Alors déjà, la question phare : vu le bordel qu’étaient les histoires des précédents épisodes (le 1.5 ignorant celle du 1, et le 2 ignorant à la fois celles du 1 et du 1.5), qu’est-ce que les développeurs vont bien pouvoir nous raconter ?
Ah zut, en ouvrant avec une telle question, je vais devoir rentrer dans le dur directement : c’est très, très mal écrit. On comprend rien dès l’ouverture du jeu (sans blague leur previously est incompréhensible, même en ayant fait les jeux précédents), les dialogues sont nuls, ça oscille entre les idées conspirationnistes et la caricature de gauchisme, et surtout on ne ressent jamais rien. Malgré des thèmes forts (transhumanisme, éthique du pouvoir, rédemption,...), c’est l’encéphalogramme plat : le jeu n’arrive jamais à susciter les émotions nécessaires à l’implication du joueur. Du coup l’histoire ennuie, et c ‘est tout.
Mais le gameplay, me dite-vous, saisi d’effroi de peur que rien ne soit à sauver, peut-être rattrape-t-il tout ça ? Et bien, cher ami, oui et non.
Oui, parce que Crytek ont toujours su faire des armes agréables à utiliser, et que le joujou promis durant toute la campagne marketing est à la hauteur de la hype : le fameux arc est hyper agréable à utiliser. Très puissant, très fun, et limite cheaté tellement il est efficace une fois couplé à l’invisibilité, vous allez clairement vous éclater en vous prenant pour un Rambo du futur. Les autres armes ne sont pas en reste, elles ont toutes du punch et un feeling très plaisant.
Mais un gros non, à cause principalement de l’absence de quicksave. Alors oui, le 2 n’en avait déjà pas, et ça faisait chier, mais ce troisième opus bat des records. On retrouve une structure plus ouverte et plus lente, un peu comme dans le premier jeu de la série, et du coup on prend son temps. On est lent, on s’infiltre, on surveille sa jauge de visibilité, on marque les ennemis, et on commence à utiliser notre ami l’arc. Et là, pas de bol, on meurt. On a beau pouvoir être invisible, personne n’est infaillible, et de temps en temps on y passe. Et bien il faut tout se retaper à zéro, et moi clairement refaire les même 20 minutes de gameplay ça me branche pas du tout. Des checkpoints quand on est sur un rythme plus rapide ça me fait déjà suer, mais sur un titre lent et qui veut favoriser l’approche furtive, c’est juste pas possible. Tuer 20 bonhommes, se déplacer de 500 mètres, et devoir tout refaire parce que couic on y passe, c’est de la torture. Et c’est dommage, il y vraiment des moments funs dans ce jeu, mais bon dieu se faire tuer par le dernier ennemi après avoir nettoyé tout un bâtiment, et devoir tout recommencer, mais quelle plaie !
Et t’as beau voir un bon gunplay, si ta campagne n’est pas taillée pour l’exploiter, c’est juste bof. Les tronçons plus scriptés (une fuite sous les roquettes, c’est original...) font juste bailler, parce que tout ce qu’on veut c’est être lâché dans un grand espace ouvert pour jouer au prédateur. Et bien sûr vous allez avoir droit aux sempiternels aliens, qui vous donnent la merveilleuse impression de tirer sur des boites de conserve de 2 tonnes. Il y a même la version Deutsche Qualität, qui fait dix tonnes et est encore plus chiante à combattre parce qu’elle encaisse plus longuement les projectiles de vos armes.
Bref, un boss pourri plus tard on boucle ce jeu franchement décevant.
Oh un petit point graphique avant qu’on se quitte (oui on ne peut pas éluder cette question, vu le passif de la série) : visuellement, c’est franchement chouette. New York en version post-apo ça rend super bien, et le moteur est toujours autant capable de vous émerveiller sur certaines scènes (tout en tirant allègrement sur votre carte graphique, évidemment).
Mais ça n’empêchera pas ce Crysis 3 de récolter un bête 12/20, parce que ses défauts le rendent foutrement difficile à apprécier.