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le 30 avr. 2025
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Clair Obscur : Expédition 33 est sans doute l’un des jeux les plus marquants de la dernière décennie — non pas grâce à son gameplay, mais par la puissance de sa narration et par sa bande originale, omniprésente et mémorable tout au long de l’aventure.
Il est difficile de parler du jeu dans son intégralité sans dévoiler des éléments clés de l’intrigue. Cette critique est donc divisée en deux parties : une première sans spoilers, puis une seconde avec spoilers.
Partie sans spoilers
D’un point de vue artistique, Clair Obscur : Expédition 33 est un jeu magnifique. Il ne brille pas nécessairement par une prouesse technique ou des graphismes ultra-réalistes, mais par une direction artistique exceptionnelle. On a véritablement l’impression de voyager de peinture en peinture, au sein d’un univers cohérent, régi par ses propres règles.
Les personnages sont crédibles, attachants, et l’on s’attache très rapidement à eux. Le mystère qui entoure la Peintresse intrigue dès les premières heures et donne envie de percer les secrets de ce monde. Le jeu alterne avec brio entre moments dramatiques et passages plus légers, tout en étant porté par une bande originale magistrale, capable de véritables montées d’adrénaline. On a sincèrement envie de faire partie de cette expédition et d’être celui qui mettra un terme à ce massacre annoncé.
Malheureusement, le système de combat au tour par tour n’est clairement pas à mon goût. S’il se révèle amusant au départ — notamment grâce aux différentes capacités et aux synergies possibles entre les personnages — l’intérêt s’essouffle assez rapidement.
Le système de Pictos, qui fonctionne comme des effets passifs attribués aux personnages, m’a semblé assez mal exploité. On en récupère une quantité excessive, au point de ne plus savoir quoi en faire. Passer de longues minutes (voire une demi-heure) dans des menus pour optimiser un build n’est, à mon sens, ni passionnant ni très gratifiant — mais cela reste bien sûr une opinion personnelle.
Après environ 30 heures de jeu (désolé aux puristes qui y ont passé 200 heures), on se retrouve globalement à utiliser les mêmes personnages, avec les mêmes capacités et des armes récupérées au fil de l’aventure. L’amélioration des armes se fait quasiment toute seule, sans réelle prise de décision, ce qui limite l’implication du joueur.
Les niveaux, très souvent construits en couloirs, sont plaisants au début mais deviennent rapidement répétitifs. L’exploration est peu récompensée : on y trouve principalement des Pictos ou des objets d’amélioration d’équipement, ce qui est dommage pour un jeu qui parle justement d’expédition.
Un autre point négatif concerne la navigation dans le monde ouvert. Le jeu met à disposition une carte, mais celle-ci manque cruellement d’informations. Dans l’absolu, ce choix peut se défendre et s’inscrit dans la volonté de ne pas trop guider le joueur. Cependant, l’absence totale d’outils de repérage finit par devenir problématique : impossible d’ajouter un point de destination, de marquer un lieu important ou même de réellement savoir où l’on se situe par rapport à ses objectifs.
Cette frustration est particulièrement marquée à la sortie de l’Acte II, lorsque le jeu nous indique que la fin se trouve “tout droit”, tout en suggérant qu’il serait judicieux d’aller explorer un peu avant. Sur le papier, l’idée est séduisante. En pratique, après deux heures à tourner en rond, à se perdre et à faire des découvertes souvent anecdotiques ou peu marquantes, l’envie d’exploration s’essouffle rapidement. À ce stade, on ne ressent plus vraiment l’excitation de la découverte, mais plutôt une seule chose : terminer le jeu.
Malgré ces défauts, Clair Obscur : Expédition 33 reste une claque monumentale, principalement grâce à sa narration — aussi bien littéraire que visuelle — et à sa musique exceptionnelle. Il s’agit d’un très grand jeu, d’autant plus impressionnant lorsqu’on sait qu’il a été développé par une petite équipe française. Rien que pour cela, chapeau.
Partie avec spoilers
Habitué aux jeux de FromSoftware, je ne suis pas quelqu’un qui a besoin d’être pris par la main pour comprendre une histoire. Cependant, dans Clair Obscur : Expédition 33, j’ai parfois eu l’impression que certains éléments étaient volontairement dissimulés uniquement pour entretenir un sentiment de mystère, au détriment de la clarté narrative, ce qui génère plus de frustration que de fascination.
La mort de Gustave est le premier élément qui m’a réellement déstabilisé. Après avoir passé plusieurs heures à jouer un personnage aussi attachant, se retrouver avec une sorte de “Gustave 2.0”, plus sombre, m’a laissé perplexe quant à l’intérêt réel de ce choix scénaristique.
Cela dit, j’ai à la fois adoré et été frustré par la révélation finale : découvrir que l’histoire que l’on pensait vivre n’est en réalité qu’une toile de peinture, représentant une famille déchirée par le deuil d’un enfant, est une idée brillante. Néanmoins, une partie de moi aurait aimé que le jeu reste davantage ancré dans son univers initial, tout en conservant ces thématiques de fond.
C’est un peu comme si le jeu nous promettait une expérience précise, pour finalement nous en offrir une autre — différente, inattendue, mais tout aussi marquante.
Créée
le 19 janv. 2026
Critique lue 11 fois
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