Le passage du mur du son dont on entend le bruit 10 ans plus tard
Le trip After Burner, moi je veux bien ! Comme le disais une de mes collègues, c'est "so années 80". Et c'est vrai ! Mais attention, là ou Herbert Leonard nous fout la honte dans le registre eighties, After Burner remonte le niveau.
C'est l'époque où le jeu vidéo était une fin en soi. Nul besoin d'épaisseur, ni forcement d'une grande subtilité. Le terme de gameplay - même si le concept existait bien entendu - n'était pas utilisé. Il y avait simplement ce qu'on parvenait techniquement à faire à une époque où tout restait à découvrir, à conquérir. Et quand After Burner débarque, dans le sillon sonique de Top Gun, on se prend 3G (l'accélération, pas la technologie mobile) dans la figure.
Presque 25 ans après la première sortie du titre original, Sega remet ça à l'époque du 1080p avec une édition "Climax" reprenant les grandes lignes du modèle d'origine. Ici, on ne va pas s'embêter à lire 500 lignes de dialogues en guise d'introduction pour comprendre pourquoi il faut se battre. Comme à l'époque des meilleures offensives au Moyen-Orient, on comprend qu'il y a quelque part des méchants et que nos bons missiles vont avoir quelques cibles à se mettre sous la dent.
On part dans les airs et on se retrouver propulser à pleine vitesse face à des nuées d'appareils et de défenses ennemis, compensant par leur nombre leur apparente infériorité technologique (3 balles dans la carlingue et j'explose). Le trip est résolument orienté arcade et ce sont principalement vos réflexes qui seront mis à l'épreuve avec d'éviter autant que possible les missile ennemis et d'enchainer les désinguage d'avions.
Alors oui, effectivement, la petite bébête de la nostalgie nous titille. Il y a bien ce petit goût qu'on se souvient d'avoir eu en bouche il y a bien longtemps. Et il y a ce concept très oublié chez les vieux joueurs du plaisir immédiat (mais si, celui qu'on retrouve aujourd'hui dans le casual gaming mais qu'on critique dès qu'on peut).
Après, il y a quand même ce sentiment de retrouver notre jouer de quand on était gamin. Le jouet n'a pas trop vieilli mais nous on a pris 25 ans, et nos standards ont évolué. On a rien contre l'arcade, mais il n'en reste pas moins que la plupart de nos exploits résultent parfois plus d'un concours de circonstances ou d'une largesse de la console plutôt que d'une action bien menée ou construite.
Il y a certes le petit plus du "climax", cette fury permettant, dans un passage en bullet time, de verrouiller un max de cibles pour effectuer un combo détonnant. Bienvenu en effet.
Alors voila. A l'aune de cette expérience, faut-il acheter ce titre. La réponse est : "à quel prix ?". En réduction, After Burner Climax est une expérience revival valant autant par son témoignage du passé que par son intérêt propre, pas inexistant - loin de la - mais aussi limité que la durée de chaque run. A taux plein, je m'interroge.
Et s'interroger, dans After Burner, c'est bien la dernière chose qu'on a le temps de faire !