Assassin's Creed, on est d'accord que c'est un peu devenu n'importe quoi. Les épisodes sont au mieux buvables, les anciens regrettent les premiers épisodes et les nouveaux sont rapidement dans la désillusion. Pourtant, ce nouvel opus propose de bonnes idées. Des personnages très intéressants mais remarquablement bâclés car non introduits et jamais mis en avant. On pense notamment au méchant de l'histoire dont on en sait pratiquement rien si ce n'est qu'il est sûrement l'ancêtre de tous les hipsters du monde vu sa coiffure et sa moustache. Il a l'air cool, il est cool mais on en est jamais sûr parce qu'on commence à la connaitre qu'à la fin. Et c'est la même chose pour tous les personnages.


Dans chaque récit, chaque histoire, chaque fiction, il y a un prologue. Dans l'Etranger de Camus, y'a un prologue. Dans La ballade de l'impossible, y'a un prologue. Dans La Liste des Sept, y'a un prologue. Dans Taxi Driver, y'a un prologue. Dans A Bittersweet Life, y'a un prologue. Dans L'été de Kikujiro, y'a un prologue. Même dans la poésie, y'a des prologues. Dans AC premier du nom, y'a un prologue. Dans AC3, y'a un prologue. Mais pas dans les derniers Assassin's Creed. On a bien droit a une petite mission qui ne dure pas plus de dix minutes et qui sera donc l'équivalent des premières séquences (oui, séquences) de AC2, par exemple, où l'on nous présente les deux jumeaux Frye, nouveaux héros de ce volet. Le duo, quoiqu'un peu cliché, est bien foutu, honnêtement et tout le monde s'accorde plus ou moins à le dire. L'un est comme ci comme ça qu'est-ce que je fais et l'autre est comme ça comme ci qu'est ce que je fais. Mais on ne sent aucune conviction en eux. Ils avaient tous quelque chose à revendiquer avant, ces cons d'Assassins. Altaïr voulait redevenir le best parce qu’obnubilé par sa rétrogradation jugée injuste. Ezio voulait se venger. Connor voulait reprendre son territoire ainsi que celui de ses potes et même Edward semblait vouloir faire quelque chose, s'en mettre plein les fouilles (logique vu le personnage, en fait). Ils veulent quoi le Jacob et la Evie ? Reconquérir Londres, ouais, moi je veux bien mais pourquoi ? Ils sont même pas de Londres. On sait pas pourquoi ils y vont ? Sur un coup de tête après la première mission en plus. C'est pas la peine de construire des personnages assez intéressants de prime abord pour éviter de les introduire et de les développer. Sans parler de leur "mentor", un indien (semble-t-il) venu faire le cake en Angleterre et qui fait d'ailleurs office de boulet de service. Le type se pointe comme un con sur un toit en mode " hey, mais vous seriez pas les jumeaux machin ? Hé hé, c'est moi le patron ici ". Le patron de quoi ? Y'a que trois assassins dans tout Londres ? Juste trois assassins et c'est eux qui vont renverser le pouvoir ! Putain, mais Ezio avait l'ordre d'Italie à ses pieds. Connor avait énormément d'alliés parmi les insurgés ! Haytham avait tout le soutien des Templiers et j'en passe. Là, ils sont que trois. Juste trois, enfin, deux et demie et ils arrivent à niquer le patron des méchants sans oublier de niquer un à un chacun de ses subalternes. Expliquez. Je veux bien que ça soit un jeu vidéo mais c'est pas un peu fort ? Même dans MGS3, si Snake arrive à éviter une catastrophe mondial, il est pas seul. Y'a son équipe sans parler de ses alliés sur le terrain et l'appui de certains pays. Faut pas déconner.
Toutes les cinématiques tombent à l'eau avec des dialogues sans saveur, des plans mal pensés et j'en passe. Toutes sauf une. Une excellente scène, celle de la danse dans la dernière mission. Très bonne initiative de la part d'Ubisoft. Sans déconner, c'était une superbe idée. Sauf que ça dure que 40 secondes et qu'on retrouve lesdits dialogues tout pourris.


Heureusement, tout n'est pas à jeter dans cet opus. Le level-design notamment est très travaillé. Surtout les missions qui se déroulent en intérieur. Il faut ruser, trouver des angles d'approches, faire gaffe, attirer les ennemis. C'est dommage aussi que les missions dites d'assassinats sont si faciles à effectuer avec finalement très peu d'opportunités surtout si l'on ose comparer ces dernières à celles d'Hitman par exemple. On est d'accord que ça fait plutôt mal. Le système RPG n'est pas une mauvaise idée en soi mais ça ne colle pas du tout à au côté action-aventure du soft. Le craft est encore mal foutu. Les composants et les ingrédients sont pas forcément dur à trouver mais éparpillés un peu au hasard dans la ville. Inutile de parler des améliorations qui ne servent finalement pas à grand chose vu la durée de vie se révèle assez courte et que le jeu en lui est encore une fois très facile. Obtenir ces améliorations sans notion d'XP aurait été bien mieux. Comme c'était le cas dans AC2 ou AC1 par exemple. L'idée du grappin, penchons-nous sur ce cas, n'est pas détestable même si ça facilite grandement les déplacements... on ne peut pas viser de point d'accroche ni s'en servir contre les ennemis. Et pourtant, ça aurait été assez cool. Pour les pendre par exemple comme la dague à corde introduite dans AC3.


C'est dommage, ce Assassin's Creed a pas mal de qualité. C'est plaisant à jouer, la recette marche mais... sans aller plus loin. Le level-design est très bon, les personnages, à défaut de fonctionner car jamais introduits et développés, sont intéressants mais c'est tout. L'ambiance est là pour ce Londres des années victoriennes. C'est déjà largement mieux qu'Unity, vraiment. On remonte un peu la pente mais... bon sang, revenez aux bases de la licence, revoyez votre narration et votre scénario. Y'a aucune phase dans le présent. On a aucune immersion, aucune empathie pour notre personnage. Racontez votre histoire au lieu de la bourrer de produits dérivés.


Au moins, un bon point ! Bon point qui revient à chaque sortie d'un nouvel AC : le roman adapté du jeu est excellent. Toujours le talentueux Oliver Bowden qui s'y colle, c'est super bien écrit, on explore une période non contée dans le jeu, c'est intéressant même si cela n'égalera pas le flamboyant et magnifique Forsaken qui racontait la vie d'Haytham Kenway. C'est là où on se dit qu'Assassin's Creed, ça aurait dû être une saga littéraire en fait. Ecrite par Oliver Bowden. Voilà. C'est tout ce que j'ai à dire à propos de ça.

Djokaire
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Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les jeux sur lesquels vous avez passé le plus de temps en 2015 et Les meilleurs jeux Assassin's Creed

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le 25 nov. 2015

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Djokaire

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