Explosif, mais perfectible
Les jeux musicaux ont la côte. De par notre façon de consommer les titres sous forme de MP3 dans notre lecteur portable mis en mode aléatoire, des développeurs se sont appuyés à réaliser des productions dans un même objectif : prendre plaisir sur un court moment.
Beat Hazard, c'est tout simplement un jeu de shoot'em'up basé sur ce que vous écoutez. Ou presque. Il s'agit également d'une simulation d'ingénierie du son et de la lumière. Le concept est purement arcade : détruire un maximum d'ennemis et d'obstacles pour engranger le plus de points possibles. La difficulté augmente logiquement avec la durée des chansons sélectionnées. Pour un challenge relevé, il existe un mode deux joueurs sur un même ordinateur (le mode multijoueur apparaîtra sur Beat Hazard Ultra, le DLC prévu fin Juin).
Si au départ le vaisseau contrôlé n'est pas très puissant, il devient efficace grâce à l'intensité d'un passage musical et récupère de nombreux power-ups et peut semer la terreur dans l'espace (restreint) du niveau. Les vagues incessantes d'ennemis varient entre la flotte de petits chasseurs au cuirassé géant doté de monstrueux canons, chacun ayant son propre type de projectile (missiles à tête chercheuse, boules d'énergie, lasers). Par conséquent, plus vite les adversaires sont K.O., mieux on pourra s'en sortir dans les secondes qui suivent, sinon le joueur se retrouve très vite encerclé et menacé de périr à tout instant. Un seul choc, une seule balle, et c'est une vie de perdue, ce qui entraîne une légère diminution des pouvoirs et du multiplicateur de points (récupérable sur les vaisseaux vaincus).
Plusieurs niveaux de difficulté sont disponibles, de Facile à Suicidaire (à débloquer ultérieurement avec le mode Fou) : la cadence de tir ennemie est plus élevée, leur nombre se voit augmenté de façon déconcertante et les effets graphiques deviennent aveuglants.
Car si Beat Hazard est assez classique, son concept réside surtout dans les visualisations. Plus la chanson est tonitruante, rythmée voire nerveuse, plus l'écran risque de blanchir totalement à la moindre explosion. Si cela n'est pas gênant en difficulté normale, au niveau maximum la crise d'épilepsie n'est pas loin. Non seulement il faut slalomer entre les ennemis, mais il est nécessaire d'anticiper les abondances de lumière qui masquent les vaisseaux. Heureusement, il est possible de diminuer le taux des effets visuels (cependant, en dessous de 100%, cela réduit le score final).
Après chaque chanson effectuée (jusqu'au bout ou non), un tableau indique le score réalisé. En mode Suicidaire, il n'est pas rare d'obtenir plus de cinq millions de points en quatre minutes de jeu. Ces points sont aussi de l'expérience acquise pour monter en grade et donc débloquer des améliorations (power-ups en début de partie, plus grand multiplicateur de points, de nouvelles superarmes), rendant le mode le plus difficile assez abordable au final.
Néanmoins, cette cascade d'explosions rend l'expérience assez brouillonne par moments. Très souvent on ne voit quasiment plus rien à l'écran, le vaisseau qui est manié n'est pas reconnaissable au premier coup d'œil parmi la masse et l'effet de caméra tremblante à chaque détonation couvre grandement la zone de jeu. En outre, si vous jouez un titre doux, vous subirez une immense lenteur désagréable et votre puissance de feu sera très diminuée (celle des autres également). Évitez de jouer le best of de Carla Bruni et préférez le générique farfelu des Power Rangers. A noter que le challenge n'est pas du tout le même si on utilise une manette : les contrôles deviennent plus aisés et le canon laser se manie avec le joystick directionnel droit.
En tant que jeu musical, Beat Hazard remplit sa mission : c'est arcade, c'est pratique pour des parties courtes et l'immersion quant à certains titres est totale. Mais la réalisation est confuse et peut rebuter dès les premières minutes ; les visualisations peuvent devenir assommantes sur une longue durée de jeu. Si vous aviez toujours envie de défoncer des vaisseaux à l'ancienne en écoutant un titre bien hard (mais pas trop, essayez "You Spin Me Right Round" de Dead or Alive ou bien "Don't Stop Me Now" de Queen), enfilez votre casque, branchez votre disque dur externe et (ab)usez de la Force !