Moi qui jure beaucoup par l'originalité d'un jeu, je me suis laissé porté par ce petit metroidvania rafraîchissant, avec pas grand chose de surprenant, mais quand même bien efficace.
Crypt Custodian m’a fait l’effet d’un jeu que je n’attendais pas spécialement, et qui a pourtant réussi à m’embarquer assez vite. Je l'avais dans ma wishlist depuis un moment et une collègue en a parlé à un rdv du lundi après midi... Il n'a pas fallu plus pour piquer ma curiosité.
Il n’a pas ce côté démonstratif ou prétentieux de certains Metroidvania modernes qui veulent absolument réinventer la roue. Ici, tout est plus humble, plus posé, mais étonnamment efficace.
Dès les premières heures, il se démarque par son ambiance. La direction artistique a quelque chose de très doux, presque réconfortant, malgré un univers qui parle pourtant de mort, d’au-delà et de solitude. Le jeu réussit ce paradoxe assez rare, transformer un décor funéraire en terrain de jeu chaleureux. Les décors dessinés à la main, la musique discrète mais bien choisie, tout participe à créer une bulle agréable, dans laquelle on prend plaisir à se perdre.
Au niveau de son histoire on est sur le même registre. C'est parfait que tous les instruments puisses jouer sur le même tempo!
Parfois on a des gags qui brisent le 4ème mur et parfois on a plus de douceur et d'envi de s'impliquer un peu plus au côté des personnages. Rien de bien mémorable, mais ça reste un très bon travail. Ce n’est pas une histoire qui te marque durablement, mais elle accompagne correctement le voyage, sans jamais nuire au rythme.
Manette en main, le plaisir est immédiat. Les déplacements sont fluides, le combat répond bien, sans lourdeur. On est clairement sur des bases très classiques du Metroidvania, à savoir de l'exploration, des zones verrouillées, des capacités à débloquer pour revenir plus tard. Rien de révolutionnaire, et le jeu ne prétend jamais l’être. Mais la progression est suffisamment bien rythmée pour donner envie d’aller toujours un peu plus loin. Chaque nouvelle compétence apporte juste ce qu’il faut pour renouveler l’exploration, sans surcharger inutilement les mécaniques.
Là où Crypt Custodian fonctionne particulièrement bien, c’est dans sa capacité à rester accessible sans devenir fade. Le jeu n’est jamais brutal, jamais frustrant, mais il ne tombe pas non plus dans l’ennui passif. Il y a un vrai équilibre entre confort et engagement. On sent qu’il cherche à accueillir autant les amateurs du genre que ceux qui y entrent pour la première fois, et dans l’ensemble, le pari est réussi.
Cela dit, sur la durée, certaines limites apparaissent. Le combat, aussi agréable soit-il, finit par manquer un peu de variété. Les ennemis se renouvellent moins qu’on ne l’espérerait, et certaines situations donnent une légère impression de répétition. De la même manière, le jeu reste assez sage dans ses idées. Il explore très bien ce qu’il propose, mais ne cherche jamais vraiment à surprendre ou à bousculer les habitudes du genre.
Au final, Crypt Custodian ne sera sans doute pas le Metroidvania dont on parlera encore dans dix ans. Il manque ce petit grain de folie ou cette audace qui transforme un bon jeu en référence. Mais il propose une aventure sincère, maîtrisée, agréable de bout en bout, portée par une ambiance solide et un gameplay bien huilé.
Pour moi, c’est typiquement le genre de jeu qu’on lance sans attente démesurée, et qu’on termine avec un vrai sentiment de satisfaction. Un Metroidvania rafraîchissant, confortable, qui sait exactement ce qu’il veut être.