer 40000 ? Carrément, même si c’est surtout l’univers et les figurines qui m’intéressent. Je n’aime pas forcément leurs jeux de plateaux en général, mais j’ai bien aimé Space Hulk et Blood Bowl à l’époque. Par contre, je n’ai jamais touché à Battlefleet, donc difficile de faire une véritable comparaison avec le jeu de plateau.

.. // PROS aka « Today, we will show the Imperium, that the Imperial Navy never falters in the path of its duty. » // ..
Un scénario solide qui puise son inspiration dans la 12ème Croisade Noire, alors que l’Imperium affronte une nouvelle fois le Chaos et son Seigneur de Guerre Abaddon, ce dernier tentant de prendre le contrôle du Secteur Gothic, situé non loin de l’Oeil de la Terreur (portail d’accès principal au Warp, la dimension du Chaos). Sans surprise, le jeu suit les évènements sans doute déjà connus par les fans historiens, couvrant la période de 139.M41 (avant l’invasion du Chaos) à 151.M41 (je ne spoilerai pas pour ceux qui ne connaissent pas ces évènements). Dit autrement, si vous jouez bien de bout en bout, vous aurez donné raison aux écrits du Lexicanum. Dans le cas contraire … vous avez dû tomber dans un trou noir et vécu une histoire alternative. On va dire ça comme ça.

Posséder sa propre flotte : Avoir un vaisseau c’est déjà bien. Avoir deux vaisseaux, c’est potentiellement mieux. Avoir 10 vaisseaux dont un Cuirassé de classe Empereur, c’est franchement la classe, surtout quand ce dernier arbore fièrement la gigantesque marque de l’Inquisition sur sa proue (avis purement subjectif, bien entendu). Et puisque l’argent ne veut rien dire dans ce sombre futur lointain (miracle), tout passe par la renommée gagnée à la sueur des combats. Même une défaite n’est pas synonyme de grosse punition puisque l’on gagne quand même quelques points de renommée qui, couplés à notre rang, nous permettent d’acheter de nouveaux vaisseaux, de les améliorer de diverses manières, et de les réparer après un combat éprouvant.

Les vaisseaux sont superbement modélisés. Très détaillés quand on les regarde de près, ils font honneur aux figurines et retranscrivent parfaitement en 3D tout ce que l’on peut imaginer concernant ces puissants vaisseaux. Et même si l’on aurait aimé pouvoir les personnaliser un peu plus, on dispose quand même de quelques options esthétiques permettant de les repeindre, en choisissant un Groupe de Combat dans une liste tout ce qu’il a de plus officiel. Mais on ne peut pas faire n’importe quoi, comme repeindre en rose son vaisseau… encore heureux. Choisir une Faveur (L’Inquisition, l’Adeptus Astartes, l’Adeptus Mechanicus ou l’Imperial Navy dans mon cas) impose par contre un code couleur que l’on ne peut pas contourner. Le beurre et l’argent du beurre de l’Empereur ? Mais bien sûr…

Un RTS accessible. Bien entendu, il faut un minimum d’entraînement pour ne pas faire n’importe quoi et être contraint de fuir à travers le Warp ou finir en miettes. La possibilité d’activer les Cogitateurs Tactiques qui ralentissent le temps, permet de se retourner quand on n’a pas remarqué qu’une bombe à plasma visait un vaisseau isolé des autres, ou que les plus petits (et donc les plus rapides), partent dans tous les sens et passent au milieu d’astéroïdes (potentiellement fatal, sauf compétence d’immunité). Mais les commandes ne sont pas trop nombreuses, les compétences assignables assez limitées, et le fait de se déplacer en 2D ne rend l’ensemble pas trop complexe à gérer.

Une bande son en béton. Que ça soit l’excellence des voix anglaises qui accentuent la puissance de leurs orateurs, les musiques qui accompagnent à merveille l’ensemble du jeu, ou encore les bruitages qui correspondent à l’idée que l’on peut se faire d’affrontements entre vaisseaux immenses, tout est exemplaire. J’avoue avoir un faible pour le son sourd et lourd des puissants réacteurs de mes vaisseaux. Et au premier qui me rappellera que dans l’espace on n'entend toujours aucun son, je répondrai juste … oui … je sais.

