Breath of Fire V c'est avant tout un ensemble de mécaniques et de choix esthétiques au service d'une mise sous pression constante du joueur: un compteur qui augmente en continu annonciateur de game over s'il atteint son maximum de 100%, des sauvegardes limitées en nombre et des points de sauvegarde extrêmement espacés, un contexte de vie souterraine nous privant de tout environnement en extérieur, un level design exigu, des protagonistes à l'aspect frêle et fragile, une difficulté relevée et j'en passe. Un parti prit très particuliers mais aussi très efficace en matière de sensations, chaque arrivée dans une "zone pacifique" par exemple sonne comme une petite victoire et un répit de courte durée avant de partir affronter un nouveau donjon. Car oui BoFV flirte avec le D-RPG et la répétitivité inhérente au genre. Répétitivité partiellement atténuée grâce à son gameplay: l’issue des affrontements étant décidé en combat mais aussi or combat (placement des ennemis dans le donjon, avoir la priorité en combat, possibilité de poser des pièges hors combat, etc.), le level design influx fortement dans la configuration de chacun d'eux.
Une aventure difficile mais aussi particulièrement gratifiante car tout échec provient d'une erreur de notre part, peu de place étant laissée à la chance. Le game over est d'ailleurs l'occasion de découvrir les mécaniques les plus atypiques du titre: il offre à ce moment la possibilité de recommencer le jeu depuis le début en conservant argent et Xp commune, ce qui débloquera des scènes "inédites" et nivellera logiquement la difficulté vers le bas.
Bref, c'était bien cool, et ça l'aurait été encore plus s'il avait proposé une "surcouche" de mécaniques dans le système de combat, de bestioles dans le bestiaire ou autre. Car si la répétitivité est atténuée par certaines idées bienvenues, la lassitude finie quand même par se pointer, surtout quand tu recommences l'aventure comme le jeu t'y encourage (ce qui est nécessaire pour profiter pleinement de scénario).