Marin d’eau trouble

Avis sur Pokémon Saphir sur Game Boy Advance

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Version Game Boy Advance

Dans un contexte festif de fin d’année, de retour au bercail, tous les voyants sont au vert pour qu’une régression générale nous foudroie tous à l’unisson. En ce qui me concerne, celle-ci a pris cette année la forme d’un besoin pathologique de ressortir ma bonne vieille nintendo ds (hélas, ma bonne vieille gba est portée disparue depuis bien trop longtemps) pour y reformer toute la bande de monstres de poche qui, une fois encore, raflera tous les badges et terrorisera tous les scouts et autres montagnards qui oseront se dresser sur ma route vers le titre de maître pokemon de la région de ... attends voyons voir .. Hoenn cette fois-ci.

Pas réellement féru de jeu de rôle japonais, seuls les pokémon parviennent à m’enrôler dans les promesses de voyage et d’aventure dont le pays du soleil levant détient le plus grand secret. Cette licence en est un fier représentant. Ces promesses sont seules motivation et finalité des montées de niveaux et boîtes de dialogues successives que l’on consomme goulûment. Le reste est purement secondaire. Ou alors prétexte à l'aventure qui nous attend. Pas besoin de scénario trop développé, d'objectif trop complexe. L'aventure pour l'aventure.
« Attrapez les tous », la plus grande mascarade de l’humanité. Une fois notre équipe de six bestioles composée, on s’y attache, on leur donne à chacun un petit nom, des attaques adaptées, et voilà. Plus besoin d’attrapez quoi que ce soit. On pourrait traverser la planète entière en leur compagnie. Tant que le voyage se poursuit, c'est tout ce qui compte.

Cependant, ne serais-je pas d’une légère mauvaise foi en parlant de voyage, d’aventure ?
Il est vrai que les randonnées sur les reliefs volcaniques, les expéditions vers les îlots composants l’atoll d’Hoenn s’y prêtent sans doute mieux qu’aucun autre lieu qu’aucun autre jeu pokémon ne pourrait proposer. Mais si je cherchais vraiment le voyage, l’aventure, je ne relancerai vraisemblablement pas le plus vieux jeu que possède. Pas un jeu que je connais si bien, dont les musiques, les péripéties me sont si familières.
La découverte est tout de même une composante majeure du voyage, il me semble. Et pourtant je n’ai pas lancé le dernier pokémon que je ne lancerai très certainement jamais. Pas plus qu’un autre jeu de rôle japonais qui vend le voyage comme moteur de son expérience, il y en a tellement.
Des découvertes, j'en fais toujours, hein. Rien que ces derniers mois, j'en ai fait un bon paquet, et des bonnes. Mais ces découvertes, aussi agréables soient-elles, ne frappent jamais aussi fort que durant l'enfance (ou l'idée que je m'en fais). Ce qui nous pousse régulièrement à replonger dans certaines œuvres clés, celles qui ont tapé le plus fort.
Un comportement tout à fait naturel que celui-là. Il ne marche d'ailleurs pas trop mal, pour un temps seulement. Car revenir des années après sur des terres précédemment foulées évoque nécessairement les souvenirs précédemment vécus. C'est agréable. Régulièrement on y retourne. Jusqu'à la fois où l'expérience primaire, celle que l'on s'efforce de retrouver, se retrouve noyée sous les multiples retours qui représentent finalement la majorité de notre histoire avec ces terres.
À présent elles n'évoquent plus rien à part elles-même. Le filtre de la nostalgie, le mot est lâché, n'est plus.
Ça aura au moins eu le mérite de me laisser constater que Pokémon version Saphir est foutrement bon. Peut-être pas autant qu'avec le filtre mais eh, il aurait très bien pu se révéler moisi. C'est déjà ça.

Faut croire que je suis bel et bien venu chercher ce sentiment de découverte que j’ai ressenti il y a une quinzaine d’année. Ce qui est complètement con si je n’ai plus rien à y découvrir. Mais voilà, j’ai passé ma vingtaine d’heure à Hoenn, une fois de plus, pour finalement redevenir maître de la ligue pokémon. Et en ressortir vaguement frustré puisque je n’ai pas retrouvé ce que je suis venu chercher, ce que je ne peux trouver, ce que le bon sens m'empêche de trouver.
Le jeu reste qualitatif, c’est pour ça que je l’ai fini. Je recommande. Mais bon, je l’achève sur un constat plutôt amer : la nostalgie, tout comme le temps, n’est que passagère.

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