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The Last of Us sur PlayStation 3 par gordongraf

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Version PlayStation 3

Il est des jeux qui sont annoncés comme des chefs d’œuvre bien avant qu’un badaud ne puisse mettre les pognes dessus. Ses jeux autoproclamés révolutionnaire qui sont marquetés comme le nouvel étendard de l’art vidéoludique. On a beau se dire qu’on nous la fera plus, que ce sont de belles paroles, les premières images dévoilées font mouche et on se prend à ronger son frein en attendant de tester le bébé. Et pourtant quand les phases de gameplay de The last of us furent dévoilées la révolution n’avait pas l’air d’être au rendez-vous, certes c’est magnifique, la technique de Naughty Dog n’est plus à prouver, mais on a l’impression de se retrouver devant un hersât de Uncharted version survival horror.

Etant passé à travers les mailles du filet, j’arrive à me procurer la galette via un pote qui me vend le projet de façon sincère. Ok qu’à cela ne tienne, une petite pause dans GTA me fera du bien et je décide de partir vers une Amérique post apocalyptique accompagné d’une gamine de quatorze ans.

this is a revolution!

Quand on me vend une œuvre vidéoludique soit disant artistique, j’espère toujours que le gameplay soit le réel vecteur d’émotion, et pas le scénario qui frise souvent le classisico débilo twist. A la manière d’un Shadow Of The Collosus ou d’un Journey où le gamer entre réellement en interaction avec le jeu et pas un jeu cinématique qui flirte avec le plus mauvais cinéma d’Hollywood. C’est à cet instant précis que le jeu vidéo grandit et se démarque grâce à des codes qui lui sont propre. Donc quand Sony me vend la relation entre Joël et Elie (les deux personnages principaux) comme quelque chose de réellement intense, je hausse un sourcil soupçonneux, mais je me prends tout de même à rêver d’un Ico nouvelle génération. Encore trop optimiste ce Gordon !

Alors mettons les choses au clair tout de suite, le gameplay de The last of us est loin d’être mauvais, il se révèle même plutôt fun à la manière d’un Uncharted, les phases de grimpette de Drake, ayant étaient remplacés par du survival old school. Et c’est vrai, ça fait plaisir de retrouver du bon survival où le moindre faux pas a des conséquences. (Je conseille de faire le jeu en difficile pour plus de ressenti) Peu de vie, Peu de bastos et donc plein de stress comme à l’époque d’un bon Resident Evil, à une différence près : Les checkpoints trop nombreux qui nous permettent une marge d’erreur relativement large. Fini le temps ou on flippait vraiment car on n’avait pas assez de rouleaux encreur et qu’il fallait tout se retaper si on se faisait chopper. Bon je pinaille surtout que le jeu propose de désactiver les options d’aide, comme le mode détection par exemple. On se console en se disant que les vrais survival sont trop rares pour ne pas prendre son pied, le genre ayant laissé sa place au shooter horrifique comme la série des Resident Evil ou des Dead Space.

Mais là où je m’agace c’est sur L’IA des alliés, La soit disant complicité qu’on nous avait vendu n’existe pas. Pire il est des moment où vous aurez simplement envie de coller une bastos dans la caboche d’Elie tant son IA est foiré, la petite se mettant parfois sur votre chemin lors de phases particulièrement compliquées, vous obligeant à recommencer des phases de jeu complètes. A savoir aussi que la gamine est quasi invincible, voire invisible, passant devant les infectés tranquillement sans que ceux-ci ne la voient. Alors oui de temps en temps elle balancera une brique sur la tronche d’un vilain pas beau, mais c’est pas ce que j’appelle une révolution de gameplay ! Du coup on a jamais peur pour elle et on se contente de s’occuper de ses fesses.c’est déjà pas mal!

En même temps, on voit mal le DA de chez Naughty Dog nous vendre le projet du genre « En fait Elie elle sert à rien, des fois même elle vous cassera les couilles car elle est capable, ni de nager, ni de monter un rebord de 2 m. Non en fait on l’a mise pour vous prouver qu’on sait modéliser des adolescentes avec des yeux mouillants » C’est honnête mais ce n’est pas très vendeur.

L’âge ingrat

Mais alors d’où vient toute cette émulsion de bonté envers ce jeu ? Pourquoi tant de gens crient au génie, au chef d’œuvre ?
Déjà la technique du jeu est plutôt impressionnante et The last of us s’impose comme l’un des plus beaux jeux de sa génération. Et cette technique est au service d’un design particulièrement réussi et soigné tant dans le fond que sur la forme. La motion capture permettant maintenant des prouesses en termes d’animation, les visages on rarement étés aussi expressifs et touchants. On voit ici que la barrière froide et immobile de la technique apparente a été franchie. Elie est tétanisante de réalisme, chacune de ses interventions est touchante et on se prend d’affection pour un amas de pixels et de polygones. Mais le photoréalisme ne fait pas tout, les personnages sont en effet servis par un scénario et des dialogues brillants. Moment de répit après les phases de gameplay qui nous mettent sous pression, les cinématiques servent de palier de décompression et démontre le soin apporté à l’univers et à ses protagonistes. Ça me fait mal au cul de le dire, mais oui, ici ce qui fait que la force du jeu, c’est bien son côté cinématographique. L’alternance entre gameplay et cinématiques est tellement bien dosé que l’on continue à jouer juste pour connaître la suite de l’histoire. Fonctionnant comme une récompense à la manière des vieux final fantasy où après un boss bien coriace on pouvait s’extasier devant une vidéo magnifique en image de synthèse. Tous les personnages sont traités dans leur entièreté et tous, je dis bien tous, ont un doublage parfait. Plus de voix à côté de la plaque, plus de grosse voix caricaturale. Ici tous les personnages ont une prestance de par leurs doublages (y compris en VF), leurs designs, leurs situations et leurs actions.

Et donc je rends les armes, ils avaient raison. J’ai beau me le répéter cent fois, je ne peux pas faire autrement que de conserver dans ma mémoire la bouille si mignonne d’Elie, j’ai adoré les moments où elle découvre un monde qu’elle ne connait pas, où Joël lui explique la futilité de la vie passée, où elle s’émerveille devant la nature qu’elle ne connaît qu’à travers les livres. Son optimisme, sa gentillesse, sa mauvaise humeur, son courage, ses folies passagères. Elie est, à ce jour, un des personnages les plus fascinants du jeu vidéo. L’attachement dont nous sommes victime nous permet même de tourner la dernière page deThe last of us avec un égoïsme triomphant, la morale entachée mais le cœur libéré. Il y a des convictions qui ne durent que le temps d’une pensée, Pour moi ça aura été le temps de The last of us. On dit souvent que le jeu vidéo est à la période de son adolescence, et à la manière d’Elie, il peut faire preuve d’un comportement débile et chiant mais arrive toujours à nous surprendre et à devenir par moment l’esquisse de ce qu’il sera un jour je l’espère, un produit mature qu’on aura accompagné à ses débuts. Il est possible que The last of us m’aurai tout autant touché si il avait été un vrai film ou une série, mais au final je m’en fous ! Je le prends comme il est. Un produit qui certes reste classique dans sa fabrication mais qui sert un scénario brillant. Il est de plus en plus rare que les jeux laissent des souvenirs indélébiles. Ici c’est le cas et il s’appelle Elie.

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