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Je ne sais pas si vous avez déjà prêté attention à combien les jeux de From Software sont beaux.

Je ne parle pas de la simple beauté extérieure, comme celle des environnements, toujours magnifiquement composés, au point d'en devenir de véritables œuvres d’art animées.

Ni même de la beauté des musiques, la plupart du temps absentes pour nous laisser en proie à notre solitude, mais qui en de rares lieux ou au détour d'une rencontre inopportune, savent se faire remarquer, tantôt épiques, tantôt mélancoliques.

Non, la beauté des Souls est intangible. Elle est présente partout. Dans la moindre animation, le moindre dialogue, la moindre description…
Chaque détail trahit une recherche obsessive d’élégance et d'harmonie.

C’est une beauté morbide, une beauté tragique.
A l’image des jeux Silent Hill, il s’agit d’aller la chercher au plus profond de l’âme, dans la noirceur la plus insondable. Pour mieux la faire ressortir. Toucher le fond pour mieux s’élever.

Élever son esprit. Transcender son être. Telle est l’essence des Souls. *
A ce titre, pas de héros légendaire ou de descendant de dragon, notre avatar est un parfait anonyme, sans avenir et qui cherche désespérément un sens à son existence.

Alors que tout dans ce monde à l'agonie pousse au renoncement, à l'instar de ces PNJ, si misérables et pourtant si marquants, il en revient au joueur de dépasser sa condition initiale afin d'en braver les dangers, pour parvenir à s’accomplir.

Qu’importe au fond si la mort semble être la seule finalité. Si nous sommes, tout comme chaque habitant de ce monde, prisonniers de la toile tragique tissée par Miyazaki.
Nous aurons vécu ensemble d'inoubliables moments.

J'incite fortement quiconque n'aurait pas fait Bloodborne et son extension The Old Hunter à ne pas lire le texte caché, où je dévoile des éléments relatifs à certains personnages du jeu.

Laurence, Ludwig et Gehrman sont tous les trois de grandes figures tragiques, comme d'autres personnages de la série l'étaient avant eux.
Ils illustrent à merveille cette idée de dépassement de soi.

Gehrman en particulier m’a beaucoup ému. Il faut surprendre ce vieil estropié dans son sommeil, en train de supplier ses anciens amis de lui venir en aide. Devenu l’esclave de la lune, il est condamné à vivre éternellement dans le rêve du chasseur, avec pour seule compagnie une poupée à l’image de celle qu’il a autrefois aimé en secret. Il ne lui reste que fierté et regrets.
À la fin du jeu, impossible de rester impassible en le voyant se libérer de sa prison roulante, empoigner la lame sépulcrale et s’avancer lentement vers nous. Dans un décor onirique et au son d’une musique déchirante, le premier chasseur s'apprête à livrer son dernier combat.

La rencontre avec Ludwig est tout aussi marquante. Lui qui fut jadis un valeureux guerrier à la tête des forces armées de l’Eglise, s’est transformé en monstre impitoyable, dont les innombrables victimes ont laissé dans leur sillage une rivière de sang. À sa source, la bête est enragée, et le combat sans merci.
Au plus profond de sa folie, Ludwig aperçoit la lueur de son ancien mentor. Il retrouve la raison ainsi que son humanité. La bête se redresse, la musique devient majestueuse et le combat prend une toute autre allure. Ludwig le Maudit est redevenu Ludwig l’Epée Sacrée.
Des frissons là encore ! From Software pousse le vice jusqu'à laisser le choix au joueur, sous une certaine condition, de lui révéler le destinée funeste de ses compagnons d'armes, ou de lui mentir afin qu'il meurt l'esprit apaisé.

Et que dire de Maria, la grâce personnifiée, dont un simple geste est évocateur du plus grand raffinement ?
Sous le poids de la culpabilité, elle a préféré mettre fin à ses jours. Peine perdue, son lien de parenté avec la reine immortelle l’empêche de trouver le repos qu’elle désire tant.


*La religion a toujours eu une place importante dans les jeux de Miyazaki, en bien comme en mal. Si je doute qu'il soit croyant, je me risque à penser qu'il est quelqu'un de spirituel.

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