Aux awards des grosses bouses vidéoludiques, la version Lynx de Batman Returns s'avère un être un concurrent de choix. Un favori même. On va direct évacuer la seule force du jeu alias ses graphismes montrant tout le potentiel d'une console portable qui en avait dans le ventre. Oui c'est joli, avec des animations fluides et des effets en pagaille. Malheureusement, cela ne pèse que bien peu dans la balance en face du reste. L'écran-titre crachant un morceau agrémenté d'effets sonores type explosions du plus mauvais goût ne laissait que présager le drame à venir.
Aucune introduction, rien, on nous lance direct dans le jeu. On se retrouve avec son Batou dans un brawler 2D et on l'on se fait agresser dès les premières secondes par des hordes d'ennemis au chara-design bien moche qui repopent à l'infini, arrivant de tout les cotés. Ajoutons à cela certains d'entre eux balançant divers projectiles à distance et des game designers faisant un bon gros doigt d'honneur au joueur en implémentant des parties du décors crachant d'autres projectiles à l'infini, sans te laisser aucune fenêtre de passage et rendant impossible diverses portions de niveaux faisables sans prendre de dégâts, normalement, t'as déjà perdu la motivation de départ quand tu lances un nouveau jeu. La cacophonie des effets sonores en pagaille vient s'ajouter à la zizanie générale et après en avoir pris plein la gueule, tu découvres la cerise sur la gâteau : tu n'as qu'une seule putain de vie pour finir le jeu. Mort = game over.
J'ai essayé de manière legit un gros quart d'heure, le temps de crever en boucle avec un personnage passant les 3/4 de son temps étalé au sol sous le gangbang massif du Red Triangle Circus avant d'abandonner tout espoir de voir ne serait-ce que la fin du premier niveau. Et il y en a quatre...
Une petite manipulation plus tard pour devenir invincible parce que je n'avais déjà plus la foi, je découvre rapidement que ça n'est pas suffisant pour terrasser cet étron. Car oui, la version Lynx de Batman Returns n'aura jamais autant fait crever un perso supposé indestructible. La pire cauchemar du joueur portant un nom : le niveau 2. Un passage sur les toits où tu fais un génocide d'ordre planétaire de flics américains avec de petites phases plateformes proposant des sauts assez simples entre les différents bâtiments. Sauf que certains représentants de la loi se baladent avec un bon gros fusil à pompe dont le tir stoppe net notre héros masqué. Et évidemment, tu finis par en prendre un au-dessus du vide. Et comme que tu n'as qu'une vie, game over. Et oui, t'étais invincible mais le jeu continu à te faire chier.
On retrouve d'ailleurs le même soucis sur le niveau final mais cette fois-ci avec des pingouins jouant de lance-roquettes tels des talibans des glaces.
Usons et abusons de saves state tout en rendant imperméable aux torrents de projectiles ce pauvre Batman condamner à traverser des niveaux longs comme une étape du Tour de France. Ô joie !
Ce jeu, c'est un peu comme le croisement bâtard et handicapé entre un brawler inachevé (un coup de base, deux types de projectiles en bonus) et un shmup à boulette lunatique qui décide par moment de te cribler le cul avec tout ce qu'il a en magasin histoire de bien te rappeler que les dévs en on rien à foutre de savoir si c'est jouable ou pas. Parce que ça ne l'est pas. Probablement le pire jeu Batman de l'histoire, sans aucun doute.