Circuit Superstars
7.1
Circuit Superstars

Jeu de Original Fire Games et Square Enix (2021 · Nintendo Switch)

Celles et ceux qui suivent mes pérégrinations vidéoludiques le savent : ça fait déjà un petit moment que je suis à la recherche d'un digne successeur à ce qui fut pour moi LE bijou des jeux de courses multi conviviaux des débuts de la 3D, à savoir : MicroMachines V3.


C'était il y a presque trente ans maintenant et, franchement, à mes yeux, la proposition faite par Codemasters avec cet épisode de MicroMachines surpassait nettement celle d'un Mario Kart 64. Seulement voilà, le temps a depuis coulé sous les ponts, le célèbre plombier moustachu s'est entre-temps largement refait la cerise au point de s'imposer en roi et, à l'inverse, pendant ce temps-là, la célèbre saga de petites voitures miniaturisées a été négligée par Codemasters, au point de progressivement disparaitre des radars.

Demeurait malgré tout cette formule imparable ; une formule qui ne demandait qu'à être exploitée de nouveau. Le créneau était vacant et il n'attendait plus qu'à être réinvesti par un studio compétent.


Et c'est peu dire si les prétendants ont été nombreux, au point même de créer un genre à part entière : le top-down racing. Malgré tout, j'avoue pour ma part avoir eu du mal à débusquer un digne successeur au noble V3. Entre les Tinker Racers, les Ultimate Racing et autres Rush Rally Origins, il y avait bien dans ce lot-là quelques titres agréables à jouer, mais aucun ne sachant vraiment cocher toutes les cases...

Et si je me suis autorisé à un tel préambule avant de vous parler de ce Circuit Superstars, c'est bien évidemment parce qu'il ne faut vraiment pas longtemps pour comprendre qu'il a été totalement pensé pour occuper ce créneau laissé vacant que je viens de vous décrire

.

Alors pourtant c'est vrai – et contrairement à Tinker Racers qui avait ouvertement poussé la ressemblance avec V3 jusqu'au bout – Circuit Superstars ne va pas jusqu'à reprendre le concept des petites voitures miniaturisées qui doivent se faufiler au milieu des espaces du quotidien. Pas de course sur des tables de cuisine, des billards ou des ateliers de bricolage donc, puisque le jeu d'Original Fire Games opte pour le choix de courses basiques, à base de véhicules conventionnels et de circuits tout ce qu'il y a de plus classiques, avec vibreurs, paddocks et tribunes.

Néanmoins, ça reste évident que ce Circuit Superstars aspire à s'inscrire dans un état d'esprit de course de jouets car bolides comme pilotes ont les looks respectifs de véhicules télécommandés et de figurines plastiques.


Et c'est loin d'être un choix anodin tant on sent rapidement que le jeu cherche à nous guider vers le « jeu d'enfants » : courses ludiques, rapides de prises en main, mais avec des concurrents qui, à notre image, sentent bien que, malgré le caractère rudimentaire du jouet, il va y avoir moyen de défier son voisin...

Et sur cet aspect-là, l'entrée en matière de ce Circuit Superstars est un véritable bijou de maîtrise.

Tout est clair, simple, limpide.

Dans les menus d'abord, réduits au strict minimum, mais aussi dans les courses, ensuite. Tout est fait pour que la prise en main se fasse vite et bien, mais surtout tout est fait pour que le joueur comprenne rapidement les enjeux de pilotage. Et sur cet aspect-là, c'est effectivement du pur MicroMachines. Seulement trois boutons : accélération / frein / frein un main, et un véhicule imposé pour commencer – une petite Mini – histoire de ne pas être trop dépassé par la vitesse et la technique.

Dès les premiers virages, les animations du véhicule en termes de transfert de masse permettent de tout de suite saisir l'inertie du véhicule, ce qui permet une rapide prise en main.

Les premiers circuits sont d'ailleurs assez larges, avec beaucoup d'espaces de dégagement, ce qui permet d'éviter de se retrouver bloqué bêtement et flinguer toute une course pour une seule mauvaise manœuvre. Le jeu préfère à ce sujet rester très permissif et foutre des pénalités de ralentissement si jamais on coupe trop court. C'est franchement très efficace, très pédago et vu que la physique des véhicules est très cohérente, l'immersion n'en est que plus rapide.

