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Avis sur Clive Barker's Jericho sur Xbox 360

Avatar Manji1981
Test publié par le
Version Xbox 360

Pitch: La section Jericho, unité composée de membres aux pouvoirs surnaturels et luttant pour éradiquer le Mal de la surface de la Terre (je sais c'est ronflant), se voit contraint de pourchasser un terroriste plus proche du cultiste que du "mad bomber" jusque sur les ruines de la mystérieuse cité d'Al-Khali. Une invistigation musclée qui conduira les membres de la section à traverser plusieurs failles temporelles jusqu'à mettre un terme à tout cela... ou pas.

Les afficionados de lectures horrifiques un peu plus relevées que la cuisine habituelle servie par le maître des cantines scolaires, Stephen King, connaissent sûrement Clive Barker (Le Cycle des Livres de Sang, Cabale, Secret Show...). Auteur assez prisé par le cinéma (Le très bon Hellraiser ou le médiocre midnight Meat Train par exemple), celui-ci nous offre un scénario original qu'il destine uniquement à une adaptation vidéo-ludique: Jericho. Peu convaincu par la démo en circulation depuis déjà un moment (forcément celle-ci s'affranchit de tout contexte narratif), j'ai pu profiter du jeu complet grâce à l'intervention d'un courageux compagnon qui avait investit quelques deniers dans le jeu (à 10 euros en même temps, il ne faut pas se priver). Precisons le tout de suite pour celui qui ne connait néanmoins pas les tendances horrifico-SM de l'auteur (du jeu pas du Test que vous êtes en train de lire!!!), Clive Barker verse souvent dans le gore, le sadisme, recherche extrème d'une nouvelle forme de douleur via une chair malmenée (Hellraiser en est un bon exemple). Bref, âme sensible s'abstenir...

Si le scénario du jeu reste somme toute assez basique, le principe même de failles temporelles apportant la diversité necessaire pour conserver l'engouement du joueur lambda, il faut reconnaître que les personnage sont assez bien écrit. Comprenez par là qu'on prendra note de la présence d'un background / historique individuel plus complet qu'à l'acoutumée dans ce genre de jeu (compulsable via le menu principal et si vous avez débloqué le bg du perso en question), et surtout d'un véritable fonctionnement d'un esprit d'équipe au cours du récit. Ainsi au fil des cut-scenes, comme des phases de progression, le joueur attentif pourra noter telle ou telle affinitée que ce soit les liens amoureux entre Delgado, la brute épaisse du groupe, et Billie Church, l'americano-japonaise adepte du Wakizashi (sabre court - petite erreur de la part de barker / des concepteurs qui appelle ce sabre No Dachi qui serait alors un immense sabre à l'instar de celui de Toshiro Mifune dans les 7 Samurais.), ou bien les conflits d'opinion entre le même Delgado (loquace) et le Père Rawlins, leader du groupe, ou encore les paroles rassurantes d'une Sniper métisse Indienne vierge auprès d'une Autiste Française accessoirement manipulatrice du temps et de l'espace... Tout cela apporte une cohérence au récit et le joueur se laisse prendre au jeu, Jericho aurait d'ailleurs très bien pu être la base d'un film de tough guy des 80's, mettant en scène des équipes de mercenaires au verbe et à la gachette faciles et aux retournements de veste taquins comme Aliens, Predator, Navy Seals... (j'ai parfois l'impression de me répéter). le design des personnages est assez réussi et témoigne d'une individualité certaine toujours rafraichissante dans ce monde de réalisme militaire qui ronge les FPS modernes. Certes, il faut adhérer au cuir mais pourquoi pas... L'horreur est également assez bien gérée, visuelle (une sorcière nazie écorchée) comme psychologique (les fantômes d'enfants-templier sacrifiés sur l'autel de la Foi), elle montera crescendo jusqu'à une apothéose de viscères et de tortures comme on pourra en trouver dans les niveaux mettant en scène la Rome Antique sous l'égide de Caligula... Je ne m'épencherais pas la dessus, de peur de spoiler (le mot à la mode du moment) des environnements ou situations qu'il faut découvrir par soi-même.

