La fin du premier Lords of Shadow lançait le pari d'un Castlevania moderne, pris d'une frénésie gothique où l'architecture classique se mêlerait aux ombres mystérieuses reflétées sur les parois glaciales d'immeubles vertigineux. Bon là c'était l'idée de départ, le fantasme cotonneux d'un pied posé dans l'emprunte d'un Monde des Ténèbres bien lointain.
Et alors que le titre se prenait autant de volées de bois vert que de déclarations d'amour enflammées, il s'avère, au bout de quatre ans, qu'il se situe entre les deux courants. Ni génial, ni mauvais, chaque élément pris séparément parvient à constituer un tout particulièrement hétéroclite prompt à subjuguer par moment et à décevoir quelques minutes plus tard. Et c'est pas facile, comme exercice, de réussir à être à la fois beau et attirant et en même temps sale et malodorant. Pour tant ce Castlevania : Lords of shadow 2 parvient cet exploit.
Tout part en sucette très tôt : pourquoi donc ces phases "d'escalade" ? pourquoi cette maniabilité alors que n'importe quel Assassin's creed propose mieux en plus facile ? pourquoi l'infiltration ? encore une fois Assassin's creed (alors que ce n'est plus son point fort depuis longtemps) fait mieux. Pourquoi ce système de blocage n'impactant pas tous les combattants dans la même zone ? God of war, ça vous parle, les mecs ? Et enfin, le level design, ça se maîtrise aussi, les amis, ou alors on met en place des artifices genre mini map, comme dans Diablo. Ah bah oui, c'est sûr, ça en fait des références... Mais bon, ce sont des vieux jeux, on pourrait s'imaginer que ce sont des concepts éculés et intégrés. Et bah non !
Mais tout se remet en place juste après. Le design, bien qu'issu de l'inspiration vieille de plus de vingt ans, reste une valeur sure qui sait faire preuve tour à tour d'élégance sobre et de surcharge ostentatoire. La musique, également, parvient à sublimer l'ambiance noire et mélancolique de certains passages tout en déployant des artifices épiques lors de combats au long cours. Mais il s'agit avant tout du plaisir des combats qui reviennent trop rarement, sublimés par les boss, qui parviennent à provoquer une exultation lors des meilleures combinaisons. Bien qu'il s'agisse avant tout d'un ballet d'esquive et de changement de stance, bien qu'on soit très loin de Bayonetta ou DMC Devil May Cry, le sentiment de maîtrise et de puissance devient suffisamment fort vers la fin pour que les escarmouches provoquent un petit frisson d’espièglerie. Et même si la difficulté des boss n'a pas l'air de s'accroître au même rythme que notre surpuissance destructrice, leur rencontre reste un moment de surprise très plaisante.
Bien, mais pas top, mais quand même, et parfois vraiment sympa. Dommage pour une série qui aurait pu continuer à vivre un peu plus longtemps.