DEVELOPPEUR : UBISOFT MONTREAL
PLATEFORME : PC
Malgré un second épisode qui, s’il n’était pas dépourvu de qualités, avait divisé les joueurs à sa sortie de par une évolution d’ambiance fort marquante; Ubisoft revient avec un troisième volet de la licence Prince of Persia afin de conclure sa trilogie débutée deux ans plus tôt. L’occasion de rassembler tous les joueurs et de permettre un dernier run au prince pour achever la ligne de son destin.
Prenant place environ un mois après les événements survenus sur l’Ile du Temps à la fin de L’Ame du Guerrier, Les Deux Royaumes nous conte le retour du prince dans sa cité de Babylone. Débarrassé de la menace du Dahaka, Kaleena l’Impératrice du Temps à ses côtés, notre héros s’apprête à savourer un repos bien mérité. Cruelle désillusion donc lorsque sa première vision est celle d’une ville assiégée à feu et à sang. Bien vite, notre acrobate réalise la nature de cette nouvelle menace : en inversant le bon déroulement du cours du temps, les événements survenus à Azad (voir Les Sables du Temps) ne se sont jamais réalisés. De fait, le vizir est toujours vivant, et son ambition démesurée d’immortalité est toujours bien présente.
Prince of Persia Les Deux Royaumes jouit d’un excellent prologue qui plonge directement le joueur dans l’action de son scénario tout en instaurant son ambiance. Conservant cet aspect plus mature ébauché dans le second épisode, il renoue toutefois avec l’ambiance des Sables du Temps, ce qui est fort bienvenu.
Les habitués de la série seront ainsi en terrain connu, la prise en main du prince n’ayant d’ailleurs pas changé par rapports aux titres précédents. Aussi l’excellent qualité des phases de plateforme se réitère à nouveau, et le plaisir à les effectuer est toujours présent. On pourra également profiter des quelques nouveaux mouvements mis à notre disposition : en plus de tourner autour des perches présentes sur son parcours, le prince pourra se poser en équilibre dessus à présent. Egalement, certains interstices sur les murs seront bien utiles pour planter la dague et poursuivre les phases d’escalade. Le chemin à suivre pour avancer est toujours très évident et intelligemment mis en évidence par les angles larges de caméra, aussi on progresse assez rapidement sans jamais vraiment s’arrêter pour réfléchir à son orientation. D’aucun y verront peut-être une trop grande facilité (d’autant plus que l’aspect très ouvert des environnements et les possibles allers retours de L’Ame du Guerrier ont disparu cette fois-ci), et ils n’auront pas forcément tort. A contrario, on profite d’un acheminement naturel et aisé pour le joueur, les fontaines dédiées aux bonus de santé étant également très clairement visibles sur le chemin. Les quelques moments de pause sont comme d’habitude l’occasion de se confronter à quelques énigmes à base de mécanismes à actionner par des leviers, dans la tradition de la série. Jamais insurmontable, ils ont à nouveau la fonction essentielle de varier les plaisirs en incitant à une certaine réflexion.
Evidemment, une fois n’est pas coutume, notre héros fera également parler le guerrier qui est en lui. Largement amélioré dans le jeu sorti l’année précédente, on retrouve ainsi la panoplie de mouvements hérités (les décapitations et le sang en moins toutefois). Mais cette fois-ci, les développeurs ont visiblement tenu à ce que le joueur puisse varier sa façon d'appréhender les affrontements. La dague faisant cette fois-ci office d’arme principale, elle permet au prince de se faufiler silencieusement dans le dos des ennemis pour les assassiner froidement. Bien que les gardes soient passablement aveugles à moins que l’on ne se retrouve exactement sous leurs yeux, ce qui facilite grandement leur élimination, on prend un vif plaisir à grimper sur une poutre, puis courir sur un mur pour se laisser tomber derrière notre cible. Probablement influencé par God of War sorti quelques mois plus tôt, un bref QTE permet une petite chorégraphie afin de se débarrasser de l’adversaire. On atteint pas la rigueur d’un Splinter Cell, certes, mais les interactions s’avèrent plutôt naturelles. Et en cas de repérage, il est temps de faire parler le fer. Une liste de combos permet de varier les enchainements, bien que l’on réalise rapidement que certains mouvements sont imparables (projection depuis un mur). On regrettera également qu’il ne soit plus nécessaire d’adapter sa stratégie d’attaque en fonction des ennemis, ceux-ci pouvant tous être éliminés de la même manière. On remarque que certains combos s’avèrent tantôt efficaces, tantôt sont bloqués sans réellement de logique. Au final, on enchaine un peu toutes les possibilités d’attaque sans réellement définir un assaut à privilégier selon le type d’adversaire.
