Dans les années 2000 le jeu vidéo change, certains genres et certaines licences ne résistent pas à l’évolution des attentes du public. La belle 2D et le rythme arcade et palpitant du run and gun ne plaisent plus à un public qui veut de la belle aventure en 3D. Si la saga totémique Metal Slug a perdu de sa superbe à l’époque, elle est toujours présente. Mais peu de concurrents existent, la saga Contra est moribonde et le petit nouveau CT Special Forces et d’autres essais sont restés dans l’ombre.
En 2002, Alien Hominid n’est qu’un petit jeu Flash sur internet, mais il remporte son petit succès. Le jeu est alors étoffé pour une sortie en 2005 sur tous les supports ou presque, même la Gizmondo (la quoi?). Le studio the Behemoth devient alors un des pionniers de la scène indépendante, dont il sera l’un des plus ardents défenseurs du milieu à une époque où les grandes compagnies contrôlent encore tout.
Pour ce premier jeu, ils revisitent donc le charme simple de ces jeux d’action en 2D. Notre machine à tuer en question est un extra-terrestre convoité par différents gouvernements bien curieux de la lui faire à la Roswell. Mais il n’est pas d’accord. Chaque tir compte, du côté ennemi ou joueur. De très nombreux boss sont présents, avec différentes phases plus originales, telles celle dans un trafic routier ou en soucoupe volante. L’action est soutenue.
Le jeu ne manque pas d’idées. Et le rythme du jeu est frénétique, dans un certain élan de jeunes développeurs un peu sur-excités. Car c’est bien là que le blaster blesse. Non seulement Alien Hominid manque cruellement de précision, mais les tirs ennemis sont nombreux et trop souvent mal visibles. Ils ne se distinguent que mal du décor, quand en plus certains ne sont pas cachés par certains éléments. Un bon jeu d’arcade doit être lisible, pour pouvoir réagir au plus vite. Ici, ses imprécisions agacent terriblement, certaines morts seront injustes.
Comme pour compenser les nombreuses frustrations, le jeu propose un grand nombre de vies, presque indécent. Cela ne suffit pas toujours à passer un niveau, la difficulté est relevée. Mais cela donne une impression un peu lasse d’enchaîner les morts jusqu’à ce qu’enfin « ça passe ». Sans la savoureuse satisfaction d’avoir réussi à la force de l’expérience et de l’instinct.
Visuellement chargé, Alien Hominid propose un style flash typique de l’époque et surtout des moins bien inspirées productions sur internet. Quelques petits détails permettent de passer la pilule visuelle, comme certaines bouilles et animations, mais le tout a assez mal vieilli, en plus de desservir le jeu. Tous les éléments ne ressortent pas bien, c’est parfois pénible de « lire » l’action.
Quel dommage. L’idée était louable. Mais Alien Hominid est peu agréable à l’oeil, et trop injustement punitif pour apprécier d’être joué. Il a de l’idée, mais apparaît comme une œuvre de jeunesse, avec une certaine énergie mal canalisée et un manque de recul sur le gameplay. Le studio se rattrapera par la suite, parait-il.