Un jeu médiocre, sauvé (à peine) par sa direction artistique splendide, sa jolie musique, et certaines phases de jeu dans l'esprit du premier volet qui poussent à garder la manette en main. Dans ces moments LoS 2 est plaisant, sans génie, mais agréable.
Pour le reste, et malgré une caméra enfin bien gérée (une épouvante dans le premier volet, elle m'avait fait lâcher le jeu), ce LoS 2 est bien déprimant. Linéaire à crever malgré sa construction en hub, complètement foiré côté narration avec une histoire bête et mal dialoguée rendue artificiellement incompréhensible par les allers et retours inutiles, Lords of Shadow 2 tartine qui plus est le mythe de Dracula d'un pseudo spleen adolescent complètement grotesque - la touche Kojima ?
Hélas, le jeu ne se rattrape guère par ses phases de plate-forme ultra assistées, ni la désormais sempiternelle carotte des objets à collectionner, consistant, comme d'habitude, à écumer tous les recoins du jeu pour ramasser bonus & items planqués, ou, pour les plus fous, à se farcir des challenges avec vagues d'ennemis à occire sous le feu du chrono. Guénial. Les phases d'infiltration, quant à elles, ont déjà reçu toute la bile nécessaire dans les différents tests & critiques du jeu, je n'ajouterai pas ma dose.
Chaque bonne idée est gâchée par une cinématique emo ou une explosion s'achevant sur une pose badass, chaque trouvaille de gameplay est exploitée jusqu'à l’écœurement. Quant aux passages de transformation en rat, ou les balades dans des parkings ou de banales usines qu'on dirait sorties d'un clone coréen de Counter-Strike, on dira que ce sont les moments symptomatiques d'un jeu qui se cherche et n'a visiblement pas réussi à se trouver.
Les combats, enfin, sont à mes yeux le gros point faible du jeu, ce qui, pour un titre ayant une aussi grosse couche de beat'em'all 3D, est assez ballot - jeu terminé en difficile, je précise. Timings moisis, système de contre à la rue, animations interminables qui handicapent le gameplay (et vas y que je tombe et que je mets 1h à me relever me rendant vulnérable aux coups pendant ce temps), IA navrante dont l'unique routine consiste à cogner sans réfléchir, on est loin d'un DmC nouvelle génération, pour prendre un exemple récent, n'en déplaise à ses détracteurs. Le jeu souffre d'un manque de précision et surtout de réactivité épouvantable, qui le tue littéralement. Les combats de fin de jeu contre les sbires les plus puissants - je ne parle pas des boss, qui sont pour le coup une formalité et se torchent une main dans le dos - sont un calvaire, non pas tant pour leur difficulté, mais l'épouvantable lassitude qu'ils procurent.
Dommage, LoS premier du nom était un brouillon intéressant. Gageons qu'après cette gamelle on n'entendra plus parler de la série, et c'est presque regrettable vu la qualité de sa direction artistique et musicale...