Une nouveauté de taille vient cependant faire son apparition dans ce Prince of Persia Les Deux Royaumes : le dark prince. Double maléfique de notre héros né de la quintessence de ses mauvais penchants (arrogance, vanité...), il permet une variation de gameplay bienvenue dans diverses situations. Ainsi, cela permet de jouir d’une réelle puissance lors des combats, la chaine nouvellement acquise permettant d’enchainer les coups rapidement pour se débarrasser des assaillants. Cette forme pernicieuse est toutefois également disponible hors affrontement lors des phases de plateforme, ajoutant même quelques nouveaux mouvements. On retrouve alors l’idée de gameplay du Sand Wraith de L’Ame du Guerrier avec cette jauge de vie qui diminue perpétuellement et ne se recharge qu’au moyen de la récupération de sable (disponible en tuant des ennemis ou en brisant les quelques poteries disposées ça et là). De fait, ce compte à rebours maquillé remémore inévitablement les courses poursuites avec le Dahaka dans l’épisode précédent, chaque erreur pouvant se solder par la mort du personnage qui n’aura ainsi pu acquérir sa prochaine recharge d’énergie.
A savoir que ces phases de transformations sont scriptées, le joueur ne pouvant contrôler cette incarnation maléfique qu’à quelques occasions (régulières) et non à sa demande. Les dialogues internes du prince avec son double permettent quelques répliques sympathiques, le scénario se voulant plus ambitieux mais ne réussissant jamais vraiment à décoller. Aussi, l’affrontement final s’avère à nouveau assez quelconque, réussissant tout de même à être de meilleure qualité que celui des Sables du Temps (ce qui n’était pas dur). Les quelques boss que l’on rencontre au fil du jeu quant à eux seront vite expédiés sans vraiment marquer le joueur. A l’inverse, on aurait préféré avoir au moins une course de chariots supplémentaires, ces brèves séquences étant plutôt sympathiques et plaisantes à jouer !
La réalisation globale s’avère quant à elle convaincante, avec des décors plus fouillés et travaillés, on distingue notamment la richesse des ornements du palais et la désuétude des quartiers de la ville basse. Toutefois, les animations font plutôt peine à voir à aujourd’hui et s’avèrent très limitées. Si le chara design est plutôt plaisant concernant le prince, son double maléfique ou encore Farah, il n’en est pas de même concernant le vizir dont l’apparence laisse dubitatif. On relève également une VF ne lui correspondant pas du tout (pour un doubleur de qualité cependant). Le mixage des voix est d’ailleurs mystérieusement atroce, parfois inaudibles lorsque des effets ou un thème musical viennent supplanter le spectre sonore et ce, même en tentant d’égaliser tout ceci dans les réglages.
Ainsi s’achève la trilogie des Sables du Temps initiée par Ubisoft. Un troisième opus qui se révèle d’une très bonne qualité, dans la droite lignée de ses prédécesseurs et corrigeant les errances de L’Ame du Guerrier pour revenir à une formule plus consensuelle. En résulte ainsi un travail soigné et maitrisé, mais également un manque d’évolution réelle dans ses mécaniques de jeu (combats moyens, courses sur les murs, couloirs piégés, etc...). L’approche furtive et la transformation en dark prince apportent toutefois quelques nouveautés bienvenues. Une chose est sûre : ceux ayant apprécié les titres précédents peuvent sans problème s’essayer, à celui-ci, ils ne seront pas déçus !
LES PLUS:
- Un retour à l’ambiance originelle bienvenue
- Les phases d’infiltration sympathique
- Variété de gameplay avec le dark prince...
LES MOINS:
...mais peut-être sous-développée
Combats encore assez brouillons
Les phases de plateforme ne se renouvellent pas
Retrouvez mes tests des jeux Prince of Persia précédents :