Mon doigt dans ton oeil!

Avis sur Phoenix Wright: Ace Attorney sur Nintendo DS

Avatar Antevre
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Version Nintendo DS

Ca faisait un bout de temps que je voulais faire Phoenix Wright. En même temps, le principe est séduisant: incarner un avocat devant mener ses procès à l'aide de pièces à conviction,ça tient du fantasme. À l'époque, j'ai été littéralement subjugué lorsqu'on me l'a mpntré, à l'époque, aussi y jouer a été pour moi une expérience enivrante... ou presque.

Dans la peau de l'avocat Phoenix Wright, jeune avocat de la défense devant encore faire ses preuves, il vous faudra défendre contre vents et marées tout une galerie d'accusés bien évidemment innocents. Dans ce futur proche, la justice s'est faite excessivement expéditive puisqu'il appartient à la défense de prouver l'innocence des accusés, que les avocats n'ont accès qu'à une petite partie des informations des affaires et que les procès ne peuvent plus dépasser les trois jours d'audience. Aux prises avec un système judiciaire moitié corrompu, moitié incompétent, et assisté d'une apprentie médium, Phoenix aura fort à faire s'il veut gagner ses procès.

Concrètement, le jeu se divise entre les phases d'enquête et les phases de procès. Les premières prennent la forme de passages très linéaires comme on en voit dans certains visual novels: il s'agit de recueillir témoignages et indices dans l'ordre dicté par l'histoire afin de pouvoir défendre votre client lors de son procès. Rien de très captivant ni d'original, mais ça permet de poser certains éléments de l'intrigue. Les autres, le procès proprement dit, voient Phoenix Wright remplir ses devoirs d'avocat, qui consistent essentiellement à procéder au contre-interrogatoire des témoins: outre la possibilité de demander au témoin des éclaircissements sur son témoignage, vous devrez déceler les contradictions présentes dans ses affirmations à l'aide du dossier de l'affaire, constitué des informations récoltées auparavant. Il s'agit là réellement du coeur du jeu.

Ceci posé, le jeu en vaut-il la peine? Certainement. Toutefois, il faut composer avec une version française assez déplorable (les personnages sont affublés de noms ridicules, et surtout l'orthographe est proprement scandaleuse, sans oublier la grossière tentative de situer l'action en France qui ne trompe personne et constitue limite une insulte au joueur pour moi), de grosses lenteurs dans le scénario, et, de manière générale, d'une structure terriblement rigide.

Mais si on fait abstraction de tout ça, le jeu remplit avec brio ses objectifs. Ainsi, une attention toute particulière a été portée aux éléments sur lesquels le joueur doit intervenir: jamais la progression ne sera illogique, et il est pratiquement impossible d'avancer en avançant des preuves au hasard. C'est là que j'attendais le jeu au tournant, c'est là que les efforts se sont concentrés. Concernant le scénario, hormis certaines lenteurs, il est extrêmement bien construit et cohérent. J'ai également beaucoup apprécié le jeu aux points de vue graphiques et musicaux: les sprites sont beaux et sublimement animés, tandis que la musique et les bruitages remplissent parfaitement leurs objectifs, y compris celui de créer une tension permanente. Phoenix Wright est un jeu jouissif, sans aucun doute.

Toutefois, je ne peux pas m'empêcher d'évoquer le traitement de la justice dans ce jeu: si la simplification de l'appareil judiciaire est justifiée dans le scénario, il n'en reste pas moins que des généralisations douteuses peuvent facilement être faites: ainsi, dans ce jeu, les avocats de la défense sont presque toujours des héros épris de justice ayant à coeur de sauver leurs clients d'un système bête et corrompu, symbolisé par un juge complètement stupide, un inspecteur qui a du mal à faire fonctionner 2 neurones en même temps et des procureurs soit stupides, soit malveillants, soit carrément tricheurs ou criminels. C'est pourquoi il faut jouer à Phoenix Wright en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'une fiction pure et dure, très éloignée de la réalité.

Enfin, j'ai été agréablement surpris par le dernier épisode, ajouté sur DS: long, complexe, faisant intervenir des tonnes de personnages et d'indices, il emploie également à bon escient les capacités de la console: ainsi, vous pourrez analyser chaque indice en quête de détails secrets, projeter du luminol sur les scènes de crime afin de mettre en évidence les tâches de sang ou même analyser des empreintes digitales. C'est du gros bonus pur et dur, un point final magistral à un jeu qui apporte un certain renouveau à des genres en perte de vitesse.

Toutefois, je ne le qualifierais pas de bon "jeu d'avocat". Il s'agit bien plus d'un travail d'enquêteur que d'autre chose, et mon vieux fantasme de trouver un bon jeu sur le système judiciaire, avec pourquoi pas des éléments de simulation ou de gestion, n'est donc toujours pas concrétisé.

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