(Non, ce n'est pas le thème du jeu. C'est le thème du joueur qui assiste impuissant à la lente descente aux enfers d'une saga qu'il avait appris à aimer.)

Quelle étrange histoire. Née des aspirations créatrices d'un compositeur accompli qui se rêvait game designer et créateur de mondes, la série Ar Tonelico a reçu à ses débuts suffisamment de poussière de fée pour prendre son envol avec plus de grâce que de maladresse.

Une bande son envoûtante dans le premier épisode, merveilleuse dans le second, tissée de chœurs dissonants et de mélodies occasionnellement psychédéliques.

Un humour parsemé d'innocents clins d'œil sous la ceinture qui, plutôt que de desservir des personnages bien construits, leur apportait une dimension sympathique.

Et puis, pouf.
Ar Tonelico 3.

La bande-son se révèle moins inspirée (sauvée des eaux par la riche idée de confier deux arrangements à Yoshitaka Hirota, le très torturé compositeur de Shadow Hearts).

Le fan service moe se fait pesant au point d'en devenir irrespirable, peu aidé par des traits d'humour soudain plus épais que le tronc d'un baobab boulimique.

Disparue la fraîcheur, évaporé le précaire équilibre entre raison et déraison.

De maladroitement attachantes, les héroïnes sont devenues insipides voire crispantes et, pire que tout, prévisibles. Le cast est heureusement secouru par de très bons personnages secondaires (Mute !!), dont quelques revenants des précédents épisodes.

Plus qu'une suite moyenne, Gust réalise dans Ar Tonelico 3 une auto-caricature de sa propre série.

On en revient ainsi à la question de départ.

Aussi frustrante que puisse être l'expérience AT3, elle n'en garde pas moins une saveur particulière. Difficile de refuser une nouvelle plongée –en haute définition de surcroît– dans ce magnifique univers, qui continue à vivre et se développer quelle que soit la qualité des héros arbitrairement parachutés.

Le mythos déjà dense de la saga s'enrichit de nouveaux lieux et concepts ; on prend plaisir à évoluer dans cet univers qui grandit d'épisode en épisode.

Et tant pis si l'intrigue n'incite pas le joueur à se dépasser ; ce monde vaut la peine d'être sauvé.

Alors on pardonne un peu.

- Note : si vous n'avez pas joué aux deux volets précédents, il devient beaucoup plus difficile de tolérer les excès et les travers d'Ar Tonelico 3. Joueur averti en vaut deux.-
ignis
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le 23 août 2011

Critique lue 600 fois

ignis

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