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le 26 oct. 2026
SuivreReady for the clock ?
Quand on parle des origines du survival-horror, on pense souvent à trois jeux. Alone in the Dark bien sûr, dont Resident Evil a repris les angles de caméra fixes et la maniabilité. Sweet Home aussi,...
Quand on parle des origines du survival-horror, on pense souvent à trois jeux. Alone in the Dark bien sûr, dont Resident Evil a repris les angles de caméra fixes et la maniabilité. Sweet Home aussi, jeu à licence adaptant un obscur film et dont le projet de remake muta par la suite en Resident Evil. Et enfin Clock Tower… Qui n'a pas de lien avec Resident Evil !
Jeu culte de la SNES, jamais sorti du Japon, il a bel et bien marqué les joueurs de l'époque, au point où certaines de ses suites ont été traduites, et il a acquis un certain statut auprès des aficionados occidentaux du genre.
En 2024 sort Rewind, un remaster qui contient également la première traduction officielle du jeu dans de nombreuses langues. L'occasion d'enfin évaluer ce monument du genre… Et éventuellement d'essuyer quelques déceptions.
Dans Clock Tower, on incarne Jennifer (doux nom), une adolescente orpheline qui par chance se voit proposer à l'adoption à un étrange châtelain. Comble du bonheur, trois amies sont adoptées par la même personne le même jour, ce qui fait que ce petit club des 4 ne sera jamais séparé !
Du moins, c'est comme ça que l'histoire aurait dû se dérouler. Au lieu de ça, plusieurs drames frappent la bâtisse dès que Jennifer et ses amies en franchissent le portail. Pire, un mystérieux nain poursuit Jennifer à plusieurs reprises, une paire de ciseaux à la main…
Premier point positif, l'ambiance est vraiment réussie, en particulier pour un jeu 16-bits. Le manoir est rempli de pièces dérangeantes, qui ne servent parfois à rien dans l'intrigue mais qui font leur petit effet. Une salle remplie de mannequins, une cuisine où des rats et corbeaux sont mis en cage, une bibliothèque aux peintures ésotériques… Ajoutez à ça quelques screamers et des morts parfois crados de vos amies, et vous avez un jeu certes vieillot mais qui maîtrise parfaitement les codes de l'angoisse, sans jamais tomber dans le kitsch.
La bande-son est plutôt minimaliste, et même franchement rare. L'exploration du manoir se fait dans le silence (ce qui rajoute au côté pesant de l'atmosphère), les quelques musiques se jouent principalement lors des cinématiques, dans certaines salles ou lorsque le Scissorman nous poursuit. Elles fonctionnent plutôt bien et sont dans le ton, sans nécessairement être marquantes.
C'est surtout au niveau du gameplay que l'âge (que dis-je, la vétusté) du titre se fait ressentir. Il s'agit d'un point-n-click qui, comme souvent à l'époque, est assez cryptique dans ses énigmes. Vous aurez donc assez fréquemment des moments où vous errerez dans le manoir, en ayant déjà fouillé toutes les pièces, à la recherche d'une interaction que vous auriez loupée. Mais puisqu'on est sur console, on balade le curseur à l'aide d'une croix, ce qui est moins précis qu'une souris et peut parfois empêcher de découvrir une interaction.
Pire, tout est lent dans ce jeu. Déplacer Jennifer, lui faire examiner un objet, écouter son commentaire qu'on ne peut pas passer… C'est vraiment long et laborieux pour rien, surtout que le manoir est assez grand. La progression est plutôt linéaire une fois qu'on sait quoi faire, mais les errements de la première partie vont vraiment occuper une grosse partie de votre temps de jeu.
Temps décuplé par les phases de fuite face au Scissorman, qui obligent Jennifer à se cacher dans un lieu sûr pour s'en débarrasser (on peut le combattre, mais ça ne fait que l'immobiliser un court instant, et plusieurs interactions pour faire progresser l'enquête ne sont plus disponibles lorsque Jennifer est en mode fuite). Étant donné que ces cachettes sont généralement rares et incertaines, j'ai vite eu tendance à fuir vers la seule cachette 100% sécurisée que j'ai identifiée, au tout début du jeu. Donc chaque rencontre avec Scissorman résultaient en général en un long aller-retour vers cette salle, allongeant mon temps de jeu pour rien tout en interrompant mon enquête.
C'est dommage car le concept est sympa : Scissorman apparaît aléatoirement quand vous explorez et instaure donc une tension efficace, encore plus que le Nemesis de RE3 (original). Le fait de manquer de ressources pour l'affronter ajoute bien évidemment au stress de tomber dessus, mais ça rend aussi ses rencontres vraiment frustrantes une fois qu'on connaît le meilleur moyen de lui échapper.
La grosse originalité du jeu, c'est qu'il y a 9 fins différentes, un nombre très conséquent. Celles-ci sont déterminées par plusieurs critères comme les actions effectuées, l'ordre dans lequel elles ont été effectuées, mais aussi un choix à la toute fin du jeu. Ce dernier critère est à mon sens un peu cheapos vu qu'il faut donc faire le jeu plusieurs fois en faisant exactement les mêmes choses SAUF à la toute fin, ça sent la décision de dernière minute pour gonfler le nombre de choix. D'autant que vu la lenteur du jeu, je n'ai franchement aucune envie de relancer une partie. J'ai eu la fin C, et c'est très bien comme ça…
Bon, j'ai aussi eu la fin H, qui est un troll assez drôle, il faut le dire. Bonne idée d'avoir inclus quelques fins qui se résument en "Jennifer fuit le manoir sans chercher à sauver ses amies", ce qui reste la décision la plus maligne dans ce genre de situation (désolé mes bros).
Qu'apporte Rewind à l'expérience originale ? Eh bien pas grand chose de consistant ma foi. Il y a une nouvelle cinématique d'intro dont la DA tranche avec celle utilisée dans le jeu (étrange choix), la possibilité de sauvegarder à n'importe quel moment, quelques bonus comme une interview avec le directeur de l'original ou une BD animée dont chaque page doit être débloquée, et un thème principal que ne renierait pas James Bond.
Le principal ajout est un nouveau mode de jeu qui apporte quelques changements de gameplay minimes, mais surtout la possibilité de remonter le temps quelques secondes en arrière pour rattraper une erreur. Option qui est absolument inutilisable dans ce jeu, puisque les animations prennent 20 000 ans à se dérouler, et qu'on découvre donc qu'un choix mène à notre trépas en général plus de 10 secondes après l'avoir sélectionnée. Pourquoi avoir privilégié cette option à la possibilité de charger rapidement une sauvegarde (au lieu de devoir revenir au menu principal), mystère.
Notez que les fins obtenues ne sont pas communes aux deux modes de jeu (l'original et le nouveau), et que si vous voulez le platiner il faudra techniquement faire 18 fois l'aventure pour compléter la liste des 9 fins dans chaque mode. Amusez-vous bien !
Pas grand chose à retenir de Clock Tower de mon côté donc. Son ambiance est novatrice pour l'époque et il est très bien mis en scène, mais terriblement archaïque dans sa proposition et frustrant dans son système de fins multiples. Ce remaster ne corrige rien de significatif, considérant peut-être que l'original était une oeuvre intouchable.
Le développeur du jeu évoque la possibilité d'un nouveau Clock Tower dans son interview. Je lui proposerais bien un pitch où l'antagoniste serait une femme qui voudrait faire les ciseaux avec Jennifer, mais je crains de m'éloigner quelque peu de l'esprit de la série…
Créée
le 26 oct. 2026
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