Avec Bloodstained : Ritual of the Night (2019), c’est une envie de jeu de plateforme-action en 2D que je voulais assouvir. Après le semi-fiasco de la compilation Mega Man Legacy Collection (2015) qui m’a fait davantage souffrir que plaisir, j’ai jeté mon dévolu sur cette nouvelle franchise réalisée par un développeur de la licence phare Castlevania, à la grande époque de Konami. J’hésitais entre ce Bloodstained et mes compilations Castlevania achetées sur Nintendo Switch (Anniversary Collection et Dominus Collection). Bon, je crois que j’aurais dû choisir l’original à la copie, tout simplement. Non pas que la production de Koji Igarashi soit mauvaise, loin de là, mais elle se parcourt un peu sans saveur. Bloodstained n’a aucun défaut majeur selon moi, il manque juste de personnalité et d’une étincelle permettant d’accrocher pleinement au titre. Déjà, la direction artistique est vraiment passable pour ne pas dire décevante. Pour un jeu s’inscrivant dans les pas de la licence phare de Konami, c’est-à-dire un jeu à l’ambiance gothique et fantastique, nous sommes en droit d’attendre plus de soin apporté aux décors, aux personnages mais surtout aux ennemis. Les fautes de goût sur le design des ennemis sont trop nombreuses. Idem, l’apparence des PNJ est douteuse, les boss sont moches et les différents environnements sont au mieux correct au pire sans intérêt. Première douche froide sur l’ambiance visuelle générale qui se dégage du titre.

La seconde douche froide provient du scénario avec un personnage principal Miriam sans charisme, une histoire de cristaux et de possession à la con avec son ancien ami Gebel. Franchement, désolé, mais je n’ai rien compris et j’en n’avais rien à branler pendant les 23h qu’a duré ma partie. Encore une fois, c’est dommage. Ils ne peuvent pas faire des histoires plus simples, moins tarabiscotées, plus compréhensibles, moins connes ? Je ne sais pas, une histoire d’amour entre Miriam et Gebel, avec un peu de vengeance par ci, une trahison par là. Bon, pour la trahison, j’ai eu ma dose dans Bloodstained, c’est déjà ça.

Côté gameplay, Bloodstained a quand même un truc qui fonctionne, parce qu’il est réellement addictif. Le château est vaste, généreux, et on prend plaisir à retourner dans chaque zone, à explorer la carte jusqu’à la dernière pièce, puis à revenir plus tard avec un nouveau pouvoir, juste pour ouvrir une porte qu’on avait laissée derrière soi. On ressent aussi une vraie récompense liée au butin, avec beaucoup d’armes, beaucoup d’équipements, des trouvailles régulières, et un système de stats façon RPG plutôt agréable, qui donne l’impression de monter en puissance. Mais cette profusion a son revers, car la variété est en partie illusoire. L’efficacité, la rentabilité statistiques finit par tout écraser. Dans les faits, on garde souvent une poignée d’armes et on ignore le reste. Dès qu’une option est objectivement supérieure, le jeu pousse mécaniquement à la choisir. Résultat, une quantité d’objets reste au fond de l’inventaire et ne sont jamais utilisés. Pas de commentaire sur les quêtes annexes, la plupart sont des quêtes FedEx sans âme (paradoxalement) et le système de fabrication que ce soit pour les recettes (nourriture, armes, etc.) ou pour l’amélioration de ces pouvoirs n’est jamais vraiment très clair selon moi. On ne sait jamais vraiment si cela a un intérêt d’augmenter certaines capacités plutôt que d’autres, on tâtonne au pif.

N’étant pas un expert, j’éviterais les grandes envolées lyriques pleines d’emphases sur l’état des Castlevania « modernes » au regard du passé glorieux du genre. Je n’ai simplement pas été conquis par la proposition de 505 Games. Encore une fois, Bloodstained : Ritual of the Night reste un bon jeu vidéo mais l’expérience m’a juste paru un peu fade, faible esthétiquement et je ne pense pas en garder un souvenir impérissable. Le titre s’adresse principalement aux fameux « experts » du genre qui ont saigné tous les Castlevania et cherchent une alternative. Pour les néophytes comme moi, je pense que retourner en Transylvanie, au pays de Dracula, sera une meilleure idée même si le prochain Bloodstained : The Scarlet Engagement, annoncé pour 2026, semble prometteur. A voir…

silaxe
6
Écrit par

Créée

le 18 janv. 2026

Critique lue 16 fois

silaxe

Écrit par

Critique lue 16 fois

2

D'autres avis sur Bloodstained: Ritual of the Night

Bloodstained: Ritual of the Night

Bloodstained: Ritual of the Night

3

RestlessDreams

7 critiques

Retrogaming

Je pense qu'il existe une Histoire du jeu vidéo. Et par là, j'entends une Histoire qui va au-delà de l'évolution technique du média, j'entends une Histoire esthétique du jeu vidéo, c'est-à-dire une...

le 19 juil. 2020

Bloodstained: Ritual of the Night

Bloodstained: Ritual of the Night

6

LinkRoi

734 critiques

Bonne pioche imparfaite !

Parlons de Bloodstained : Ritual of the Night !Aujourd'hui, ça fourmille de Metroidvania, l'indépendant s'est approprié le genre et Bloodstained ne réinvente pas la roue, lettre d'amour aux...

le 25 juin 2023

Bloodstained: Ritual of the Night

Bloodstained: Ritual of the Night

7

Algernon89

123 critiques

Le retour de Castlevania 2D

Je ne fais clairement pas partie de ceux qui ont apprécié les épisodes 3D bien au contraire selon moi il n'y a rien eu de bon depuis Order of ecclesia, ce qui remonte déjà à une dizaine d'années. Il...

le 1 juil. 2019

Du même critique

Darkest Dungeon

Darkest Dungeon

6

silaxe

703 critiques

Pile ou face ? Pile je gagne, face tu perds.

Non. Darkest Dungeon malgré ses qualités évidentes est un jeu qui m'a particulièrement soulé. Acheté en version beta il y a plus de six mois, je me suis replongé dans cette aventure sinistre depuis...

le 30 janv. 2016

Fondation - Le Cycle de Fondation, tome 1

Fondation - Le Cycle de Fondation, tome 1

5

silaxe

703 critiques

Il était une fois dans une lointaine galaxie...la déception.

Je vais probablement fâcher beaucoup d'entre vous mais personnellement je n'ai pris aucun plaisir à la lecture de ce premier tome du célèbre cycle d'Asimov. N'étant pas un lecteur adepte de...

le 19 juil. 2015

Par-delà le bien et le mal

Par-delà le bien et le mal

8

silaxe

703 critiques

On ne hait pas tant qu'on méprise. On ne hait que son égal ou son supérieur.

Il faudrait faire une exception pour Descartes, le père du rationalisme (et par conséquent le grand-père de la Révolution), qui ne reconnaissait d'autorité qu'à la seule raison : mais la raison...

le 3 févr. 2017