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Avis sur DayZ (mod) sur PC

Avatar Jadenor
Test publié par le (modifiée le )
Version PC

A la place de faire une critique chiante je vais juste vous raconter ma dernière vie, ce qui donnera je l'espère un bon aperçu de ce qui n'est encore que l'alpha d'un mod très ambitieux.

Comme tous les nouveaux joueurs, j'apparais sur la côte avec le matos de base. Juste de quoi survivre quelques heures le temps de trouver mieux. Un pistolet tout pourri, quelques chargeurs, du matos médical de base, une gourde et des boîtes de haricots [N.B : ça c'était avant, le développeur jugeant que c'était encore trop facile, on spawn désormais avec une lampe torche et un bandage]. Par chance je suis apparu près d'une grande ville, que j'identifie bien vite comme étant Elektro. Les villes sont à double tranchant, en particulier sur la côte : à la fois promesse de matos intéressant, mais aussi de rencontres dangereuses. Dans ce monde désolé on ne peut se fier à personne, et le meilleur conseil est d'éviter tout contact avec les autres survivants.
Je décide de prendre le risque, après avoir observé les faubourgs de la ville pendant quelques minutes. Il y a un bon paquet de zombies, mais leurs sens atrophiés me permet de m'introduire dans la ville sans utiliser mon arme. Alors que j'essaye de trouver une maison ouverte, des coups de feu claquent à proximité. Par réflexe je me couche, la peur au ventre. Je reste là 5 min, mais les coups de feu retentissent avec un rythme soutenu ... brisant le silence je décide de me renseigner sur ce qu'il se passe, au moyen d'un court message sur le chat global. Pas de réponse. Ma curiosité finit par l'emporter et je me rapproche lentement de l'origine des coups de feu. Des corps de zombies jonchent le sol devant une petite bâtisse entrouverte, et alors que je m'apprête à y entrer je tombe nez à nez avec un survivant.

Mon coeur rate un battement. Je n'ai pas la force d'appuyer sur la gâchette, et lui non plus. Ou alors c'est le manque de munitions. Cette tension est rompu par le cri d'un zombie dans mon dos. Je me retourne illico pour voir que les derniers tirs de mon compagnon d'infortune ont attiré de nouveaux habitants ... je décide de rentrer avec lui dans son abri improvisé, et de l'aider à repousser la horde qui arrivent en trombe. Les cadavres s'accumulent, mais le silence finit par retomber ... j'aurais gagné quelques blessures (et la perte d'un bandage pour arrêter le saignement), mais surtout un compagnon de route. Il n'est pas très bavard, mais finit par me faire comprendre qu'il n'a plus de munitions. Il me reste deux chargeurs. C'est peut être une ruse ... il aurait pu me tuer pendant la fusillade après tout, ou même lorsque je suis tombé nez à nez avec lui. Je lui donne un de mes précieux chargeurs, et je lui tourne le dos en guise de bonne volonté. Rassuré par mon attitude amicale, il finit par me suivre dans ma quête de vivre.
Plusieurs maisons visitées et un supermarché dévalisé plus tard, j'ai récupéré un fusil Lee Enfield, de nouveaux chargeurs pour mon pistolet, quelques babioles et surtout de quoi boire et manger pour quelques jours. Mon équipier improvisé m'informe qu'il doit partir, et en guise de remerciement me donne une partie de ses provisions. C'est le genre de joueur que l'on rencontre une fois toutes les dix parties et j'ai eu une chance folle de tomber sur lui plutôt que sur quelqu'un de moins scrupuleux.
Je me retrouve seul, mais le sac à dos rempli. J'ai de quoi de me défendre (même si mon fusil fait un boucan d'enfer, capable d'attirer les zombies d'une ville entière au moindre coup de feu), j'ai de quoi manger, mais je n'ai toujours pas de quoi m'orienter. Je n'ai pas trouvé de carte, ni de boussole, seulement une boîte d'allumette et une montre.

J'arrive désormais en vue des dernières maisons d'Elektro, et de ses derniers zombies. La route devant moi serpente jusqu'à une petite forêt, où je serai sans doute plus en sécurité. Là bas, peu de chance de rencontrer âme qui vive (mise à part quelques animaux sauvages à chasser). Ma meilleure chance de survie, c'est encore d'éviter tout contact avec les autres survivants. Les zombies ne sont une menace qu'en grand nombre, et quand on est faiblement armé. Les joueurs apprennent rapidement à les gérer et les éviter. Non, le véritable danger ce sont les autres, ceux qui portent une arme à feu, et qui n'hésiteront pas à s'en servir si on semble être une proie intéressante.

Je raconterai peut être plus tard comment je suis mort, mais dans Day Z, il est important de comprendre que c'est à vous d'écrire l'histoire de votre survie. Il n'y a pas de quête, pas de pnj, seulement vous, votre paquetage, et une chiée de zombie pas très amicaux. Sans oublier les joueurs, qui peuvent être vos meilleurs amis l'espace d'une partie, comme votre pire cauchemar. Certains évoluent en bande, toute entière dévolue à la traque et au meurtre des autres survivants. Ces bandits tuent par plaisir d'abord, mais aussi pour récupérer de l'équipement gratuit... la loi du plus fort dans sa plus simple expression.

Day Z est ce qu'on pourrait appeler une survival sandbox. Le but reste invariablement le même, la survie. Mais il appartient au joueur de définir sa manière d'aborder le jeu. Certains préféreront explorer l'immense map, seul ou à plusieurs, à la recherche d'une meilleure arme ou d'équipements rares (dans les très fréquentés camps militaires et aéroports), d'autres se contenteront de rester en forêt en évitant tout contact avec la civilisation et en comptant sur les miradors, les crashs d'hélico aléatoires ou encore les camps de joueurs pour se faire un équipement de pointe. D'autres encore se mettront sans doute dans la peau d'un bandit, à la recherche d'un malheureux transportant un peu trop ostensiblement son M4A1.
La survie passe non seulement par la recherche effrénée de nouveaux loots, mais aussi par la lutte contre son environnement. Les joueurs éprouvent ainsi la faim et la soif, et peuvent mourir si ils n'ont pas assouvi ces besoins à temps. Ils peuvent aussi saigner, être malade, se casser une jambe, ou servir de déjeuner à une horde de zombies. En un battement de cil, l'espace d'un claquement sec émis par le tir d'un sniper, on peut perdre tout ce que l'on a amassé pendant des semaines de jeu. Ce mod peut être autant frustrant que gratifiant, car son but avoué est de garder un côté réaliste, froid, austère, centré sur la survie et la relation entre survivants, capable de retranscrire ce qui pourrait se passer au cours d'une apocalypse zombie. Par bien des côtés, Day Z représente ce que pourrait être le futur Survivarium, le prochain jeu des papas de Stalker.

Un mod à très fort potentiel, encore balbutiant, mais qui est fréquemment mise à jour, avec du nouveau contenu et des améliorations en tout genre. A noter que, au vu de l'énorme succès du mod, une version stand alone est en cours de développement, avec un business model qui sera proche de celui de Minecraft.

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