Oscillation entre un chaud et un froid métallique

Avis sur NieR : Automata sur PlayStation 4

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Version PlayStation 4

Quitte à m’attirer les foudres des adorateurs, autant l’annoncer tout de suite : je n’ai pas aimé Nier Automata autant que je ne l’aurais espéré. Il faut dire que je m’y suis mis après avoir platiné Horizon Zero Dawn, un autre « open-world » qui a pour unique point commun cet aspect un peu post-apocalyptique avec des machines à foison. Plutôt que de cracher gratuitement tout mon venin sur le titre, je vais faire un classique aimé/moins aimé pour préciser mon propos.

Déjà, le système de combat avec le 1er personnage est nerveux. On virevolte en faisant des esquives, on donne des coups rapides et on assomme massivement avec les coups lourds. Ça saute partout, ça cogne au corps et corps mais ça tire également avec trois différents pods possibles sur lesquels on peut équiper une compétence selon les goûts. Ce que je demande dans un A-RPG c’est d’avoir un perso assez agile pour ne pas avoir l’impression de contrôler un individu avec un manche à balai dans les fesses. De ce côté, pari gagné, d’autant plus qu’on a une variante de gameplay lors de la 2e session de jeu, moins bourrine certes, mais qui permet une petite bouffée d’air frais après une dizaine d’heures à avoir charcuté des robots. En plus de tout ça, il est possible d’améliorer ses armes et les petits clins d’oeil à d’autres titres de Square-Enix font sourire.

En parallèle, il y a régulièrement des phases de shoot-em-up qui, sans être incroyable, s’introduisent relativement bien dans l’ensemble. Nier Automata, c’est une espèce de ballet qui enchaine rapidement différents gameplays et ça marche bien parce qu’il y a très peu de temps mort lorsqu’on est en combat !

Tout cela, on y a le droit sur des thèmes musicaux géniaux, une OST magistrale avec ses versions instrumentales et vocales pour chaque piste, et même ses versions 8-bits lors des phases de piratage. C’est simple, j’ai écouté l’OST du jeu en boucle avant même d’avoir le jeu. Avec de telles mélodies et les critiques, j’étais hypé à fond. Et puis, il y a eu le reste.

Je sais qu’il ne faut comparer que ce qui n’est comparable. Mais en sortant de la claque visuelle qu’est Horizon Zero Dawn, j’ai eu une flagrante impression d’un jeu terne en passant sur Nier Automata. C’est un peu comme manger quelque chose de très sucré, puis un autre aliment moins sucré, ça devient un peu fade. Avec ce filtre un peu tristounet, le jeu nous propose plusieurs biomes dans lesquels évoluer, rien de fou entre le désert (qui fait désert), la ville en ruine, la forêt. Petit surprise sympathique pour le parc d’attraction qui change des biomes habituels des jeux de nos jours. Hélas, on a beau avoir un peu de variété, on a rapidement fait le tour de la zone jouable. Entendez par là qu’on en visite la majorité lors de la première session, puis qu’on repasse dans la même zone lors de la deuxième session, et puis encore une fois toujours les mêmes décors.

Ces décors, on va les voir défiler encore et toujours, d’autant plus que des quêtes annexes, il y en a à foison et de la quête Fedex, en veux-tu en voilà. Avant de débloquer la téléportation entre les points d’accès, les quêtes secondaires sont une plaie (pas plus que dans FFXV, encore heureux), mais c’est bien le genre de mécanique d’open-world que je trouve non maitrisée et qui fait monter la durée de vie de manière totalement artificielle. Parfois, les quêtes suscitent un sourire, des situations cocasses. Mais la majorité du temps, ce sont des histoires sans intérêt à mes yeux. Certains diront que cela contribue à donner une vie, un background à ce monde dont on ne connait que peu de choses, pour moi c’est juste une manière maladroite de nous faire visiter le monde et ses moindres recoins.

Voilà un autre point que j’aimerais souligner : le scénario et les personnages ne m’ont pas plu. Du côté des personnages, je les ai trouvé plats. Le duo des deux premiers scénarii est cliché au possible avec 2B qui dit un peu « tagueule » à tout bout de champ, mais qui finalement aime bien 9S qui lui, parle beaucoup trop et se pose des questions sur les humains, en montrant trop d’émotions. Ce dernier se prend d’ailleurs régulièrement des taquets de 2B et de son opérateur parce qu’il n’est pas assez pragmatique et s’égare à chaque nouvel environnement. Étrangement, le personnage que j’ai trouvé le plus humain et le plus intéressant, c’est ce robot au design discutable, Pascal, la plus humaine des machines du jeu. Les autres pnj font figuration et les robots ont d’ailleurs une fâcheuse tendance à aimer le suicide. (ok ce côté m’a fait rire)

D’habitude dans un jeu, on aime bien faire des méchants charismatiques, des méchants qui nous prennent aux tripes et à qui on veut réellement casser les dents. Ici, c’est assez triste à dire, mais personne ne sort du lot. Adam et Eve seront très vite oubliés et pour le reste, sans spoiler, j’en suis sorti assez indifférent. Le scénario à mes yeux, peine à décoller malgré quelques rares rebondissements, il m’a été difficile d’y accrocher et c’est parfois en me faisant violence que j’ai continué d’avancer pour essayer d’en voir le bout, en particulier la dernière "phase" du jeu durant laquelle on alterne sans arrêt les points de vue.

En résumé, Nier Automata, il a un bon fond, tout n’est pas à jeter, mais tout n’est pas non plus à garder. D’un côté, son gameplay est stylisé, la musique est sublime; De l’autre, il y a tout le reste qui fait défaut à mes yeux et en particulier, le scénario qui n’est pas assez développé à mon sens. Bien sûr, je ne dis pas que le jeu est vide de sens : il y a bien une problématique, l’évolution des robots et de leur conscience, ce qu’on peut leur faire faire, l’intelligence artificielle, mais jamais assez.

Je ne critiquerai pas l’aspect un peu « jeté dans la nature » du jeu qui a assez peu de tuto, des quêtes qui ne se mettent à jour qu’avec le temps et qui demeurent parfois inachevées sans que l’on sache si on est en train de louper quelque chose ou si on doit attendre d’avancer dans le scénario principal. Cela ne me dérange pas de ne pas être pris par la main et de devoir chercher un peu par moi-même.

L’aspect graphique, j’en ai également fait abstraction parce que je suis parfaitement conscient que la beauté ne fait pas le jeu et honnêtement, rien n’était réellement bloquant.

Je suis bien conscient, les gouts, les couleurs, ça se discute, alors n’hésitez pas à venir en discuter dans la joie et la bonne humeur !

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