Cours Forrest, cours !

Avis sur Outlast 2 sur PC

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Version PC

Avec le recul, j'ai trouvé ce Outlast 2 pas si mal que ça. Comme dans le premier opus, l'idée de faire parcourir un jeu d'horreur dans la peau d'un journaliste d'investigation est excellente. Cette fois-ci vous enquêtez sur la disparition d'une femme prénommée Jane Doe. Et comme dans toute introduction de jeu vidéo en hélicoptère qui se respecte, vous vous écrasez subitement en pleine montagne, au beau milieu de nulle part... La surprise est totale. Armé seulement de votre caméra et de vos jambes d'athlète, l'objectif sera donc de retrouver votre femme disparue mystérieusement des suites du crash.

Tradition oblige, Outlast 2 garde sa particularité principale, en effet le joueur ne peut pas se défendre contre les ennemis qu'il croise et doit systématiquement progresser en étant furtif, en prenant ses jambes à son coup ou en se cachant dans divers éléments de décors tels que les tonneaux, sous un lit, dans une armoire, dans un champs de maïs etc. Mais plus encore que la furtivité et les planques, c'est bien la course qui devient dans ce deuxième volet l'ADN principal des jeux Outlast. Très clairement, vous allez en manger des courses poursuites infernales avec des ennemis dégueulasses au cul et je vous garantis qu'il faut parfois avoir les nerfs solides. De ce que j'ai pu constater sur Steam et Sens Critique, pas mal de joueurs abandonnent Outlast 2 précisément à cause des poursuites nombreuses et stressantes. Celles-ci sont d'ailleurs très bien mises en scène et les animations de courses (pas lourds et saccadés) tout comme la sensation de vitesse sont particulièrement bien retranscrites à l'écran. Inutile de préciser que c'est l'état de passivité totale du personnage principal qui génère du stress et de la peur au joueur car il n'a pas les moyens de combattre ses adversaires, de se retourner et d'en finir une bonne fois pour toute !

Pour ma part, j'ai trouvé Outlast 2 moins flippant que l'épisode éponyme. Premièrement parce que le gore à l'état pur nimbé d'histoire biblique grotesque sur les sacrifices ne me fait ni chaud ni froid. D'ailleurs, vous remarquerez à quelle point nos sociétés athées sont fascinées par le christianisme quand il s'agit de le salir et de faire n'importe quoi avec. Combien de séries, films, musiques, jeux vidéos, documentaires sur le satanisme, les sectes occultes, des mystères soi-disant irrésolus, des histoires macabres liées de près ou de loin à la Bible ? C'est juste délirant... Bref, ici donc nous avons affaire à une histoire dans le genre où des humains organisés en secte vivent en autarcie au milieu des bois, dans des villages reculés de montagne. On comprend très vite qu'ils n'ont pas la lumière à tous les étages et que votre présence n'est pas la bienvenue. Si le scénario ne m'a pas transcendé, il reste correct pour le genre. Alors pourquoi moins effrayant ? Contrairement au premier opus où l'on était coincé dans un asile entre quatre murs ici vous pouvez bénéficier (notamment dans la première moitié de l'aventure) d'espaces plus ouverts. Attention, le jeu est extrêmement dirigiste mais globalement les zones à explorer sont plus larges. Enfin, le fait d'être dehors, à l'air libre, ne permet pas de créer une impression de claustrophobie propice à la peur. Cependant à partir de la seconde moitié, le jeu change de rythme et de lieu...

La réalisation est plutôt bonne. Sur le plan graphique, j'ai trouvé le jeu très réussi. Les effets de lumière, la pénombre, les décors sont lugubres à souhait et la vision nocturne à la caméra accentue l'horreur au maximum. D'ailleurs, je me demande à quoi servent les piles car on ne tombe jamais en rade. Les développeurs en disséminent un peu partout, notamment dans les passages où il fait très sombre et où l'utilisation de la caméra est obligatoire. Ils ont ajouté sur l'appareil un micro permettant d'apprécier à distance la localisation des ennemis grâce à un système de capteur. Un gadget que l'on utilise au départ puis qui finit par tomber dans l'oubli. Pour la partie audio, rien à dire, le travail est fait.

Ce que je reprocherais à cet épisode, c'est l'absence réelle de nouveauté. On se fait chier à partir de la moitié car votre personnage est d'une passivité incroyable et vous, en tant que joueur, avez l'impression d'être sur un rail dans une maison hanté de parc d'attraction. Le jeu étant dirigiste (normal pour le genre), vous avancez de gré ou de force et prenez en pleine poire tout un tas de saloperies plus ou moins effrayantes. C'est d'autant plus frustrant que certains villageois mériteraient bien de prendre deux, trois tartes dans la bouche du haut de leur 60 kg mais...non. Le jeu a dit que tu avais peur et que tu ne savais pas te défendre. Donc, aucune nouveauté, un personnage victime, un scénario abracadabrantesque et confus parfois, beaucoup de gore pour susciter la gêne mais pas celle escomptée je crois... C'est dommage. On termine l'aventure avec un sentiment en demi-teinte malgré une réalisation impeccable.

Outlast 2 reste néanmoins un titre solide car doté d'une réalisation exemplaire. Son scénario ne plaira pas à tout le monde mais a au moins le mérite d'exister. On appréciera l'effort des développeurs de placer une aventure horrifique dans un environnement naturel plutôt original même si cette ouverture à l'extérieur diminue le sentiment de peur. Certes, la peur est un sentiment subjectif mais on s'accordera pour dire que les courses poursuites sont clairement la plus grande réussite du titre. Frissons garantis ! Et non, je ne vous recommande de ne jamais appuyer sur cette maudite touche "ALT" qui permet au personnage (comme dans le premier opus) de jeter un œil par dessus son épaule en pleine course... Courrez, courrez à en perdre haleine et ne vous retournez pas !

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