Ajoutons à cela une direction artistique impeccable, sachant mêler des visuels très doux à des musiques rares mais qui savent jouer leur rôle de transition sans trop se faire remarquer, et on a vraiment là une formule qui fonctionne de bout en bout. Un vrai régal...


Et là où le jeu fait franchement fort c'est que, l'air de rien, il propose rapidement un vrai challenge en termes de pilotage.

Il y a en tout et 18 championnats, à chaque fois avec des véhicules différents (allant de la petite Mini, donc, à la Formule 1 en passant par les trucks, les muscle cars et autres modèles vintages) et selon des modalités qui peuvent varier, impliquant plus ou moins de tours, des arrêts aux stands, de l'usure des pneus, de la gestion des dommages, etc.

Et même si chacun de ces aspects est très facile à intégrer et à considérer dans notre expérience de course, le fait est que, tout ça, mis bout à bout, produit une expérience de course assez complète et surtout sollicitante.


C'est bien simple : même en mode amateur, on se doit d'être vigilant. Et même si généralement ça se passe plutôt bien, certains véhicules nécessitent un certain temps d'apprentissage, si bien que les courses prises par-dessus la jambe deviennent rapidement punitives.

Les adversaires ne se font distancer que si on ne fait pas de faute, donc autant dire que si on a tendance à tirer un peu trop au large dans les virages, on réduit ses chances de gagner, tout comme le jeu punit assez vite le fait de se servir de ses adversaires pour se ralentir ou corriger sa trajectoire.

Bref, même en amateur, si on veut gagner, il faut maîtriser un minimum le véhicule ET le circuit. Or, « amateur », c'est le premier des cinq niveaux que compte le jeu. Et franchement, dès le deuxième niveau, ça commence à poser sérieusement ses exigences.


En ce qui me concerne, j'ai eu le malheur de faire une pause après avoir fait le tour de presque toutes les compètes en amateur. J'étais satisfait mais, à ce moment-là, j'avais envie de passer à autre chose.

Je ne suis donc revenu à ce jeu que plusieurs mois plus tard, entamant ma reprise par le championnat semi-pro en Mini, sans entraînement au préalable... Mais quelle ERREUR !

Je ne souvenais plus trop du tracé des circuits, des trajectoires optimales ni même des points de freinage, si bien que j'ai été sévèrement puni dès le tour de qualif ! Classé bon dernier, il fallait déjà que je remonte tout le monde pour le Grand-Prix... Ce que je n'ai bien évidemment pas réussi à faire !

Ma course n'était pas parfaite certes, mais alors qu'elle était malgré tout loin d'être honteuse, je n'ai fini que quatrième ! ...Et donc, tout cela en niveau semi-pro seulement !


Vous l'aurez donc compris : Circuit Superstars a beau être facile et limpide de prise en main qu'il n'en nourrit pas moins ses exigences.

Alors certes, si on veut ne pas se prendre la tête, alors il y a le niveau amateur pour ça. Par contre, si on se décide de monter dans les niveaux supérieurs, le jeu partira du principe qu'on est venu y chercher du challenge.

Or, je vais être très honnête avec vous, mais ce challenge justement, j'avoue ne pas avoir trop cherché à m'y frotter...


Les raisons à cela sont multiples et pas forcément liées aux insuffisances du jeu.

D'abord, il y a le fait que, depuis quelques années, je suis clairement devenu un joueur occasionnel. Je ne sais jamais quand je vais jouer ni combien de temps je vais jouer. Autant dire que, dans de telles conditions, ça devient compliqué de s'imposer une discipline pour surmonter un jeu aussi exigeant.

Mais il n'y a clairement pas que ça.

Parce que, l'air de rien, pour mes premières parties, j'étais parvenu à lui en dégager pas mal, de temps, à ce Circuit Superstars. Et si j'ai progressivement fini par ne plus lui consentir cet effort, c'est aussi parce qu'à la longue, se dessinent autour de cette expérience ludique de réelles limites.


Premier gros problème : le manque de renouvellement des circuits.

