La loi du plus mort

Avis sur Grand Theft Auto V sur Xbox 360

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Version Xbox 360

Planqué sur un toit et armé d'un lance-roquettes, Trevor regarde passer un hélicoptère. En bas, Michael et Franklin vident leurs chargeurs sur les forces de l'ordre. De nombreux agents sont à terre, victimes d'avoir tenté de mettre la main sur le butin volé par les trois comparses. Des unités d'élite déboulent par la ruelle située dans leur dos. Michael les aperçoit, Trevor aussi. Une pluie de balles et quelques roquettes s'abattent en un instant, ne laissant aucune chance aux malheureux. Franklin repousse vaille que vaille les assauts des agents en voiture qui se présentent devant lui alors que des snipers prennent position sur le toit d'en face pour l'abattre. Un regard de Trevor et deux minutes plus tard, il n'en reste plus rien, Franklin est sauf, Michael aussi, et la bande s'échappe, nettement plus riche qu'avant de retourner un fourgon blindé avec une dépanneuse. Rapidement, ils décident de se séparer, mais savent alors qu'ils se retrouveront bien vite, pour une nouvelle séance de guérilla urbaine, ou tout autre chose, comme un vol de sous-marin, la prise d'assaut d'un gratte-ciel, ou encore une incroyable séance de course-poursuite à bord de voitures volées.

De GTA V, on a surtout dit qu'il n'avait pas la finesse d'écriture de son prédécesseur. C'est vrai et faux à la fois, et pour cause : les titres de Rockstar ne sont que la synthèse au vitriol d'une époque donnée. Et si les années post 11 septembre permettaient sans doute possible l'écriture d'une tragédie magistrale, le gigantesque foutoir mondial qui a suivi la crise économique de 2008 est forcément plus compliqué à cerner. Car c'est bien de ce grand n'importe quoi dont parle GTA V en taillant, non sans enthousiasme, les excès d'un monde occidental parti en vrille, forçant à la survie et apothéose du chacun pour sa gueule. Manipulés, trahis, et magnifiques dindons de la farce - à l'image de la plupart des anti-héros écrits par Rockstar - Michael, Franklin et Trevor ne valent pas forcément mieux que les ordures qui les entourent, comme l'histoire prend plaisir à le montrer du début à la fin. Ou plutôt les fins, puisque le joueur sera amené à prendre de graves décisions à l'aube de franchir les lourdes portes de l'épilogue.

Bien avant d'en arriver là, les trois complices seront passés par une myriade d'évènements destinés à tailler les excès d'un monde heureux de confier ses données personnelles à n'importe qui, avide d'obtenir son quart d'heure de célébrité, boursicoteur n'hésitant pas à faire ce qu'il faut pour s'enrichir sur le dos de sociétés ruinées et autres monstruosités contemporaines. La satire grinçante est toujours là, elle est juste plus explosive, plus décomplexée et complètement schizophrène, à l'image de cet environnement pauvre, lâche et cinglé. Comme l'illustrent parfaitement les trois protagonistes que sont Franklin, Michael et Trevor, authentiques reflets d'une humanité née d'un effroyable big bang financier, créateur de cet enfer dans lequel il n'est plus possible d'avancer sans écraser ceux qui nous entourent. Agressif, mordant et odieusement joyeux dans toute son horreur, GTA V est une pépite souvent incomprise, mais à qui le temps rendra forcément justice.

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