Sorti initialement en 1994 sur PC et Amiga, Beneath a Steel Sky (ou BaSK) est un jeu d'aventure point'n click qui avait fait sensation à l'époque. Il y a 30 ans, le genre vivait son heure de gloire et les joueurs n'avaient que l'embarras du choix : Sierra On-line et Lucasfilm Games trustaient les premières marches avec la série des Quest et toutes les adaptations plus ou moins issues des films de George Lucas. Il y en avait pour tous les goûts, mais peu de titres osaient s'aventurer hors des thèmes populaires, tels heroic-fantasy, enquêtes policières et grandiloquences hollywoodiennes... Beneath, lui, se singularise d'emblée par son univers cyberpunk imaginé par l'auteur de bande-dessinnée Dave Gibbons assisté de Charles Cecil dont c'est le deuxième jeu d'aventure après Lure of the Temptress. Et pour enfoncer définitivement le clou, le studio Revolution Software, nous sert cette aventure au moyen d'une interface remarquable qui renvoie à la préhistoire tous ses contemporains ! Ajoutez-y quelques idées géniales et de l'humour anglais, et vous avez là la recette d'un succès assuré.


Après une introduction en dessins fixes qui situent les lieux et les personnages, le jeu débute au sommet d'un échaffaudage dans un hangar bien gardé. Vous êtes Robert Foster, un fugitif recherché par les forces de l'ordre qui a survécu au crash de l'hélicoptère qui était venu l'enlever à sa tribu dans le désert. L'oeil clair et l'esprit vif, notre héros va devoir faire toute la lumière sur ces événements ; l'écran est dépouillé, aucune interface ne vient gâcher les superbes graphismes faits mains et scannés en 256 couleurs (mode VGA). C'est un vrai bonheur et cloue au pilori le système des jeux de Lucasfilm Games dans lesquels il faut associer un verbe avec un objet à l'écran. Dans BaSK, tout est plus simple : placez votre curseur sur la barre enfoncée dans le mur à gauche ; bouton gauche Foster décrit l'objet, bouton droit il exécute le geste prévu par le programme, en l'occurrence prendre l'objet et le cacher dans sa poche. Un clic sur le sol en contrebas et Foster descend les escaliers pour se faire aussitôt descendre par le garde en faction ! Eh oui, BaSK fait partie de ces jeux où l'on peut mourir, alors attention... Allez, on relance la partie, on y retourne. On prend la barre à gauche, un coup de curseur vers le haut et l'inventaire apparaît ; on sélectionne la barre dans le menu et on clique sur la porte à droite. Foster l'ouvre, le garde monte, il ne trouve rien et s'en va. La voie est libre. Génial.


Arrivé en bas, une presse nous interpelle, et plus loin, un tas de déchets électroniques. Dans son inventaire Foster dispose d'une carte mère ; essayons de l'associer avec l'un des rebuts... Bingo : un petit robot prend vie, c'est votre copain Joey. Les possibilités du jeu augmentent ; vous pouvez désormais discuter avec votre compagnon et lui demander d'accomplir certaines taches. Un peu plus loin, vous mettez la main sur une carte d'identité à puce appartenant à un certain Reich. Vous découvrez alors un autre pan de ce que le jeu à à offrir : en l'introduisant dans un terminal (ordinateur public) vous pouvez consultez des informations, mais aussi modifier les comptes ou effectuer des opérations spéciales. Plus loin dans le jeu, vous rentrerez même dans le terminal pour résoudre des énigmes à base d'objets numériques qu'il faudra décompacter, décoder, lire, etc. C'est absolument jouissif, on est dans la Matrice 5 ans avant le célèbre film des Wachowski ! En poursuivant l'aventure, nous allons rencontrer une vingtaine de personnages plus ou moins utiles, certains sont là pour vous faire perdre votre temps, d'autres au contraire vous seront précieux pour accomplir la mission. Tous ont un charme certain et toujours des "lignes" - ou répliques - plutôt drôles. Mention spéciale pour Joey, le robot sympa mais cynique.


Après 6 ou 7 heures de jeu on ressort de cette histoire plutôt émerveillé, et ça marche même encore de nos jours, tant le scénario était avant-gardiste. ça parle de contrôle social, de surveillance des masses, de trafics d'organes, des dérives de la cybernétique, de la tyrannie des villes, et tout et tout. Avec ses jolis graphismes et sa douce bande son, Beneath a Steel Sky propose une aventure unique et accessible. Je ne peux que vous le recommander. En passant par Scummvm afin de profiter d'options confortables : shaders et sauvegardes illimitées.

Ramifraise
8
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le 12 juin 2025

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Ivan Duraive

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