Y'a quelques jours, la cathédrale Notre-Dame de Paris prenait feu. Ubisoft, dans un élan de grande bonté, offre Assassin's Creed : Unity. Trop bons, les gars. Donc j'en ai profité parce que mine de rien, de voir la flèche et le toit de la grande Dame s'effondrer ça m'a fait un petit pincement au cœur (c'est souvent que j'attendais mon RER C en flanant sur l'île de la Cité et aux abords de la cathédrale). J'aurais pas mis un kopeck dans cet Assassin's Creed, licence que j'ai lâché après Brotherhood (que je n'ai pas terminé), tant j'étais saoulé de l'habituelle collectionnite que propose Ubisoft. Je n'ai donc pas joué aux jeux entre Brotherhood et Unity. Ceci est le résumé, court, d'une re-découverte.
Ce qui ne va pas
Autant commencer par ce qui fâche... les défauts. J'ai quelques reproches à lui faire :
• La politique des micro-paiements. On est bien dans un jeu Ubisoft où on vous propose des centaines d'items plus ou moins esthétiques pour vos personnages, dans un jeu solo, et certains ne sont disponibles qu'en allongeant de la tune, de la vraie. Honteux. On a même quelques petits messages incitants à l'achat de monnaie virtuelle (avec de la vraie tune, hein). Honteux. On a des DLCs contenant 4 pauvres armes et 2 armures pour 4€... Honteux. Je ne peux que vous encourager à ne pas participer à cette connerie et ainsi ne pas encourager ce genre de pratiques de la part des éditeurs. À sa sortie AC:U coûtait 60€ sur PC... y'en a autant en contenus additionnels. Honteux.
• L'optimisation du jeu. C'est pas terrible... Parfois il est magnifique, parfois pas. Parfois ça rame, parfois pas. J'ai eu quelques bugs (non bloquant) au cours de certaines missions : des bugs de cinématiques, de son, graphiques... On sent très vite qu'il y a un manque de finition sur bien des aspects. Le jeu a plus de 4 ans, Ubisoft a dû l'abandonner pas longtemps après la sortie. Mais les micro-paiements sont toujours là, et ça empêche pas Ubi de faire sa promo grâce à un incendie...
• Le moteur de "parkour". Je découvre dans cet AC que le parkour (le moteur qui permet de grimper et courir un peu partout) a évolué pour proposer deux options : parkour vers le haut, ou vers le bas. Au début j'ai pas trop saisi l'utilité mais à force ça commence à venir et j'trouve que c'est plutôt une bonne idée... mais j'ai l'impression que par rapport à Brotherhood, le parkour est beaucoup moins fluide et plus casse-gueule. C'est sans doute dû aux très nombreux points d'accroche et obstacles qui composent la ville de Paris ; parfois je veux aller tout droit, le personnage va à gauche (ou à droite), parfois il avance pas pendant quelques secondes... puis il se remet en route, parfois il veut pas descendre, ou il veut pas monter, parfois c'est une galère de passer à travers une fenêtre. Le comble : montez sur une chaise et vous galèrerez à en redescende. Ha ha ! C'est chiant. J'me fais parfois gauler par des gardes à cause de ce manque de précision dans le déplacement.
• Le scénario. J'y ai pas passé beaucoup de temps mais ça commence mal. C'est du réchauffé, du classique, du vite-fait... Ça donne pas envie de suivre la trame de missions principale. Vraiment pas.
• L'emphase sur le jeu en coop. Alors c'est génial... on peut jouer en coop à AC:U, mais moi j'en ai vraiment rien à secouer. Et pour débloquer certaines pièces d'équipement ou certaines armes, je suis « obligé » de faire certaines missions en coopération. Mouais...
• Le bordel de missions et d'affichage. Y'a beaucoup, beaucoup, beaucoup de trucs à faire dans ce jeu (pas tous intéressants, Ubisoft oblige) et c'est bien... mais c'est confondant. La map est constellée d'icônes en tout genre (mais ça se paramètre). Le HUD ultra-fournit (mais que l'on peut paramétrer, cool) n'aide pas.
Ce que je soumets à votre jugement
Y'a aussi des trucs qui me chagrinent mais qui ne sont pas forcément des défauts, tout dépend le point de vue.
• La progression dans l'équipement. Un peu étonné, on achète l'équipement depuis le menu start et les items les plus puissants sont disponibles dès le début. Il faudra juste l'acheter. Et donc la progression en puissance se fait en fonction de la tune qu'on accumule. J'aime moyen ça, j'aurais aimé être introduit par le scénario à ces objets (comme ce que j'avais connu dans ACII et Brotherhood). Comme je ne me suis pas intéressé à la quête principale, et que j'ai pas mal farmé à côté, je me retrouve avec un stuff sur-dimensionné par rapport aux missions de la quête principale. C'est pas dérangeant, mais... ça tue tout sens de progression. J'aurais cru qu'Ubisoft saurait gérer la progression dans un monde ouvert, avec le temps... bah nan.