Chaque tournoi a beau apporter sa part de renouvellement en proposant un nouveau véhicule à domestiquer qu'en contrepartie on revient sans cesse sur les sites, ce qui fait quand même pas mal redescendre la hype.

Alors certes, parfois le tracé est modifié au niveau de quelques virages, ce qui apporte des variations bienvenues, mais c'est clairement pour moi du cache-misère.


En tout, des circuits, sans compter leurs variations, il n'y en que 17, et leur diversité est franchement discutable.

Pourquoi deux ovales mais un seul circuit purement dirt, façon rallye ? D'ailleurs pourquoi ce circuit rallye-là, franchement mal fichu ?

Pas très beau, un peu bordélique dans son tracé et pas très lisible du fait de ses perspectives : ce circuit est le gros loupé du jeu.

Et les questions pourraient se multiplier, à vrai dire : pourquoi pas de tracé en haute montagne non plus ? Pourquoi pas de course en pleine neige ? De nuit ? Sous la pluie ? Dans le sable ?

En fait, sitôt prend-on la peine de comparer un peu notre expérience sur ce Circuit Superstars avec celle d'un MicroMachines V3 qu'on considère très vite ce qu'il y manque, quand bien même ne s'agit-il pas ici de rouler sur des queues de billards ni de se taper à grands coups de maillet.


L'autre grand problème, il tient aux véhicules.

Ça pourra peut-être paraître contre-intuitif, mais je trouve que la grande diversité de véhicules ne fait pas forcément bon ménage avec un gameplay exigeant.

Car à bien tout considérer,.un gameplay exigeant, ça implique forcément de try hard, mais d'un autre côté, avec des façons de jouer aussi diversifiées, ça multiplie mécaniquement les tâches auxquelles s'attabler.

Du coup, ça donne un petit côté fastidieux à notre expérience dans la mesure où on est amené à se dire que tout le temps qu'on passe à travailler nos habitudes et nos réflexes sur un véhicule devra ensuite être investi pour désapprendre et réapprendre avec un autre.

Alors certes, tant qu'on reste au niveau amateur, switcher de l'un à l'autre conserve un côté rafraîchissant, mais ça se perd donc très vite, au fur et mesure qu'on monte en difficulté, pour devenir au final un problème.


Alors après, j'aime à me dire que toutes ces caractéristiques s'expliquent essentiellement du fait qu'il s'agisse là d'un premier jeu, produit qui plus est par un tout petit studio, et qu'en conséquence Original Fire Games a préféré misé sur les fondamentaux.

Faire un jeu fiable plutôt qu'un jeu complet. Une base solide plutôt qu'une offre pléthorique...


Il me faut aussi considérer le fait que – décennie 2020 et ère du tout-Internet obligent – ce jeu semble surtout pensé pour être pratiqué en ligne, ce à quoi je ne m'adonne pas. Dès lors, en me contentant simplement du mode carrière offline, je suis sûrement passé à côté du cœur de l'expérience proposée.

Malgré tout, je peine à croire que les défauts que j'ai pris la peine d'énoncer au paragraphe précédent ne puissent pas impacter également la compétition en ligne. La multiplication des véhicules plutôt que la multiplication des circuits doit pas mal lasser à la longue, surtout sur un jeu où, au bout du compte, les interactions sont réduites à peau de chagrin, dans la mesure où les talents respectifs de chacun doivent très rapidement creuser les écarts.


D'une certaine manière, il y aurait presque quelque chose de rageant à constater que ce Circuit Superstars a tout pour être un excellent jeu, mais qu'il lui manque néanmoins trop d'éléments déterminants pour en faire une vraie claque.

Malgré tout, en ce qui me concerne, au regard de mes usages particuliers, je dois bien avouer que ce titre, non seulement assure l'essentiel, mais va même au-delà sur pas mal d'aspects. D'un côté il garantit un plaisir rapide d'accès, même après longue période d'inactivité, mais en plus il sait offrir une identité fraîche et reposante qui donne souvent envie d'y retourner. Donc, pour moi, ça reste quand même une expérience plus que concluante. Circuit Superstars, c'est un jeu qui se pose là... et qui appellerait presque une suite plus ambitieuse et aboutie...

À bon entendeur, j'espère... ;-)

Créée

le 17 avr. 2026

Critique lue 54 fois

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