Ce "Screenplay" (car il n'y a pas d'autre terme tant ici tout est véritablement déjà écrit à l'avance, le joueur ne pourra que se desesperer de telle ou telle perte ou de qui survivra si survie il y a...) un tantinet basique face à la profusion de "Hit" aux histoires alambiquées se repercute sur le gameplay que certains qualifieraient de simpliste et que personnellement j'appellerais Old School. Jericho est linéaire, bourrin, utilise des mécanismes de jeu éculés, brides certaines actions (pas de saut, ouf!) mais cela fonctionne, car tout cela, au final, est asservi à l'histoire que veut nous raconter Barker, en gros nous sommes un peu ses marionettes, son histoire à la primauté sur nous: l'équipe composé de un tel et un tel ira ici, vivra ça, passera par là et X ne reviendra pas. (on ne choisit pas qui compose une escouade lorsque que la section se sépare, pas de liberté de mouvement, etc...) Attention cependant, quelques idées de gameplay (toujours au service du travail de l'auteur) apporte un peu de fraicheur: vous pourrez switcher de l'un à l'autre des personnages (habile idée de scénario pour justifier un tel choix et compenser le manque d'armes) et profiter ainsi des pouvoirs magiques (2 par individu) et équipement du personnage ainsi choisi (2 encore une fois). A aucun moment vous ne pourrez mettre la main sur du nouveau matériel et il faudra alors assurer les bon choix "tactiques" (le soft se révèle quand même simplement bourrin dans son ensemble) pour profiter de l'équipement adequat. Bien sur, les goût de chacun feront pencher la balance d'autant qu'il faut reconaître qu'il existe un déséquilibre certains entre les personnages au niveaux des pouvoirs comme de l'armement, difficile de resister au Sniper qui peut lancer des balles mues par télékinésie ou profiter de son lance-grenade auxilière terriblement salvateur... Quelques QTE assez bien pensés viendront également rompre la monotonie des couloir suintant la mort de Jericho, et vous offriront des séquences de corps à corps musclées ou des finish moves radicaux...

Techniquement (ce point n'est jamais ma grande passion) le jeu s'en tire de façon honorable pour un titre de 2007 d'un point de vue graphique et sonore. Les graphismes ne sont, il faut l'avouer pas "à décrocher les mirettes" (surtout en 2010) mais restent vraiment très corrects et rendent souvent justice aux personnages et au boss. Le rendu des monstres est assez inégal, certains d'entre-eux s'apparentant plus à une bouillie de chair qu'autre chose (mais en même temps le style veut ça) alors que d'autres profiteront de détails macabres finement ciselés. La bande son est assez sobre dans son ensemble et même assez réussie dans certains niveaux où elle participe grandement à l'angoisse générale. A l'instar de la plupart des jeux vidéos de ces dernières années, on ne retiendra pas les compositions mais ingame le tout fonctionne à la perfection.

Le point noir de jericho vient assurement de sa durée de vie trop courte (le majeure problème des FPS récents qui tentent de compensser par des Mode Multijoueurs plus ou moins réussis), il faudra compter 8 heures pour le terminer (c'est toujours mieux que Call of Juarez 2 et ses 5 heures..) et encore moins une fois que l'on connait les ficelles, on aura rapidement débloquer les dossiers et les succès mais au moins on ne se sera pas ennuyés... Le jeu est loin d'être difficile une fois que l'on maîtrise les personnages (et pourtant je le pensais véritablement ardu lors de mes premières heures de jeu) et le switch... Enfin, pour beaucoup la fin est le gros défaut du jeu et même si une partie de moi en aurait voulu plus, celle-ci se justifie assez quand on repense au récit. Sans approcher le nihilisme d'une fin à la The Thing de carpenter, je trouve qu'il existe quelque chose de fascinant dans la fin abrupte et sans concéssion de Jericho (et puis merde, rappellez vous la fin de Doom!)...

Bref, jericho est un de ces jeu qui s'est rapidement dévalué et vous pouvez le trouver pour moins de 15 euros, il se destine au fan d'horreur et d'atmosphere glauque, à ceux qui privilegie une expérience solo et joue en partie pour être "acteur" d'un scénario captivant. Je le redis pour moins de 15 euros, le jeu en vaut la chandèle mais si vous n'êtes pas de ceux-là, passez votre chemin.

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