Le pénitent le passe

Avis sur Blasphemous sur Nintendo Switch

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Version Nintendo Switch

C’était quand, la dernière fois qu’un jeu a créé un nouveau genre à lui tout seul, jusqu’à lui donner son nom ? Dark Souls (2011), encore et toujours lui, continue d’inspirer toute une série de Souls-like plus ou moins réussis, et suscitant sans cesse la comparaison avec le vénérable ainé, n’en déplaisent à certains. En particulier, la scène indé a produit beaucoup de (bons) jeux de ce style, proche du metroidvania. On citera le cultissime (pour moi) Hollow Knight (2017) ou le un peu trop fidèle Salt and Sanctuary (2016).

Et le petit nouveau s’appelle Blasphemous (2019), du studio andalous The Game Kitchen. Dans le monde de Custodia, le Miracle a transformé les habitants en monstres en matérialisant leur âmes de pécheurs. Et notre personnage, le Pénitent, une figure mutique christique coiffé d’une couronne d’épine qui « meurt pour/par leurs péchés » et ressuscite sans cesse, va se frayer un chemin pour… sauver l’humanité ? Détruire le miracle ? Ce n’est pas très clair, mais en tout cas, il poursuit son chemin de pénitence. Le parallèle avec l’expérience du joueur qui va devoir dépasser la frustration des essais ratés pour mieux savourer la victoire une fois un obstacle vaincu est plutôt malin. Le parallèle avec la malédiction et le mort-vivant de Dark Souls aussi. La couche religieuse n’est pas bête mais sa plus value sur le fond est finalement assez limitée, il me semble.

Sur la forme, Blasphemous présente un pixel art mi-figue mi-raisin. Les arrières plans sont souvent très réussis mais le charadesign est franchement moche, façon purée de pixels. Bof, donc.

Au niveau du gameplay, le jeu tient plus du Souls-like que du metroidvania : on a une épée, une prière (un sort) et roule ma poule pour toute la partie. On ne débloquera pas de nouvelle compétence qui viendra modifier/étoffer l’expérience du jeu ou débloquer de nouvelles portions de cartes. Ces dernières sont simplement peuplées d’ennemis plus ou moins puissants. En réalité, les quelques exceptions sont purement optionnelles et sans grand interêt. Mais sinon le ressenti est bon pour la partie combat, moyen pour la partie plateforme.

Au niveau de la difficulté, marque de fabrique des Souls-like, le jeu est finalement relativement accessible, plus facile en tout cas qu’Hollow Knight ou Salt and Sanctuary. J’aurais bien aimé un peu plus de challenge, car ça rend tout l’aspect de pénitence un peu gratuit. Mon pire ennemi a été tout au long du jeu les pics au sol qui vous tuent instantanément si vous atterrissez dessus. Ce qui arrive régulièrement.

Mais alors, qu’est ce qui justifie cette très bonne note de ma part (peut-être un poil trop généreuse) ? Un élément : le level design. C’est une démonstration. Ce vaste monde est replié sur lui-même grâce à de multiples raccourcis souvent assez élégants, même si quelques points de téléportation supplémentaires auraient été bienvenus. Chacun des niveaux se différencie des autres de part ses menaces et sa topographie, et chacun se découvre en de multiples boucles qui nous ramènent à chaque fois à un point de sauvegarde par un nouveau chemin. Franchement, chapeau.

Bref, Blasphemous est un souls-like réussi, plutôt généreux en contenu et au level design diabolique. Si vous aimez le genre, alors cela vaut largement la peine de passer outre la bouillie de pixel des personnages pour démarrer votre propre chemin de croix.

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