• La progression, tout court. Du coup, c'est tout le système de progression qui peut déranger. On est libre d'aller où on veut, dès le départ... Donc on peut se retrouver à participer à des missions un peu balèzes, bon ça c'est pas un soucis, c'est un défis, mais surtout ce sont pour certaines des missions qui peuvent spoiler la trame principale. C'est bof...
• La multitude d'objets à collectionner. Comme d'hab, comme dans tous les mondes ouverts Ubisoft, vous pouvez ramasser des quantités astronomiques de "trucs", disséminés sur la carte. C'est plus ou moins utile (voire totalement inutile pour certains "trucs", j'ai l'impression), et ça pourrit la map... M'enfin pour les adeptes de la collectionnite et du 100% ça peut être rigolo, car y'a beaucoup à faire.
• L'enjolivement de la révolution. AC:U n'est évidemment pas réaliste en ce qui concerne le fil historique de l'époque, et ce n'est pas ce qu'il faut en attendre puisque ça a toujours fait partie des jeux de faire un mélange d'Histoire et de fiction, pour magnifier la guerre opposant les assassins aux templiers. Par contre, le jeu aurait pu être moins manichéen au regard des révolutionnaires et des royalistes. Y'a les gentils d'un côté, les méchants de l'autre. La révolution a servi le peuple, et c'est génial. Mouais... mais en fait non.
La raison pour laquelle j'y joue
J'dois admettre qu'après quelques dizaines d'heures de jeu, je ne suis toujours pas conquis par les bases de cet AC:U. Le gameplay ne présente pas une grosse évolution pour la série, le scénario ne m'intéresse pas, les missions sont répétitives... Alors pourquoi j'y joue encore ?
Paris.
(Petit soliloque intime.) J'ai habité durant 30 ans en région parisienne, et ai travaillé durant 10 ans sur la capitale. Je n'aime pas cette ville ; elle pue, elle est sale, et ses habitants sont des cons mal élevés. Bref, c'est la jungle. Mais j'aime les belles choses, et surtout les beaux monuments.
Paris n'en manque pas, et c'est un euphémisme de le dire ainsi. La ville regorge de monuments tous plus beaux les uns que les autres. De plus, son histoire est riche. Pourtant je ne m'y étais pas intéressé jusqu'ici (j'vous l'ai dit, je déteste cette ville). Cet épisode d'Assassin's Creed m'a donné envie de m'y intéresser.
La ville est (presque) fidèlement reproduite, les monuments (leur beauté, leur grandeur, leur stature) sont eux aussi très bien reproduits. Le jeu semble être (à quelques détails près) historiquement fidèle, concernant les lieux et leur rendu. L'ambiance, en générale, est un voyage à part entière. La ville fourmille d'activité, de détails, de petits événements, qui transportent le joueur à cette époque particulière de l'histoire de France. Alors c'est un plaisir pour moi de me laisser aller à une forme de nostalgie mêlée de curiosité naissante en me baladant sur les toits du Paris de la révolution et en explorant ses monuments (de l'époque).
« Nostalgie, » car j'aime la campagne, les vieilles bâtisses, la pierre, les tuiles, et le calme. En ce sens, parcourir Paris sans ses horreurs modernes et sans odeurs est un plaisir. « Curiosité naissante, » car pas mal d'aspects du jeu invitent à se plonger dans l'histoire des lieux.
Par exemple, dès que l'on a acheté le café-théâtre sur l'île Saint-Louis (notre repère en plein centre de Paris), on a accès à pleins de quêtes faites d'énigmes (des énigmes formulées à la Nostradamus, et qui porte son nom d'ailleurs) menant à divers lieux, mentionnant leur aspect, leur fonction, leur histoire... Ne connaissant pas Paris comme ma poche (et ne voulant pas faire appel aux nombreuses soluces se trouvant sur le net), je me suis retrouvé à écumer les fiches wikipédia et les extraits de traités d'Histoire et de géographie afin de répondre aux énigmes. J'aurais jamais cru qu'un jeu d'Ubisoft puisse me cultiver autant. Ce n'est pas une corvée, car dès lors que je trouve une mention à un monument, une église, un palais, un jardin ou une statue, j'ai de grandes chances de pouvoir le retrouver dans le jeu, et de le redécouvrir sous un nouveau jour, ou de le découvrir tout court.
Pour qui est curieux ou amoureux de Paris, ce jeu est une pépite. Pouvoir arpenter Paris est une des raisons qui ont fait que j'ai téléchargé le jeu, mais c'est devenu ma raison principale de jouer. Pour sa map, seulement, je recommande Assassin's Creed : Unity.