Dans ma quête d'un bon film interactif, "Wales" est un éditeur qui... a le mérite de produire des jeux en FMV. Pour le moment, ceux auxquels j'ai joué allaient de l'énorme étron (Night Book, I Saw Black Clouds) au jeu prometteur plombé par un défaut majeur (The Bunker, Late Shift), et je commençais à désespérer un peu.
Dead Reset sera-t-il l'élu ? Le prophète d'une nouvelle ère de films interactifs de qualité ? Il n'y a strictement aucun suspense, puisque vous connaissez déjà la note, mais je n'en suis pas moins heureux de déclarer que Wales a enfin publié un bon jeu, et que ça méritait les quelques heures de nanars que je me suis infligé pour en arriver là.
Et tant qu'on parle de nanars, c'est exactement ce qu'est Dead Reset : un nanar à petit budget qui cite Alien et Cronenberg en mélangeant l'horreur spatiale à la bouche temporelle d'Un Jour sans Fin pour enrober ses séquences de Die & Retry. Sur le papier, c'est une combinaison gagnante, et malgré un budget visiblement (très) limité, le studio "Dark Rift Horror" s'en tire avec les honneurs !
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Il convient d'aborder Dead Reset comme on aborderait un direct-to-VOD d'horreur fauché : avec des attentes réalistes, une suspension d'incrédulité au max et un goût pour les choses simples. Si vous y allez avec le bon état d'esprit, c'est une proposition sincère qui a beaucoup à offrir :
• Pas d'image de synthèse : des tentacules en latex et des maquillages gores comme on les aime ! Et à ce titre, Dead Reset est généreux sur le gore et la tripaille et fait plutôt bien les choses. Si le design du monstre est franchement discutable, le jeu se rattrape avec des scènes d'opérations bien dégueulasses, des maquillages sanguinolents et des morts bien trash.
• Un ton absolument sérieux, qui ne se la joue pas "Asylum" et joue le jeu du premier degré malgré son manque de moyens.
• Des acteurs qui font le taf, et c'est assez rare pour être signalé. Aucun d'eux ne mérite un Oscar, mais les prestations sont honnêtes.
• Des personnages ambivalents qui se dévoilent au fil de l'histoire, et des relations dont les rebondissements m'ont bien tenu en haleine.
• Une histoire d'horreur dans l'espace qui aurait pu être très banale, mais que la boucle temporelle rend divertissante et singulière.
Ce n'est clairement pas le jeu de l'année, l'interactivité est aussi limitée que ce à quoi le genre nous a habitué, mais si vous cherchez un film interactif classique, avec des choix et des embranchements narratifs, Dead Reset est clairement le haut du panier. Si en plus, comme moi, vous êtes amateur d'horreur et de monstres en latex, c'est un rendez-vous à ne pas manquer !