.. // CONS aka « Attention, slaves of the false Emperor! Your pathetic last stand will fail » // ..
De petites batailles pour un grand objectif. Quand on regarde un trailer de jeu vidéo, il convient de toujours rester prudent quant à ce qui est montré, et ce qu’on imagine jouer réellement dans le jeu. Depuis la nuit des temps, il existe une véritable dichotomie entre ce que l’on pense être un semblant de promesses, et parfois la dure réalité du véritable jeu (No Man’s Sky si tu nous regardes). Et bien c’est exactement ce qui se passe pour BFA. Oubliez les trailers montrant des dizaines de vaisseaux s’affrontant dans un espace 3D (ou disons 2D à plusieurs niveaux), tout au mieux l’on pourra avoir une dizaine de vaisseaux de part et d’autre d’une zone de combat en 2D. Car même si adapter un jeu de plateau en respectant au plus près à ses règles et en suivant un scénario déjà établi n’est pas un exercice facile, on (je-moi-tout-seul ?) pouvait espérer participer à des batailles d’une toute autre envergure, digne de ce que l’on a vu dans les trailers.

La redondance des missions. Quand on étale une campagne sur une trentaine d’heures, la progression constante et le scénario ne suffisent pas à empêcher de faire naître un certain ennui à répéter encore et encore les mêmes missions, avec une difficulté légèrement supérieure à chaque fois. Escorter ou détruire des transporteurs. Survivre ou détruire une cible précise. Réaliser ou empêcher des attaques planétaires. Protéger ou détruire des postes avancés. Extraire ou récupérer une relique. Le tout en choisissant quelle planète sauver, le nombre d’actions possibles pendant un tour étant généralement inférieur au nombre de mondes attaqués dans le Secteur Gothique. Sauf qu’une fois la bonne stratégie trouvée, celle qui fonctionne quasiment à coup sûr dans certaines missions, cela rajoute à la lassitude ressentie.

Gros problèmes d’équilibre et d’IA dans certaines missions. Parlons du Chapitre 20 où nous pactisons avec un Prince Eldar qu’il faut protéger d’une attaque des Orcs. A priori, la discussion laisse entendre que l’on va en faire du pâté pour chiens de ces peaux vertes. La stratégie prévue est claire : rester à bonne distance pour éviter les attaques bélier des Orcs. Sauf que… on ne dispose que de 450 points pour cette mission, ce qui est très peu. Les Orcs sont en net surnombre. Et la cerise chaotique sur le vaisseau, c’est le Prince Eldar qui non seulement peut se trouver complètement isolé de nos vaisseaux en début de mission, mais qui fonce dans le tas comme un abruti. Quoique l’on fasse, et même en relançant plusieurs fois cette mission, l’issue sera toujours la même : il se fera très vite rétamer et nous laissera seul finir les Orcs. La dernière mission donnera également beaucoup de fil à retordre, selon que nos alliés soient plus ou moins efficaces d’une tentative à l’autre.

Je ne pilote pas mon vaisseau. Alors oui je sais, ça fait sens dans un RTS où l’on dirige plusieurs unités, bien entendu. Mais je ne peux m’empêcher de regretter le côté trop classique de ce RTS. Pour avoir terminé Divinity Dragon Commander, le fait de pouvoir jouer son dragon sur le champ de bataille, tout en donnant des ordres à mes unités, c’était déjà plus jouissif qu’un simple clic « va là » … clic « tourne » … clic « stop » … clic « missiles avant » … clic « boucliers » … clic « va là » … clic « puis là » … clic « hum … non. Là plutôt » … clic « ou … là tiens ». Rien à faire, peu importe le jeu concerné, si je ne pilote pas moi-même mon vaisseau, je suis frustré. Donc là, je suis … frustré. Voilà.

..// CONCLUSION //..
Il est important de garder en tête que Battlefleet Gothic : Armada est l’adaptation d’un jeu de plateau, et aucunement une interprétation libre de ce dernier. Sans avoir jamais joué au jeu palpable à base de figurines, j’imagine qu’il en respecte au mieux les règles afin de contenter Gamesworkshop et les fans qui n’en demandent sans doute pas plus. N’espérez donc pas piloter votre vaisseau ou diriger une flotte dans un immense univers à la recherche de proies, ni prendre part à de grandes batailles épiques. Tout est ici question de petites missions, avec une petite flotte, en observant de plus ou moins loin de petits vaisseaux qui s’envoient de petites torpilles et des tirs laser trop choupinou. Est-ce que cela ravira l’Empereur de l’Humanité ? Aucune idée. Moi par contre… je reste sur ma faim en espérant toujours voir une adaptation plus ambitieuse de cette licence.

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